Ogilvy PR passe en mode « Googley Style » !
Google France a choisi Ogilvy PR pour la conduite de ses relations médias en France.
Une compétition rythmée a permis à l’agence d’exprimer sa créativité sur de multiples cas pratiques, son approche tactique et réaliste et une parfaite connaissance des médias et de leurs contraintes.
L’équipe en charge du compte, composée de 4 personnes – devra à la fois démontrer sa compréhension des enjeux technologiques, mettre au profit de Google sa pratique du rebond, exploiter les sujets phares d’actualité comme autant de leviers médiatiques, décrypter finement les tendances de société.
La communication de Google France en 2012 placera l’innovation au cœur de sa démarche RP et mettra en lumière les magic moments qu’offre au quotidien Google à ses utilisateurs.
Chrome, Youtube, Androïd, Search, Google+ … autant de produits que l’équipe conduite par Sabine Descours accompagnée de Charles Delaville, s’apprête à événementialiser pour faire vivre aux journalistes des expériences uniques et immersives.
De multiples challenges attendent l’équipe Google Enterprise animée par Pierre Ananou et épaulé de Julia Mason. L’agence Ogilvy PR accompagnera Google Entreprise dans sa réflexion stratégique et dans la mise en œuvre opérationnelle des actions de relations publiques. Un programme ambitieux basé notamment sur des témoignages d’entreprises innovantes permettra de démontrer la valeur ajoutée de solutions aussi diverses que Google Map, Google Apps, cloud servicing, Search ou encore Chrome book (navigateur optimisé).
Google Team

Homeless en question
La circulation aujourd’hui sur les médias sociaux de la vidéo Homeless a soulevé de vives interrogations. Ces interrogations impliquant le groupe, nous avons demandé aux 3 créatifs qui ont imaginé et porté cette idée, les BNF, d’y répondre ici.
Interview Baptiste Clinet, Nicolas Lautier, Florian Bodet
Lundi 16 avril à 18h
Quelle est l’origine de Homeless ?
En fait, tout a commencé il y a un an quand un SDF s’est installé devant l’agence. On a vu jour après jour les gens passer sans s’arrêter, sans le regarder et surtout sans rien donner. Il y a des tas d’associations qui les aident comme elles ne peuvent pas les sortir de la rue, mais lui il avait l’air seul et son gobelet était presque vide. Alors on a été le voir et il nous a dit que, pour lui, chaque euro était important et que son dîner se jouait parfois à quelques centimes près. On s’est dit « merde on passe nos journées à travailler pour des marques, on pourrait faire quelque chose pour aider des gens qu’on croise tous les jours dans la rue ». Alors évidement, on a commencé par lui donner nous-mêmes un peu d’argent mais on n’était pas assez, il était sur les Champs-Élysées et des milliers de touristes du monde entier passaient devant lui toute la journée.
Alors nous est venue l’idée de prendre son carton et essayer de l’aider comme on pouvait et comme on savait faire… A notre petite échelle, et puis après lui, on a été en voir un autre puis un autre puis un autre. Au total, plus d’une quinzaine.
Pourquoi un tel format de vidéo qui donne le sentiment de “vendre” l’initiative comme une campagne ?
Notre démarche restait cantonnée à une échelle minuscule, alors on s’est dit qu’il fallait raconter l’histoire, poster la vidéo sur Internet pour que toutes les agences et chaque créatif trouve lui aussi une petite idée pour aider rien qu’un peu avec ce qu’il sait faire… Pour cela, on a pensé que l’anglais était le seul moyen d’avoir une chance de toucher largement ces agences.
On avait même prévu de lancer dans quelques jours un site très simple qui permette à des créatifs dans le monde de rejoindre le mouvement http://cargocollective.com/shareforreal
Pourquoi l’usage de l’anglais sur les pancartes qui semble bien loin de la réalité des sans-abris ?
