Capote 3000, en bref du transmedia ?

bref capotes Holgaart 1 Capote 3000, en bref du transmedia ?

Dimanche dernier, 17h45. Notification Twitter. Un DM de Wale qui me demande ce que je pense de la dernière opé #capote3000 réalisée par ses soins. Je lui avoue humblement que j’ai pas vraiment pris le temps de me pencher dessus. Réponse immédiate : « Ca ne devrait pas te prendre plus de 47 sec ;) ». A ce prix là pourquoi se priver ?

Bref, mettez des capotes
Petit rappel pour ceux qui n’auraient pas vu passer l’opé : les « capotes 3000 » sont un élément récurent de la série bref. de Canal+. Le 1er décembre, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, les fans Facebook de la série ont découvert un concours leur permettant de gagner une boite collector de ces capotes inédites reprenant au passage quelques citations cultes de la série. Une campagne maline qui capitalise sur un artefact clé d’une série en vogue auprès des jeunes adultes. Pas con me dis-je au première abord. Surtout quand on connait l’engagement d’une chaine comme Canal pour la lutte contre le sida. Surtout quand on sait que les jeunes adultes sont précisément la population la plus touchée par le virus. Surtout quand on peut capitaliser sur une base de plus de 1,6 million de fans. Vraiment pas con.
Suffisamment appâté par le bouzin, je continue mes recherches et atterris vite sur cet article de Julien. Pour lui, capote 3000 est « avant toutes choses un exemple en terme de stratégie transmédia puisque d’une série télévisée à succès, l’idée a été de reprendre un élément propre et identifiant de l’univers de “bref.” et de créer autour de celui-ci une histoire ou plus précisément une campagne de sensibilisation dans le cas qui nous intéresse. » Capotes 3000 : un cas d’école dans le domaine du transmédia ? Il n’en fallait pas plus pour me replonger dans cette sempiternelle question : à quoi reconnait-on au juste une œuvre transmédia ?
Une véritable opé transmédia ?
Comme toujours, tout dépend de la définition du transmédia auquel on se réfère. A en croire le transmedialab (et on croît le transmedialab),  « à la différence du crossmedia ou du plurimedia qui décline un contenu principal sur des medias complémentaires, le transmedia exige un récit spécifique sur chaque media et donne la possibilité au public d’utiliser différents points d’entrée dans l’histoire (circulation de l’audience). » En ce sens,  on peut admettre que Capotte 3000 crée un récit spécifique qui enrichit l’expérience de bref. De là à dire que l’opé est un point d’entrée dans l’histoire générale de la série. Plus difficile à admettre, vous en conviendrez…
En revanche, la définition donnée par Henry Jenkins qui inventa le terme transmédia en 2003 pour décrire les stratégies narratives de l’univers Matrix, nous permet d’appréhender le problème sous un autre angle. Jenkins redéfinit le transmédia comme : « un processus dans lequel les éléments d’une fiction sont dispersés sur diverses plateformes médiatiques dans le but de créer une expérience de divertissement coordonnée et unifiée. » Ici, les capotes 3000 sont bien un élément de la fiction dispersé sur un autre média, Facebook en l’occurrence, pour enrichir l’expérience bref. (le tout – cadeau Bonux – en soutenant une noble cause).

Capitaliser sur la convergence culturelle
Au-delà des querelles de définition, tout l’intérêt de cette campagne est d’avoir réussi à capitaliser sur la typologie des fans de bref. et des « lacunes » de la série qui proposait jusqu’alors un prolongement d’expérience quasi nul. Darewin a ainsi compris qu’une bonne partie des fans de bref. étaient en attente d’intéractions multimédiatiques. Pourquoi ? Parce que la vie de ces fans (votre vie ?) est bercée par la convergence culturelle, ie leur capacité à manipuler une multitude de médias pour vivre des histoires (et parfois même leur propre histoire). Dans bref., le héros, auquel les fans s’identifient très facilement, agit comme eux. Quand il drague une fille rencontrée en soirée, il l’ajoute sur Facebook, lui envoie des textos, tombe sur elle au supermarché… Bref, il exploite tous les médias à sa portée pour tenter de la revoir et traque les moindres détails qui lui permettront de reprendre contact.

bref. Intrinsèquement pas transmédia

Les plus grands fans de séries agissent de la même façon. Eux qui ont souvent un rapport de culte avec leurs séries fétiches peuvent passer beaucoup de temps à chercher des éléments qui enrichissent la narration dans d’autres médias (souvent les médias en ligne). Cette logique a été bien comprise par des producteurs d’œuvres culturelles aux US qui se sont attachés à penser leur histoire au-delà des épisodes pour créer un univers narratif global et déclinable sur différent média (logique de « world making »). En témoigne entre autre la série How I Met Your Mother où le personnage de Barney Stinson tient son propre blog et réussit par la même à créer un flou entre réel et fictionnel (principe de réalité alternée).
Ce processus de « world making » est en revanche complètement absent de la narration de bref. Au mieux, la série repose sur une mécanique cross-média dans la mesure où les épisodes sont dispos en TV et sur le Web. Mais à aucun moment, une partie de la narration n’a été prévue pour se décliner plus particulièrement sur un média ou pour profiter plus spécifiquement des interactions qu’offre un média en particulier.

