L'auteur

Charles-Antoine est Directeur Conseil du pôle Brand Marketing.
Voir le profil complet de Charles-Antoine Colomb >>

Lui écrire

Partagez !

Carambar décidé à continuer ses mauvaises blagues

Carambar vient de signer un joli coup de buzz en diffusant une fausse information aux relais d’opinion. Meilleure blague de l’année ou mauvaise farce ?

A six jours du 1er avril, Carambar annonce la fin de ses blagounettes au profit d’énigmes plus éducatives.
A grand renfort de kit presse, de portage, de film et d’une stratégie de distribution bien étudiée, Carambar arrose journalistes et blogueurs d’une information légère mais suffisamment structurée pour la rendre crédible.
Les médias et les blogs font donc leur job en relayant cette news de troisième rang mais qui touche à l’attachement des Français pour une marque sympathique.
Les relais d’opinion ne s’y sont pas trompés, l’info intéresse et suscite la conversation. Les compteurs de Twitter s’affolent, c’est le buzz.

Seulement voilà, l’info était fausse. Carambar restera fidèle à son état d’esprit et continuera à bien nous faire rire avec ses blagues à deux balles.
Image de prévisualisation YouTube

Mais il y a un hic. Entre la première vague et la révélation, journalistes et blogueurs ont été franchement baladés. Dans le meilleur des cas on parlera de leur crédulité, dans l’autre on les fera passer pour des complices des opérations marketing ou franchement pour des pigeons.
Pas certain qu’on se gondole dans les rédacs ce matin.

Si l’opération est particulièrement réussie quant à l’impact médiatique, elle repose sur de mauvais fondements qui pourraient laisser des traces dans les relations entre Carambar et les médias mais plus largement entre les marques et les journalistes.
• Carambar a fait un coup de pub en utilisant le canal des relations médias, réservé à l’information.
La règle de base lorsqu’une marque parle à des journalistes est de ne pas mentir, jamais.
Or c’est ce que Carambar a fait.
• La deuxième erreur est de jouer sur la crédibilité des marques et des dispositifs de communication. Tout a été pensé et très bien pensé sans laisser aucune brèche. Face à une opération aussi millimétrée, le doute n’était pas possible.
• La troisième erreur est de miser sur la crédulité des journalistes ou du moins sur leur capacité restreinte à recouper, faute de temps et de moyens, les informations fournies.

Hyper sollicitation, immédiateté de l’info, règles strictes du CSA, indépendance éditoriale sont déjà de lourds combats du quotidien pour les journalistes sans avoir à y ajouter la défiance à l’égard des marques.
Ces dernières ont d’autres histoires à raconter, d’expériences à faire vivre aux consommateurs, en complicité avec les relais d’opinion.

Reste à observer comment les médias dont les JT vont traiter ce soir le fait qu’une fausse information à été transmise à leurs audiences.