On a fait des panneaux en français et en anglais. En anglais pour deux raisons : car sur les Champs-Elysées, il y a beaucoup de touristes qui ne parlent pas français, et deux car nous voulions utiliser des mots simples, universels, compréhensibles par tous comme “hope” ou “love”…
Pourquoi se retrouve-telle sur Internet si ça n’a pas été lancé comme une campagne par Ogilvy ?
Parce que nous aimons notre idée, nous l’avons partagée sur Facebook ce matin où elle a été immédiatement reprise par plusieurs sites.
Où en sont les sans-abris pour qui vous avez travaillé ?
Certains continuent à utiliser les pancartes parce qu’elles les aident à créer du lien, entrer dans l’échange avec les passants. Certains ont arrêté après quelques semaines.
Est-ce une initiative personnelle ou de l’agence Ogilvy ?
C’est une initiative personnelle et humaine qui a été soutenue par notre agence qui a aimé l’idée créative et son utilité. Ici, pas d’auto promo, pas de bénéfice. On avait une idée, on pense qu’elle valait la peine d’être poussée et voilà tout.
On tient à ajouter que cette initiative est également le fruit de l’engagement personnel de Salome Jestin, Bruno Bicalho Carvalhaes ou encore Johnny Budden qu’on voit d’ailleurs dans la vidéo.
Mais concrètement, est-il prévu de présenter “Homeless” à Cannes ?
Il n’est pas question de l’envoyer à Cannes, le but n’est pas de gagner des prix avec cette vidéo mais juste de sensibiliser, de faire comprendre aux gens que l’on peut atteindre seul une minuscule victoire dans la lutte contre la pauvreté et l’isolement, même si elle est minuscule… L’agence reste fière de l’idée au cœur de la démarche. Et pour rappel, ce n’est pas possible de présenter à Cannes sans client et le but était ici de ne pas avoir d’association, il n’est depuis le début même pas possible de l’envoyer…
Vous comprenez les réactions aujourd’hui ?
On essaie de comprendre, il y a un tel décalage entre ce que nous voulions faire et la perception. Car nous l’avons fait avec un bon état d’esprit et que si ça crée le débat et que ça met la pauvreté et l’isolement dans le débat et bien tant mieux. On ne comprend pas vraiment les retours si négatifs. On a essayé de faire quelque chose de bien à notre échelle, voilà tout.
Les interventions publiques à l’ère de Twitter
En intervenant cette semaine dans le cadre de Digital Paris, j’ai bien pris la mesure de ce que nous racontons à nos clients quand nous les préparons à l’exercice : il y avait les interventions avant Twitter et il y a les prises de paroles publiques maintenant, au moment où tout se livetwitt.
Devant une salle plongée dans son téléphone ou sa tablette, difficile d’ignorer que tout ce qu’on est en train de dire atterrit en temps réel sur le réseau en moins de 140 caractères. Il faut en accepter la règle du jeu : déclarations forcément sorties de leur contexte, débats qui naissent en parallèle, raccourcis obligatoires. Pour ne pas se laisser déstabiliser, on peut aussi l’anticiper, dans le sillage des politiques qui ont compris bien avant Twitter les atouts de la petite phrase, et préparer son intervention en intégrant ces nouvelles règles du jeu. Mieux vaut également assurer le suivi à la sortie de la conférence en entrant dans les discussions nées pendant votre intervention.
Même en y étant préparé, cela reste un exercice périlleux. Parce qu’il faut trouver l’équilibre entre l’empilement de phrases courtes -au pire soulignées sur un powerpoint défilant derrière vous- qui rend la prise parole très ennuyeuse pour l’auditoire et la spontanéité illustrée qui ouvre la brèche à de nombreuses interpretations qui dénaturent votre propos.
Pour évoquer la mutation des marques dans leur compréhension de leur réalité sur les médias sociaux aux côtés de Google et Piaget, j’avais choisi quelques postures intégrant d’emblée le raccourci auxquel elles seraient confrontées :
- . Les marques vivent une révolution dont personne ne parle dans leur relation aux media sociaux :
- . Elles découvrent souvent qu’il ne s’agit plus d’exister sur telle ou telle plateforme mais de comprendre la communauté qui les intéresse/concerne et d’interagir en participant à ses discussions sur toutes les plateformes où elles se trouvent
- . Les communautés sont agrégées autour de centres d’intérêts, affinités et passions.