Les capotes : un inter-texte
Avec « capotes 3000 », on assiste donc à un embryon de transmédia, à une pratique de réécriture du récit qui s’appuie sur le principe d’intertextualité : un élément de la série est extrait pour enrichir l’expérience bref. sur Facebook (et uniquement sur Facebook) et répond ainsi aux attentes d’une partie des fans les plus méticuleux. La mécanique est d’autant bien huilée qu’elle repose sur un élément tout à fait secondaire (pour ne pas dire dérisoire) de la série – les capotes – pour le reconnecter à une cause emblématique – la lutte contre le sida.
C’est à mon sens dans cette mécanique que réside le caractère « vraiment pas con de la campagne », une mécanique qui légitime aussi le caractère transmédia de  l’opé .

La suite ?
Quand Julien a demandé à Wale si l’univers de bref. va être de nouveau l’objet d’une opération transmédia, ce dernier nous tient en haleine et nous invite à guetter des infos sur la fanpage de la série pour le savoir. On reste donc connectés et on va surveiller. Mais au fait Wale, as-tu pensé à intégrer ce que John Fiske appel les « tertiary texts », c’est-à-dire les contenus réalisés par les fans eux-mêmes faisant référence à la série, dans tes opé futures ? Il paraît que ces formes de « l’individualisme expressif » sont l’une des manifestations flagrantes de la convergence culturelle. Et vu le nombre de parodies et réinterprétation de bref. dispos sur le Web, ça vaut peut être le coup de creuser ;)

Antoine

P.S. : Au final, toutes ces petites tergiversations m’ont pris un peu plus de 47 secondes. Mais ça en valait la peine, surtout pour mon dernier billet sur ce blog.
Bref, c’était mon dernier post pour Question d’Influence. Et il ne l’est pas.

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire, tu seras CM mon fils.

Non mais franchement qu est ce qui m a pris de vouloir devenir CM Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire, tu seras CM mon fils.

Qu’est-ce qui nous pousse à devenir Community Manager ?

Les astreintes le week-end ? Celles qui nous obligent à toujours nous trouver à moins de 15 minutes d’un ordinateur connecté à Internet puisqu’il n’est pas possible d’effacer un commentaire à partir de l’application mobile une fois que tu l’as publié même si tu as FAIT UNE GROSSE FAUTE DEDANS ! (Tu sais, toi-même).

Les objectifs fixés par les clients, toujours excitants ? Atteindre 3000 fans sans achat d’espace grâce à un contenu de marque se réduisant à 7 photos de l’usine et deux vidéos corporate dont les bons vœux 2007 du Président ?

La production des bilans mensuels ? Une période de notre vie durant laquelle nous ignorons amis, famille et lolcats, plongés dans les méandres des insights Facebook, à la quête d’une théorie de la valorisation publicitaire. Probablement pas.

Nous sommes quelques-uns à vivre au quotidien l’expérience CM en agence. Une fonction qui pourrait disparaître puisque les entreprises tendent à intégrer ces missions en interne. Les exemples cités ci-dessus ne constituent que quelques aspects négatifs du métier qui peuvent être contrecarrés par une bonne organisation et une bonne anticipation des besoins.  Au quotidien, la vie de CM peut s’avérer beaucoup plus intéressante. Petite liste, non exhaustive, des points positifs.

Avoir 2 ou 3 coups d’avance sur ton adversaire
Ton adversaire, c’est le troll. Celui qui a trouvé la faille et qui attend la bonne occasion pour publier son commentaire assassin. On le connait, prostré derrière son ordinateur, tapi dans l’ombre, le couteau entre les dents, il n’a qu’à presser le Crtl V de son clavier et briser nos efforts (ou alors c’est juste un mec qui a une critique valable à formuler… mais c’est moins excitant). Face à cet individu, tu dois mettre en place une stratégie et répondre:

De l’absence de réponse à la réaction filmée du CEO, un large éventail de solutions s’offre à nous mais une seule convient généralement. Pour choisir la bonne, il s’agit de connaitre sa communauté, de bien maitriser le ton habituel utilisé sur la page et de d’avoir assimilé la nature de la relation entre la marque et ses consommateurs. Un tryptique indispensable qui permettra de toujours avoir 2 ou 3 coups d’avance sur le troll. Passionnant.

Imaginer une présence en ligne sur de nouveaux outils
Le réseau est vivant, il grandit, évolue tous les jours. Toutes les semaines de nouvelles protubérances qui sont autant de nouvelles opportunités :

Au fil du temps, nous développons une aptitude à créer des mécaniques en quelques heures. Quels objectifs, à destination de quelles cibles avec quel niveau d’investissement ? Passionant again.

Trouver des moyens astucieux de créer du contenu de marque qualitatif
Le budget de nos clients est bien souvent bouclé et il est difficile d’obtenir une extra pocket pour une opération qui permettrait pourtant d’animer et de recruter. Dans ce cas, nous devons imaginer des stratagèmes pour contourner ces limites. Produire par soi-même, mobiliser les ressources internes, mailer tel ou tel créateur de contenu… Pas facile mais bougrement stimulant pour le cigare.

Lire les CGU car les CGU sont fun
Tu te surprendras à parcourir les conditions générales d’utilisation à la quête de cette règle sournoise qui vient d’être instaurée par le site, nouvelle étape dans le jeu du chat et de la souris qui se trame entre les CM et les développeurs du site (jeu fantasmé bien sûr, ils ne s’occupent pas de nous réellement). En étant bien concentré on peut encore trouver des règles inconnues de tous, une bonne occasion d’émerger en brainstorming ou d’éviter qu’une application soit supprimée pour non respect des règles. Rappelons-nous ce moment où nous avons découvert que Facebook interdisait « l’utilisation des fonctionnalités natives du site pour l’organisation de jeux concours » (c’était en 2009 et ce fût dur).

Développer des techniques pour faire émerger notre vision stratégique auprès du client
On le sait et en soi ça n’a rien de choquant, ce sont les juniors qui ont la charge de l’opérationnel sur les réseaux sociaux. Quand vient le temps de la réflexion stratégique les seniors reprennent la main à juste titre. Etant au plus proche de la communauté et enrichis des insights glanés lors de la veille quotidienne, nous sommes en mesure d’apporter notre pierre à l’édifice slide à la reco. Pour cela, nous devons formuler nos idées avec malice, les appuyer sur des faits éprouvés, les présenter de manière à ne blesser personne. Un petit peu de psychologie corporate qui sera très utile plus tard.
Finalement, le poste community management demande beaucoup plus qu’une aptitude à comprendre les nouvelles mises à jour de Facebook. Il nécessite anticipation, créativité, curiosité et psychologie. Formateur, n’est ce pas ?


Je suis sur que j’oublie certain points cruciaux, n’hésitez pas à les partager en commentaire, agissons comme une vraie communauté.

I fell in love with the webdoc !

A l’abri de rien, webdocumentaire réalisé pour la Fondation Abbé Pierre, est le grand gagnant des Prix Communication & Entreprise, décernés jeudi dernier. Une sorte de consécration pour ce format qui a pris d’assaut la toile depuis quelques années.
Thanatorama (2007), sur Rue89.com, Voyage au bout du charbon (2008), sur LeMonde.fr, Homo numericus (2009), sur SFR.fr, Gaza/Sderot (2008) et Prison Valley (2010), sur Arte.tv, ont en effet marqué la jeune histoire de ce genre nouveau. Et les productions se sont multipliées en 2011, à l’image de Chacun cherche son job, pour l’Apec, ou de Changer ma PME, pour la CGPME. Même les bonnes sœurs s’y mettent !Le webdocumentaire semble donc avoir trouvé, en 2011, sa place dans les nouveaux médias. Une place prometteuse et beaucoup moins marginale qu’à ses débuts.
Ce genre éditorial est ainsi de plus en plus utilisé par les médias d’information traditionnels mais aussi – et surtout – , par les entreprises, marques et institutions.

Mais au fait, c’est quoi au juste un webdocumentaire ?
Un documentaire vidéo mis en ligne sur le Web ? Une collection de reportages Web mis bout à bout ? Non. C’est une plateforme dédiée qui utilise toutes les possibilités, tous les formats offerts par le Web : photo, audio, vidéo, texte, infographie, blog, géolocalisation, etc. S’il vise, comme le documentaire, à présenter des faits réels de manière didactique, il s’en distingue par un mode de narration interactif, souvent délinéarisé, où le « spectacteur » peut choisir sa route. Mais aussi y laisser une trace, grâce à des « marqueurs » sociaux intégrés dans le récit : chat avec les protagonistes, sondages, fonctions de partage, etc. Bref, une expérience personnalisée et participative, qui peut même être prolongée IRL (In Real Life). Code Barre invite ainsi le « spectacteur » à scanner, via son smartphone, des objets du quotidien (cigarettes, produits alimentaires, livres…) pour découvrir une des séquences du webdocumentaire. Un dispositif qu’il peut d’ailleurs enrichir lui-même en envoyant des photos de ses objets, accompagnés de leur histoire.

Au-delà de ces aspects techniques, le webdocumentaire nous séduit car il fait émerger et valorise des contenus de « fond », à travers des histoires attachantes et/ou engageantes. Dans un contexte d’infobésité, il permet de « créer une bulle, de proposer un temps volé aux flux d’information», comme en témoigne Cécile Cros, co-fondatrice de Narrative. Il  offre aussi la possibilité aux entreprises, marques et institutions, d’inscrire leurs valeurs dans des sujets de société, de donner corps à leurs points de différenciation. Une manière de communiquer qui, en dépassant l’auto-célébration, contribue à nourrir l’opinion. Ces contenus « qui durent, qui peuvent se voir au rythme d’une conversation» sont, par conséquent, un moyen pour les marques d’attirer l’attention de l’ensemble de leurs cibles mais aussi d’élargir leur territoire d’influence.

Résumons.
S’extraire du flux, présenter des faits réels, répondre à des questions (posture conversationnelle)… Pour, in fine,  permettre à une ou des cibles (journalistes, experts, blogueurs, décideurs, consommateurs, citoyens…) de se forger une opinion et de la partager… C’est l’essence même de notre métier : les relations publiques. Proposer et concevoir des webdocumentaires fait donc aujourd’hui partie, naturellement, de nos missions. A bon entendeur !