- . Les communautés sont déjà très organisées sur des plateformes implantées, les nouvelles plateformes constituent des opportunités d’intégrer un espace en même temps qu’une communauté qui le découvre
- . Tout le monde a compris qu’il fallait écouter avant de s’imposer, mais très peu ont compris ce qu’il fallait écouter : les codes d’interaction de leur communauté, leur sujet d’intérêt, leur histoire…
- . Une communauté ne se construit jamais AUTOUR d’une marque, à quelques exceptions près notamment dans le secteur du luxe, elle peut en revanche s’organiser AVEC une marque sur une nouvelle plateforme
- . Une marque qui arrive sur les médias sociaux doit avoir défini sa personnalité, son ADN, pour pouvoir en révéler toutes les facettes de façon cohérente en fonction du média social où elle s’exprime et du pays du monde dans lequel elle le fait
- . Une marque pourra se positionner comme un facilitateur, un animateur, un connecteur, un entertaineur… selon sa personnalité.
- . Intégrer une communauté prend du temps et nécessite d’entrer dans une logique de tests permanents.
Le tout était appuyé autant que possible d’illustrations, nécessaires pour se faire entendre. Plus d’une centaine de twitts plus tard, et même si la plupart des éléments préparés sont relayés, la force des illustrations prend parfois le dessus.
Ainsi, pour évoquer l’attitude qu’une marque doit adopter pour approcher une communauté, l’analogie bien trop longue pour être twittée que j’ai utilisé a étonnamment été parfois reprise. “On peut comparer une marque qui débarque sur un média social à quelqu’un qui arriverait dans une soirée où il ne connait personne. Il va avant toute chose écouter ce dont parle les gens, ce qui les intéresse, leurs codes, leurs histoires communes, avant de se présenter et entrer dans la discussion. Si quelqu’un parmi les convives le connait déjà, il pourra même se faire présenter, profitant de l’adoubement d’un membre de cette petite communauté de gens. Ce n’est que dans des cas exceptionnels qu’il déboulera en proposant un show qui attire tous les regards sur lui. Sauf si sa personnalité et son charisme sont suffisamment forts pour lui permettre.” L’analogie devient par exemple : “Marque qui arrive sur les médias sociaux // une personne qui débarque dans une soirée où elle ne connait personne”.
Un débat sur la capacité des marques à réunir autour d’elles est par exemple apparu : “quid des marques de luxe” ? (j’en avais parlé), “et Apple alors” ? (c’est une marque iconique à comparer aux marques de luxe et j’avais précisé que les marques de luxe faisaient partie des exceptions, pas qu’elles étaient les seules). Mais j’ai pu y répondre ensuite, tenter d’expliquer.
L’exercice m’a en tout cas donné pas mal d’idées d’accompagnement des interventions de mes clients. Et pour ça, merci à tous ceux qui ont eu la gentillesse de livetwitter cette intervention.
Natalie Rastoin : « Internet oblige à s’interroger sur les mots des citoyens »
Natalie Rastoin, Directrice générale d’Ogilvy France, a récemment répondu à 3 questions du réseau des Jeunes communicateurs publics (JCP). En 3 questions, elle parvient à poser les jalons d’une communication publique moderne, bouleversée par internet et les médias sociaux.
3 questions à… Natalie Rastoin, Directrice générale d’Ogilvy France.
1° Quel regard portez-vous sur la communication des institutions publiques françaises ?
La communication publique, souffre d’un problème de continuité. Les appels d’offres sont trop limités dans le temps. Cette vision à court terme est inadaptée aux objectifs actuels de la communication publique face à des enjeux de société – je pense à la prévention santé notamment – qui nécessitent du temps et de la pédagogie. L’Etat a un rôle essentiel auprès des citoyens pour les inciter à modifier leurs comportements.