Master of puppets, les nouveaux dealers de fans

acheter des fans dans le métro Master of puppets, les nouveaux dealers de fans

1000 fans pour 69,90 euros, ça vous tente ? Une offre directe qui s’affiche sur la toile et jusque dans le métro, il va falloir s’y faire. Ces mêmes boîtes qui refourguaient hier leur came loin des yeux, loin du cœur, affichent désormais la couleur. « Acheter des fans.com », rien que le nom, vous en conviendrez… Alors oui, bien sûr, on a toujours su qu’on pouvait acheter des fans et que certaines marques le faisaient parfois pour pallier un nombre de fans jugé décevant. Mais ce phénomène était plus développé outre-Atlantique et on croyait alors que notre bonne vieille France ne cèderait pas à ces sirènes aussi facilement.

Mais il semble que ces dealers de like se soient mis en tête de nous séduire avec un argument de choix : la pureté du produit, on ne coupe pas les doses, origine française garantie ! (du coup, on en viendrait à se demander à quand les cours en temps réel du prix des fans selon les pays  ?…). Du fan bien franchouillard, certes (et encore les avis divergent quant à leur existence « physique »), mais du fan qui ne viendra pas interagir. Il n’a aucun attrait pour la marque, si ce n’est le fait qu’elle l’a acheté. Avouez que même pour 200 euros les 1000 fans, l’intérêt est limité. La capacité à nouer une relation, n’en parlons pas.

Mais alors pourquoi acheter du fan ? Il faut croire que certains sont prêts à gonfler de manière arbitraire le nombre de fans d’une page, pour faire plaisir à un board ou à des équipes en interne un peu insistantes sur les résultats de leur marque dans les médias sociaux. Le gérant d’Acheter-des-fans.com, qui fait office de parrain en la matière, explique lui même :

« [...] quoique le sujet paraisse parfois controversé, nos clients semblent tout de même satisfaits du résultat. [...] Encore une fois ces fans ne sont pas des fans productifs, mais en tout cas ils restent inscrits et améliorent tout de même votre référencement, en plus d’impressionner vos clients potentiels à la simple vue du compteur de fan ».

On comprend donc que le chemin est encore long pour faire comprendre et accepter à certains clients que la quantité mise en avant ne signifie pas l’interactivité. Qu’on ne doit pas se fier à un chiffre, aussi grand soit-il, pour juger de l’efficacité d’une stratégie sur les médias sociaux.

Bref, même s’il n’a rien d’illégal, ce commerce a un potentiel addictif sur les populations les plus faibles qui nous laisse un goût amer.

Du cinéma à Instagram : l’image, moteur d’émotion et de discussion

Nasa armstrong Du cinéma à Instagram : l’image, moteur d’émotion et de discussion

Et si le cinéma nous donnait une petite leçon ?

Prenez deux des films du moment : Drive et The Artist. Deux longs métrages radicalement différents mais qui ont pourtant deux points communs. Ils ont tous les deux récolté une Palme sur la Croisette et surtout ils sont construits sur l’image plus que la parole. En résulte des œuvres visuellement époustouflantes : Drive accroche avec son univers onirique et ses lumières bleues-dorées du soir. Quant à The Artist, c’est une petite perle en noir et blanc, hommage au cinéma muet.

Ce choix si basique fonctionne au mieux pour offrir deux films ultra intéressants et nous pousse à un constat simple mais pas forcément évident de prime abord : pas besoin de parole pour entrer pleinement dans un film, comprendre les émotions, l’histoire et ses détails.

Un constat qui s’affirme aussi du côté des réseaux sociaux : l’image permet de véhiculer des messages instantanément compréhensibles et appropriables, et s’affirme comme un moteur à interactions, une source intarissable de ‘likes’ et de RT. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si des réseaux sociaux majeurs se sont construits autour du partage de contenus visuels : de Youtube à Tumblr sans oublier Flickr ou  Instagram. Inutile de rappeler leur succès, retenons juste que plus de 24h de vidéos sont envoyées sur Youtube chaque minute quand, dans le même temps, 6600 clichés sont publiés sur flickr. Comme l’analyse très bien Pocket Zeighest:

“L’image semble, en quelque sorte, prendre le pas sur l’écrit. Signe des temps : Tumblr vient tout juste de dépasser WordPress (plateforme de blog réputée très littéraire et sérieuse), porté par une nouvelle génération de « digital naives », qui recherchent avant tout immédiateté et simplicité et privilégient à ce titre le partage de photos.”

On en revient donc à l’essence des réseaux sociaux : partager des instants. Autant le faire de façon visuelle. Pourquoi ? Parce que depuis toujours, l’espèce humaine analyse son environnement de manière visuelle : 80% de notre activité cérébrale est dédiée au traitement des images. Donc sur les réseaux sociaux, l’image est évidemment le format idéal. Pour s’en convaincre, il suffit de voir la place que lui laisse l’AFP (pourtant largement imprégnée de la culture de l’écrit, de la dépêche)  sur sa page Facebook.


Crédit photo : Nasa

Out of time man

steve jobs Out of time man

24h après avoir appris la mort de Steve Jobs, les panégyriques continuent de se succéder dans les médias respectables et la « fail whale » s’est retirée de Twitter après avoir été contrainte de refaire une courte apparition vu l’avalanche de tweets qui ont suivi l’annonce. Une fois de plus, les réseaux sociaux ont joué pleinement un double rôle : celui de caisse de résonance, de propagation fulgurante de l’information et celui de catalyseur à émotion. Cette combinaison donnant à voir, par la somme des millions de signes de sympathie, l’émotion mondiale que suscite une telle nouvelle.  Des millions de personnes regrettent publiquement le départ d’un visionnaire, dont les grands acteurs du Web qui rendent tous hommage au « génie » Jobs.  Mark Zuckerberg a ainsi rapidement réagi sur son wall : « Steve, merci d’avoir été un mentor et un ami. Merci d’avoir montré que ce que tu as construit pouvait changer le monde. Tu vas me manquer. », quand Google mentionne humblement, en dessous de la barre du moteur de recherche, « Steve Jobs, 1955 – 2011 »

Un évènement marquant de la courte histoire du Web  qui nous invite une fois de plus à nous projeter dans le temps long. Tous les papiers publiés et les prises de paroles d’internautes insistent sur toutes les étapes du parcours atypique de l’homme au coll roulé noir : le hacker fou dans son garage, l’inventeur du premier ordinateur grand public à remporter un succès commercial, l’homme qui a révolutionné le dessin animé, puis l’écoute de musique, la distribution des biens immatériels, notre rapport à la mobilité… Et j’en passe.

Une « suite logique » d’un décès de personnalité qui me fait penser à ce que nous disait  Laurent, il y a plus d’un an : « Au milieu de nos flux, échanges, se pose la question de l’historicité. Ce système qui doit permettre de déterminer à coup sûr qu’un événement a vraiment eu lieu. Dans dix ans, qui contrôlera ce fameux sens de l’histoire ? Qui pourra nous dire facilement et de façon autoritaire qu’un événement ou une personne est plus crédible ? »

A l’heure du temps réel, de l’hyper information et d’une supposée accélération de l’histoire, il est peut-être temps de prendre de nouveaux automatismes. Replongeons-nous dans le vieux. Entendez par là la source ancienne, l’idée qui reste pertinente même si elle date de 2007, le tweet d’un autre temps, le statut qui nous fait sourire de nostalgie. Arrêtons de vivre en apnée dans un monde qui fuit en avant à cheval sur l’innovation.

Notre métier est de faire parler, de laisser des traces, de construire l’engagement et de susciter la conversation. Autant de notions qui vivent difficilement dans un temps compressé. Le concept même de relation, qu’elle soit publique ou privée, implique une temporalité importante. Il n’est pas de relation mémorable sur une courte durée. Plutôt que de prendre un « pas de recul » ou de la « hauteur » pour mieux penser notre métier, essayons au moins une fois de nous retourner.

Regardons en arrière. Et n’attendons pas la mort d’un visionnaire pour le faire.

Dieu est sur Twitter, ah la vanne

god facebook Dieu est sur Twitter, ah la vanne

Beaucoup d’entre vous ne peuvent plus se passer de #jeudiconfession sur Twitter, d’autres se rendent  quotidiennement sur Facebook avec une dévotion totale, d’autres encore considèrent Internet comme un sacerdoce. Bref, nous avons tous plus ou moins développé des « rituels 2.0 » ces dernières années.Nul besoin d’en rajouter dans les métaphores clichés pour prouver à quel point le champ lexical du religieux est régulièrement convoqué pour décrire les nouveaux usages d’Internet. Mais quid de la présence de la « vraie » religion sur Internet et les réseaux sociaux ? Paraitrait qu’elle prend un tournant numérique… Décryptage.

Un constat d’abord : la sociologie des religions nous apprend que la jeune génération ne s’est jamais aussi peu tournée vers le culte et la croyance. Mieux, elle s’identifie plus à son usage des nouvelles technos (digital natives) qu’à la pratique religieuse… Paradoxe des temps modernes ! Internet serait donc une nouvelle religion pour ceux qui ne croient plus. Mais qu’en est-il des jeunes qui croient encore ? Potentiellement, ils ont la capacité de mettre à profit leur facilité pour les nouvelles technologies et ainsi donner de la visibilité à leur religion et échanger avec leurs pairs.
Prenez les JMJ par exemple, qui se sont déroulées en août dernier. Si pour vous, comme pour moi, les JMJ ne se résument qu’à des chants prônant l’amour et le respect entonnés à la guitare sèche par des jeunes gens chastes et bien peignés autour d’un feu, c’est que vous êtes passés à côté de la croisade des jeunes cathos sur Internet. “Jésus Pokes You”,  “Vous allez revenir avec 1 500 000 nouvelles demandes d’amis » sont des verbatims de la campagne de com’ des JMJ qui a décidé de sonner djeun’s et de s’attirer les faveurs de la génération connectée. Inutile de vous parler des légions de pages Facebook et de comptes Twitter créés et dédiés à l’événement…