2° Le développement d’Internet et des réseaux sociaux bouleverse-t-il la communication publique ?
Contrairement aux Etats-Unis ou à l’Angleterre, la France a une structure centralisatrice et pyramidale, un ADN colbertiste.
Le développement d’Internet et des réseaux sociaux modifie la donne. Internet oblige les communicants à s’interroger sur les mots des citoyens car ce sont eux qui pilotent le moteur de recherche, pas les gouvernants. Par ailleurs, avec Internet, le citoyen, le politique et l’expert sont en discussion. Il s’agit maintenant pour les institutions publiques d’instaurer une conversation citoyenne afin d’éclairer l’opinion.
3° Comment organiser cette « conversation citoyenne » ?
Il faut recourir à de nouveaux profils. Pour moi, le communicant public de demain sera un community manager capable de créer du contenu, d’animer une communauté et de structurer l’opinion. Il devra très bien connaître les outils de démocratie participative et maîtriser les enjeux politiques. Son travail sera passionnant !
Digital Paris, c’est avec Reed Expositions et Ogilvy PR Paris
Digital Paris, sans doute en avez-vous entendu parler ? Les 11 et 12 avril prochains, à l’Espace Pierre Cardin se tiendra le nouveau congrès dédié au e-commerce, marketing, e-crm organisé par Reed Expositions et Stratégies.
Reed Expositions nous a en effet choisi pour gérer les Relations Publiques de ce nouveau rendez-vous. Une communauté d’ambassadeurs et de leaders d’opinions digitaux aura l’opportunité de rencontrer et d’interviewer les intervenants de renom du congrès. Nous aurons ainsi l’occasion d’échanger sur les différentes thématiques abordées lors des tables rondes et des keynotes qui auront lieu tout au long de ces deux jours.
Morgane Pruvot-Morice, Responsable Marketing et Communication chez Reed Expositions nous explique pourquoi Digital Paris va s’imposer comme le congrès dédié au e-commerce, marketing, e-CRM, mobile et du social et comment il répondra à toutes les problématiques digitales des entreprises, face aux nouveaux usages marketing et commerciaux.
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Vous pouvez d’ores et déjà bookmarker les différentes pages Digital Paris grâce auxquelles vous retrouverez toutes les informations nécessaires pour bien préparer votre visite au mois d’avril :
- Le site Digital Paris
- Digital Paris sur Twitter
- Digital Paris sur Facebook
Capote 3000, en bref du transmedia ?

Dimanche dernier, 17h45. Notification Twitter. Un DM de Wale qui me demande ce que je pense de la dernière opé #capote3000 réalisée par ses soins. Je lui avoue humblement que j’ai pas vraiment pris le temps de me pencher dessus. Réponse immédiate : « Ca ne devrait pas te prendre plus de 47 sec
». A ce prix là pourquoi se priver ?
Bref, mettez des capotes
Petit rappel pour ceux qui n’auraient pas vu passer l’opé : les « capotes 3000 » sont un élément récurent de la série bref. de Canal+. Le 1er décembre, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, les fans Facebook de la série ont découvert un concours leur permettant de gagner une boite collector de ces capotes inédites reprenant au passage quelques citations cultes de la série. Une campagne maline qui capitalise sur un artefact clé d’une série en vogue auprès des jeunes adultes. Pas con me dis-je au première abord. Surtout quand on connait l’engagement d’une chaine comme Canal pour la lutte contre le sida. Surtout quand on sait que les jeunes adultes sont précisément la population la plus touchée par le virus. Surtout quand on peut capitaliser sur une base de plus de 1,6 million de fans. Vraiment pas con.
Suffisamment appâté par le bouzin, je continue mes recherches et atterris vite sur cet article de Julien. Pour lui, capote 3000 est « avant toutes choses un exemple en terme de stratégie transmédia puisque d’une série télévisée à succès, l’idée a été de reprendre un élément propre et identifiant de l’univers de “bref.” et de créer autour de celui-ci une histoire ou plus précisément une campagne de sensibilisation dans le cas qui nous intéresse. » Capotes 3000 : un cas d’école dans le domaine du transmédia ? Il n’en fallait pas plus pour me replonger dans cette sempiternelle question : à quoi reconnait-on au juste une œuvre transmédia ?
Une véritable opé transmédia ?
Comme toujours, tout dépend de la définition du transmédia auquel on se réfère. A en croire le transmedialab (et on croît le transmedialab), « à la différence du crossmedia ou du plurimedia qui décline un contenu principal sur des medias complémentaires, le transmedia exige un récit spécifique sur chaque media et donne la possibilité au public d’utiliser différents points d’entrée dans l’histoire (circulation de l’audience). » En ce sens, on peut admettre que Capotte 3000 crée un récit spécifique qui enrichit l’expérience de bref. De là à dire que l’opé est un point d’entrée dans l’histoire générale de la série. Plus difficile à admettre, vous en conviendrez…
En revanche, la définition donnée par Henry Jenkins qui inventa le terme transmédia en 2003 pour décrire les stratégies narratives de l’univers Matrix, nous permet d’appréhender le problème sous un autre angle. Jenkins redéfinit le transmédia comme : « un processus dans lequel les éléments d’une fiction sont dispersés sur diverses plateformes médiatiques dans le but de créer une expérience de divertissement coordonnée et unifiée. » Ici, les capotes 3000 sont bien un élément de la fiction dispersé sur un autre média, Facebook en l’occurrence, pour enrichir l’expérience bref. (le tout – cadeau Bonux – en soutenant une noble cause).
Capitaliser sur la convergence culturelle
Au-delà des querelles de définition, tout l’intérêt de cette campagne est d’avoir réussi à capitaliser sur la typologie des fans de bref. et des “lacunes” de la série qui proposait jusqu’alors un prolongement d’expérience quasi nul. Darewin a ainsi compris qu’une bonne partie des fans de bref. étaient en attente d’intéractions multimédiatiques. Pourquoi ? Parce que la vie de ces fans (votre vie ?) est bercée par la convergence culturelle, ie leur capacité à manipuler une multitude de médias pour vivre des histoires (et parfois même leur propre histoire). Dans bref., le héros, auquel les fans s’identifient très facilement, agit comme eux. Quand il drague une fille rencontrée en soirée, il l’ajoute sur Facebook, lui envoie des textos, tombe sur elle au supermarché… Bref, il exploite tous les médias à sa portée pour tenter de la revoir et traque les moindres détails qui lui permettront de reprendre contact.
bref. Intrinsèquement pas transmédia
Les plus grands fans de séries agissent de la même façon. Eux qui ont souvent un rapport de culte avec leurs séries fétiches peuvent passer beaucoup de temps à chercher des éléments qui enrichissent la narration dans d’autres médias (souvent les médias en ligne). Cette logique a été bien comprise par des producteurs d’œuvres culturelles aux US qui se sont attachés à penser leur histoire au-delà des épisodes pour créer un univers narratif global et déclinable sur différent média (logique de « world making »). En témoigne entre autre la série How I Met Your Mother où le personnage de Barney Stinson tient son propre blog et réussit par la même à créer un flou entre réel et fictionnel (principe de réalité alternée).
Ce processus de « world making » est en revanche complètement absent de la narration de bref. Au mieux, la série repose sur une mécanique cross-média dans la mesure où les épisodes sont dispos en TV et sur le Web. Mais à aucun moment, une partie de la narration n’a été prévue pour se décliner plus particulièrement sur un média ou pour profiter plus spécifiquement des interactions qu’offre un média en particulier.