Car les réseaux sociaux sont le nerf de la guerre religieuse sur Internet et l’Ami Mark Z. a su entrainer dans son sillage de nombreux apôtres. La version juive orthodoxe de Facebook vient ainsi de faire son apparition. Nommée FaceGlat ,  une contraction de Facebook et de glatt, qui signifie « hautement casher », elle réunit pour le moment 2 000 inscrits. Toutefois, si vous comptiez choper, c’est raté. Le réseau respecte scrupuleusement les préceptes moraux de la religion : les mecs d’un côté, les filles de l’autre ! Un an auparavant, ce sont les frères musulmans qui se lançaient à l’assaut des réseaux sociaux  avec IkhwanBook, destiné à promouvoir l’islam modéré.  Alors que le réseau social aurait pu prendre une place de choix dans le contexte des révolutions arabes, il est resté confidentiel et n’a pas fait le poids face au succès incontestable de Facebook, considéré par beaucoup comme l’un des principaux adjuvants de ces révolutions.
Mais les rois du Web, ce sont les mormons. La communauté ultra fermée qui revendiquait treize millions de fidèles dans le monde en 2007 (une broutille par rapport aux 1,3 milliard de musulmans ou aux 800 millions d’hindouistes dans le monde) est pourtant la plus présente et active sur Internet. Tout récemment est né mormon.org, le réseau social à succès qui lorgne du côté du site de rencontres. Une jolie et fraîche mormone de 19 ans peut ainsi entrer en contact avec un jeune homme de son âge, son sexe, et sa religion… Ce joli couple pourra ensuite se rendre sur les très nombreux sites dédiés à la communauté et s’abonner à l’un des nombreux comptes Twitter pour entrer en communion avec des milliers d’autres followers. Elle est pas belle la vie ?

Et au fait, vous saviez que Jésus est une star sur Facebook ? Le bonhomme réunit plus de 8 millions de fidèles sur « sa » page  Jesus Daily. Justin Bieber ou Jim Morrison peuvent aller se rhabiller. Si vous êtes plutôt du genre polythéiste, vous pouvez aussi suivre Ganesh qui vous envoie tous les jours des paroles d’amour et de tolérance dans un pur esprit Goa seventies. Point de guerre de religions pour autant. Tout ce petit monde coexiste tranquillement dans un pur esprit œcuménique.

Alors, conclusions ? Contrairement aux idées reçues, Internet et Religion font plutôt bon ménage. Internet fait office de formidable caisse de résonance et prouve sa capacité à faire la lumière. Et comme souvent, ce ne sont pas les autorités religieuses qui gèrent le mieux la présence et l’engagement de leur culte en ligne, mais bien des croyants isolés qui par dévotion vont prêcher la bonne parole de par les flux.

Plus inquiétant, le pouvoir et la visibilité conférés à la religion par les réseaux sociaux et Internet  font naître des disproportions potentiellement inquiétantes. En ce sens, la visibilité acquise par l’église mormone qui, pour moi, renvoie à une certaine Amérique un peu glauque, à la limite du sectaire (ces propos n’engagent, encore une fois, que moi)  peut-être discutable…

Comme toujours sur Internet et plus que jamais, il est donc nécessaire de séparer le bon grain de l’ivraie. Sans jeter l’anathème sur la présence de la religion sur Internet, il s’agit là d’être particulièrement attentif et de ne pas cautionner certaines initiatives qui, sur la base du lol, se révèlent « limites », comme en témoigne le récent buzz autour de l’application iphone juif pas juif.

Allô (digital) maman bobo

digital mum Allô (digital) maman bobo

Source photo: Feminelles

C’est la rentrée. La reprise est dure pour tout le monde. Les petits sont « back to school », les adultes de retour au bureau, la boulangère a enfin rouvert sa boulangerie. Il n’y a que le soleil qui n’est (toujours) pas de retour depuis son départ, début août.
Heureusement que les réseaux sociaux sont là et nous permettent de nous évader encore, le temps d’un click. Les tweets coulent de nouveau à flot sur votre fil Twitter, non, pas des twitpics de vacances, de vrais tweets d’actualité ! A part si vous étiez en Polynésie ou au fin fond d’un village d’Auvergne, vous n’avez pas pu louper THE NEWS de la rentrée : Beyoncé est enceinte ! Et encore une fois, on l’apprend grâce à Twitter. La reine du R&B a réussi à provoquer une avalanche de tweets qui a atteint le pic de 8,868 tweets/seconde, soit plus que l’annonce de la mort de Ben Laden ou la finale de la coupe du monde féminine de football.
C’est dans l’air du temps, on ne parle que de cela : la grossesse, la natalité, la naissance… Après l’interview (enfin) de la Première Dame de France au sujet de son prochain accouchement, la sortie de « La guerre est déclarée » et bientôt « Un heureux  événement » jusqu’au dérapage de Frédéric Lefebvre qui a fait le lien entre le chômage et la natalité, la grossesse et la place de la femme ; les mères sont plus que jamais au cœur de l’actualité.
Sur Facebook, les utilisatrices peuvent indiquée dans l’onglet infos qu’elles sont enceinet et même donner la date prévue de l’accouchement et le prénom du futur bébé. Dans les médias, on parle dorénavant de la « digital mum » et non pas « la ménagère de moins de 50 ans ». La maman 2.0 est la nouvelle égérie des publicitaires. Consommatrice avisée, actrice principale d’achat, connectée, friandes de bonnes affaires et de web social, son pouvoir d’influence et sa force de proposition prennent de l’ampleur.
D’après WebMediaGroup, on dénombre 8,7 millions de « digital mum » en France. Mais en vrai, la « digital mum » c’est quoi ? Analyse.
« La digital mum est une femme ayant au moins un enfant à charge et se connectant au moins une fois par semaine à internet. » Wahou une fois par semaine, si c’est pas de la weboulimie ça… « Elle a un rapport à la société et à la consommation qui mêle le réel et le numérique. » Paraît même qu’elle a vu Matrix 3 fois ; et « consomme de manière active et intelligente – tant les produits, les marques que les médias ». Oui, la digital mum est multi-task. Oui, elle est capable de liker le dernier statut de sa cousine en lisant grazia.fr juste avant de valider sa commande ventes privées. Oui, la digital mum sait donc ouvrir plusieurs onglets, même sur Internet Explorer.
Trêve de plaisanterie, il est consternant de voir que même si 77% de ces « digital mum » sont des femmes actives, les critères utilisées pour les catégoriser sont à peine clichés : « practical », « shopping », « social », « social & shopping ». En gros, dans sa journée, la « digital mum » se contente de s’occuper de son bambin, de faire du shopping, de faire la causette sur la Toile et de chercher quelques informations utiles de temps en temps. Quid de son utilisation professionnelle du Web ? Mystère. Au final, ce sondage entretient le mythe de la « ménagère de moins de 50 ans » – l’ordi en plus – et contribue à faire du terme  « digital mum », un néologisme rétrograde.