Les capotes : un inter-texte
Avec « capotes 3000 », on assiste donc à un embryon de transmédia, à une pratique de réécriture du récit qui s’appuie sur le principe d’intertextualité : un élément de la série est extrait pour enrichir l’expérience bref. sur Facebook (et uniquement sur Facebook) et répond ainsi aux attentes d’une partie des fans les plus méticuleux. La mécanique est d’autant bien huilée qu’elle repose sur un élément tout à fait secondaire (pour ne pas dire dérisoire) de la série – les capotes – pour le reconnecter à une cause emblématique – la lutte contre le sida.
C’est à mon sens dans cette mécanique que réside le caractère « vraiment pas con de la campagne », une mécanique qui légitime aussi le caractère transmédia de l’opé .
La suite ?
Quand Julien a demandé à Wale si l’univers de bref. va être de nouveau l’objet d’une opération transmédia, ce dernier nous tient en haleine et nous invite à guetter des infos sur la fanpage de la série pour le savoir. On reste donc connectés et on va surveiller. Mais au fait Wale, as-tu pensé à intégrer ce que John Fiske appel les « tertiary texts », c’est-à-dire les contenus réalisés par les fans eux-mêmes faisant référence à la série, dans tes opé futures ? Il paraît que ces formes de « l’individualisme expressif » sont l’une des manifestations flagrantes de la convergence culturelle. Et vu le nombre de parodies et réinterprétation de bref. dispos sur le Web, ça vaut peut être le coup de creuser
Antoine Follow @antoninocorazon
P.S. : Au final, toutes ces petites tergiversations m’ont pris un peu plus de 47 secondes. Mais ça en valait la peine, surtout pour mon dernier billet sur ce blog.
Bref, c’était mon dernier post pour Question d’Influence. Et il ne l’est pas.
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire, tu seras CM mon fils.

Qu’est-ce qui nous pousse à devenir Community Manager ?
Les astreintes le week-end ? Celles qui nous obligent à toujours nous trouver à moins de 15 minutes d’un ordinateur connecté à Internet puisqu’il n’est pas possible d’effacer un commentaire à partir de l’application mobile une fois que tu l’as publié même si tu as FAIT UNE GROSSE FAUTE DEDANS ! (Tu sais, toi-même).
Les objectifs fixés par les clients, toujours excitants ? Atteindre 3000 fans sans achat d’espace grâce à un contenu de marque se réduisant à 7 photos de l’usine et deux vidéos corporate dont les bons vœux 2007 du Président ?
La production des bilans mensuels ? Une période de notre vie durant laquelle nous ignorons amis, famille et lolcats, plongés dans les méandres des insights Facebook, à la quête d’une théorie de la valorisation publicitaire. Probablement pas.
Nous sommes quelques-uns à vivre au quotidien l’expérience CM en agence. Une fonction qui pourrait disparaître puisque les entreprises tendent à intégrer ces missions en interne. Les exemples cités ci-dessus ne constituent que quelques aspects négatifs du métier qui peuvent être contrecarrés par une bonne organisation et une bonne anticipation des besoins. Au quotidien, la vie de CM peut s’avérer beaucoup plus intéressante. Petite liste, non exhaustive, des points positifs.
Avoir 2 ou 3 coups d’avance sur ton adversaire
Ton adversaire, c’est le troll. Celui qui a trouvé la faille et qui attend la bonne occasion pour publier son commentaire assassin. On le connait, prostré derrière son ordinateur, tapi dans l’ombre, le couteau entre les dents, il n’a qu’à presser le Crtl V de son clavier et briser nos efforts (ou alors c’est juste un mec qui a une critique valable à formuler… mais c’est moins excitant). Face à cet individu, tu dois mettre en place une stratégie et répondre:
- Faire face à la critique et apporter des éléments de réponse tangibles. Dangereux face à des extrémistes qui ne lâcheront pas quitte à aller jusqu’au point Godwin s’il le faut.
- Renvoyer l’assaillant vers un service contentieux et une obscure adresse mail. Un mouvement malin mais à manier avec précaution. Si le critique a entendu parler ne serait-ce qu’une fois du concept de web 2.0, c’est fini, tu as oublié tes racines et tu refuses le dialogue. Game Over.