Break the rules

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Source photo: Edward Simpson
Vous vous apprêtez à lire le 100ème édito de la 100ème newsletter Influence Digitale. C’est donc forcément un avant-propos pas comme les autres que vous tenez virtuellement entre les mains : quelle meilleure occasion qu’un numéro 100 pour casser les règles ?
D’abord, les clés de cette lettre d’info interne ont été confiées dès l’origine à l’équipe influence digitale : ce n’est en aucun cas le regard corporate d’une agence mais l’analyse de ses experts qui s’y expriment en toute liberté, sans la contrainte ni la censure sensée épargner la sensibilité des grands clients du groupe.
Signer cet édito en utilisant le « je » constitue donc en soi une exception qui restera très ponctuelle.
Ensuite, la vocation de la newsletter est de s’intéresser à l’évolution de l’influence sur le net, surtout pas de pratiquer un exercice auto-centré d’information sur nos offres, les campagnes développées pour nos clients et la mise en avant technique de nos meilleurs talents.
Ecrire Ogilvy ici est ainsi une première et sans doute une dernière.
Mais surtout, il est impossible pour moi de ne pas remercier Trang et Antoine qui ont maintenu l’énergie depuis la première édition, assuré une veille exigeante et pointue chaque jour mais aussi su motiver les contributions d’éditorialistes internes qui ont investi de leur temps au fil des mois : Alexandre, Charles, Elodie, Karine, Laurent, Manuella, Marie, Myriam, Odile, Philippe, Pierre, Samantha, Tamara, Thibaut, Tristan, Victor et Wassila.
Enfin, il n’est pas question d’utiliser cet espace pour dire que, peut-être, nous avons su anticiper les grands enjeux bien avant la naissance de cette newsletter. Personne n’attend qu’on rappelle ici les outils de monitoring installés depuis 2006, les dispositifs dédies à la formation et à la gestion de crise sur le web dès janvier 2007, les offres déployées pour accompagner les entreprises dans leur changement d’organisation liés au digital ainsi que des système de scoring des ecosystèmes d’influence sur le web en 2008. Il serait déplacé de détailler les avancées depuis 2 ans avec l’homogénéisation au niveau mondial des expertises validées par un diplôme interne (les Black Belt), des offres de contenu et storytelling appliquée au web, la participation aux plus grands awards internationaux pour accéder aux meilleurs benchmarks et au moins deux nouveautés à venir avant la fin de l’année 2011.
Mais, puisque nous en sommes à briser les règles, je ne résiste pas à l’envie de mettre notre travail en perspective avec la deuxième édition de l’observatoire français des médias sociaux IDC et SAS, consacrée en juin au media sociaux et à la e-réputation. Les conclusions réunies sur les 2 premières pages suffisent à démontrer à quel point l’énergie globale du marché à laquelle l’équipe contribue depuis tout ce temps porte ses fruits, même si on aimerait que la transformation des organisations s’accélère. Au passage, lire l’intégralité du rapport est vivement conseillé à tous.
Au fil du temps, vous êtes passés de quelques dizaines de consultants internes Ogilvy PR à plusieurs centaines qui reçoivent et, nous l’espérons, parcourent attentivement chaque semaine depuis plus de deux ans notre regard sur les grandes évolutions du web conversationnel et notre sélection forcément subjective de ce qui fait l’actualité des media sociaux. Les collaborateurs d’Ogilvy francophones à Paris ou dans le monde, les anciens qui continuent à nous suivre, plus d’une vingtaine de grands clients qui nous ont fait part de leur intérêt à recevoir cette information malgré son caractère interne et, depuis quelques mois, tous les internautes qui consultent la partie Edito de cette newsletter sur le blog de l’agence, Question d’Influence.
Pour cette fois et encore plus que d’ordinaire, afin de nous aider à réfléchir à des évolutions adaptées pour les 100 prochaines éditions, nous comptons sur vos commentaires, remarques, idées et propositions en tout genre par retour de mail ou sur le blog.
Mais toute l’équipe acceptera sans doute que vous vous joignez plus simplement à moi pour les féliciter de leur persistance et de leur passion communicative pour le web dans sa dimension la plus humaine.
En ce qui me concerne, je vous donne rendez-vous dans 2 ans, même jour, même heure, même place. D’ici là, je redonne les clés.

Moderniser notre approche de la relation journaliste

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Journalists in the U.K. are using social media, but PR pros are failing to reach them in those spaces, according to a recent survey.

C’est le triste constat que dresse @Kevin_J_Allen en s’appuyant sur une étude menée par Daryl Willcox Publishing . La première partie nous rappellent que les journalistes utilisent de plus en plus les médias sociaux pour récolter et diffuser l’information. Rien de neuf en soi, l’affaire DSK nous a encore montré l’impact de Twitter sur le suivi et le traitement de l’actualité.

Martin Stabe, l’auteur de cette étude, va toutefois plus loin et ajoute que les professionnels des relations publiques n’ont pas suivi le mouvement et ont délaissé ces espaces de conversation et d’engagement potentiels. Après avoir interviewé près de 900 journalistes anglais et avoir étudié les médias utilisés par les professionnels des RP pour interagir avec les journalistes, le résultat est sans appel : l’e-mail et le téléphone sont de loin les principaux vecteurs d’échange. Twitter arrive loin derrière.

Ces résultats ne font que confirmer ce que nous vivons au quotidien. Nous suivons les journalistes sur Twitter, nous commentons leurs posts sur leur blog et parfois même nous les ajoutons sur Facebook. Pour autant, dès qu’il s’agit de diffuser une annonce pour l’un de nos clients nous décrochons notre téléphone ou envoyons un communiqué à une liste de journalistes qualifiés. Nous n’osons pas encore intervenir dans ces sphères, considérées, à juste titre me semble-t-il, comme privées.

Pourrait-il en être autrement ?
En effet, il est actuellement difficile d’imaginer que les journalistes acceptent des interactions directes et régulières sur leurs wall Facebook avec les communicants que nous sommes. On peut toujours faire le forcing mais, comme le souligne @Cyroultwit, qui peut croire en l’efficacité du spams comme pratique RP ?

Et pourtant, un métier a réinventer
D’un autre côté, l’information se propage si vite que l’individu lambda peut publier une news bien avant n’importe quel média. Sans aller-retour avec la rédaction, ni correction nécessaire. A peine le temps de trouver une illustration rigolote sur Flickr et c’est en ligne. Nous faisons face à une révolution autophage, l’instantanéité prend le pas sur l’immédiateté. Preuve concrète de cette tendance : il y a désormais plus de Tumblr que de blogs herbergés sous WordPress.

Cette mutation profonde affecte évidemment les médias traditionnels mais surtout le métier même de journaliste. Journalisme augmentée, data-journalisme, curation, journalisme de lien…, la profession ne cesse de se renouveler avec un fil conducteur : intégrer les réseaux sociaux dans la chaîne de production de l’info. C’est ce que nous explique Neal Mann, de Sky News, lorsqu’il nous parle de son utilisation professionnelle de Twitter au quotidien.

To me, my Twitter feed is a personalized wire service, except, unlike the traditional wires, I have to interact with it. I’ve found there is an added benefit to interacting and becoming known for being quick to break news: my followers have become an extra tipping service. I often receive tweets from followers along the lines of ‘have you seen this’ or ‘check their timeline’, and this interaction has proved invaluable, leading to me being first to a number of big stories.

Et de nouvelles pratiques à considérer
Pour adapter notre offre d’information à ces nouveaux usages des journalistes, il convient d’utiliser les réseaux sociaux pour en faire des relais efficaces facilitant la hiérarchisation et la sélection. L’émergence progressive des Social Newsroom répond à cette mission avec  des espaces dédiés consacrés à la distribution de contenu via Facebook, Twitter, Linkedin, Vidaeo et pourquoi pas le petit dernier Google +.  Avec un pré requis essentiel : que les journalistes acceptent d’adhérer à ces services.

Les avantages des social newsrooms sont multiples : côté journaliste, les notifications sont moins envahissantes qu’un push mail de communiqué de presse. Côté pro des RP : les contenus multimédia sont faciles à diffuser et tout le monde peut les partager en un clic. La création d’un chat et de créneaux de discussion dans la journée pourraient également permettre un échange direct et informel directement depuis la plateforme. De la même manière la possibilité d’organiser des conversations vidéos serait un bon moyen de coordonner un entretien entre un client et un influenceur. Quelle plateforme adopter ? Les réseaux sociaux bien installés nous permettent de commencer à structurer ces espaces, même s’ils présentent de nombreuses lacunes : les groupes Facebook sont une option intéressante mais incomplète, les listes Twitter sont un peu limitées en l’absence de notification efficace. Reste un petit nouveau qui pourrait faire la différence.

Et si Google + était fait pour nous ?
L’organisation des contacts grâce aux fameux Circles, l’application Hangout qui permet de lancer une conférence vidéo et probablement d’autres fonctionnalités qui restent à tester pourrait faire du nouveau réseau social l’outil idéal pour renouveler nos habitudes de fonctionnement.

Il s’agit d’une piste de réflexion et comprenez moi-bien, l’attaché de presse, le consultant, ne pourra jamais se séparer de son prolongement à 10 touches mais il lui faudra comprendre que son interlocuteur, pressé et sur-sollicité sera de moins en moins enclin à lui répondre.

Qu’en pensez-vous ?