- Attendre que les brand ambassadors répondent à ta place. Ils défendront leur territoire face à ce marquophage qui ose s’attaquer à leur totem. Ne rêvons pas, Apple n’embauche pas de community managers
De l’absence de réponse à la réaction filmée du CEO, un large éventail de solutions s’offre à nous mais une seule convient généralement. Pour choisir la bonne, il s’agit de connaitre sa communauté, de bien maitriser le ton habituel utilisé sur la page et de d’avoir assimilé la nature de la relation entre la marque et ses consommateurs. Un tryptique indispensable qui permettra de toujours avoir 2 ou 3 coups d’avance sur le troll. Passionnant.
Imaginer une présence en ligne sur de nouveaux outils
Le réseau est vivant, il grandit, évolue tous les jours. Toutes les semaines de nouvelles protubérances qui sont autant de nouvelles opportunités :
- Pourquoi ne pas créer un compte sur Instagram ?
- Peut-être que mon client pourrait gagner en visibilité en investissant Quora et ses questions ?
- Google + et sa communauté de photographe peut-elle avoir du sens pour cette entreprise qui évolue dans ce secteur ?
Au fil du temps, nous développons une aptitude à créer des mécaniques en quelques heures. Quels objectifs, à destination de quelles cibles avec quel niveau d’investissement ? Passionant again.
Trouver des moyens astucieux de créer du contenu de marque qualitatif
Le budget de nos clients est bien souvent bouclé et il est difficile d’obtenir une extra pocket pour une opération qui permettrait pourtant d’animer et de recruter. Dans ce cas, nous devons imaginer des stratagèmes pour contourner ces limites. Produire par soi-même, mobiliser les ressources internes, mailer tel ou tel créateur de contenu… Pas facile mais bougrement stimulant pour le cigare.
Lire les CGU car les CGU sont fun
Tu te surprendras à parcourir les conditions générales d’utilisation à la quête de cette règle sournoise qui vient d’être instaurée par le site, nouvelle étape dans le jeu du chat et de la souris qui se trame entre les CM et les développeurs du site (jeu fantasmé bien sûr, ils ne s’occupent pas de nous réellement). En étant bien concentré on peut encore trouver des règles inconnues de tous, une bonne occasion d’émerger en brainstorming ou d’éviter qu’une application soit supprimée pour non respect des règles. Rappelons-nous ce moment où nous avons découvert que Facebook interdisait « l’utilisation des fonctionnalités natives du site pour l’organisation de jeux concours » (c’était en 2009 et ce fût dur).
Développer des techniques pour faire émerger notre vision stratégique auprès du client
On le sait et en soi ça n’a rien de choquant, ce sont les juniors qui ont la charge de l’opérationnel sur les réseaux sociaux. Quand vient le temps de la réflexion stratégique les seniors reprennent la main à juste titre. Etant au plus proche de la communauté et enrichis des insights glanés lors de la veille quotidienne, nous sommes en mesure d’apporter notre pierre à l’édifice slide à la reco. Pour cela, nous devons formuler nos idées avec malice, les appuyer sur des faits éprouvés, les présenter de manière à ne blesser personne. Un petit peu de psychologie corporate qui sera très utile plus tard.
Finalement, le poste community management demande beaucoup plus qu’une aptitude à comprendre les nouvelles mises à jour de Facebook. Il nécessite anticipation, créativité, curiosité et psychologie. Formateur, n’est ce pas ?
Je suis sur que j’oublie certain points cruciaux, n’hésitez pas à les partager en commentaire, agissons comme une vraie communauté.
I fell in love with the webdoc !
A l’abri de rien, webdocumentaire réalisé pour la Fondation Abbé Pierre, est le grand gagnant des Prix Communication & Entreprise, décernés jeudi dernier. Une sorte de consécration pour ce format qui a pris d’assaut la toile depuis quelques années.
Thanatorama (2007), sur Rue89.com, Voyage au bout du charbon (2008), sur LeMonde.fr, Homo numericus (2009), sur SFR.fr, Gaza/Sderot (2008) et Prison Valley (2010), sur Arte.tv, ont en effet marqué la jeune histoire de ce genre nouveau. Et les productions se sont multipliées en 2011, à l’image de Chacun cherche son job, pour l’Apec, ou de Changer ma PME, pour la CGPME. Même les bonnes sœurs s’y mettent !Le webdocumentaire semble donc avoir trouvé, en 2011, sa place dans les nouveaux médias. Une place prometteuse et beaucoup moins marginale qu’à ses débuts.
Ce genre éditorial est ainsi de plus en plus utilisé par les médias d’information traditionnels mais aussi – et surtout – , par les entreprises, marques et institutions.
Mais au fait, c’est quoi au juste un webdocumentaire ?
Un documentaire vidéo mis en ligne sur le Web ? Une collection de reportages Web mis bout à bout ? Non. C’est une plateforme dédiée qui utilise toutes les possibilités, tous les formats offerts par le Web : photo, audio, vidéo, texte, infographie, blog, géolocalisation, etc. S’il vise, comme le documentaire, à présenter des faits réels de manière didactique, il s’en distingue par un mode de narration interactif, souvent délinéarisé, où le “spectacteur” peut choisir sa route. Mais aussi y laisser une trace, grâce à des “marqueurs” sociaux intégrés dans le récit : chat avec les protagonistes, sondages, fonctions de partage, etc. Bref, une expérience personnalisée et participative, qui peut même être prolongée IRL (In Real Life). Code Barre invite ainsi le “spectacteur” à scanner, via son smartphone, des objets du quotidien (cigarettes, produits alimentaires, livres…) pour découvrir une des séquences du webdocumentaire. Un dispositif qu’il peut d’ailleurs enrichir lui-même en envoyant des photos de ses objets, accompagnés de leur histoire.
Au-delà de ces aspects techniques, le webdocumentaire nous séduit car il fait émerger et valorise des contenus de “fond”, à travers des histoires attachantes et/ou engageantes. Dans un contexte d’infobésité, il permet de « créer une bulle, de proposer un temps volé aux flux d’information», comme en témoigne Cécile Cros, co-fondatrice de Narrative. Il offre aussi la possibilité aux entreprises, marques et institutions, d’inscrire leurs valeurs dans des sujets de société, de donner corps à leurs points de différenciation. Une manière de communiquer qui, en dépassant l’auto-célébration, contribue à nourrir l’opinion. Ces contenus « qui durent, qui peuvent se voir au rythme d’une conversation» sont, par conséquent, un moyen pour les marques d’attirer l’attention de l’ensemble de leurs cibles mais aussi d’élargir leur territoire d’influence.
Résumons.
S’extraire du flux, présenter des faits réels, répondre à des questions (posture conversationnelle)… Pour, in fine, permettre à une ou des cibles (journalistes, experts, blogueurs, décideurs, consommateurs, citoyens…) de se forger une opinion et de la partager… C’est l’essence même de notre métier : les relations publiques. Proposer et concevoir des webdocumentaires fait donc aujourd’hui partie, naturellement, de nos missions. A bon entendeur !
Master of puppets, les nouveaux dealers de fans

1000 fans pour 69,90 euros, ça vous tente ? Une offre directe qui s’affiche sur la toile et jusque dans le métro, il va falloir s’y faire. Ces mêmes boîtes qui refourguaient hier leur came loin des yeux, loin du cœur, affichent désormais la couleur. « Acheter des fans.com », rien que le nom, vous en conviendrez… Alors oui, bien sûr, on a toujours su qu’on pouvait acheter des fans et que certaines marques le faisaient parfois pour pallier un nombre de fans jugé décevant. Mais ce phénomène était plus développé outre-Atlantique et on croyait alors que notre bonne vieille France ne cèderait pas à ces sirènes aussi facilement.
Mais il semble que ces dealers de like se soient mis en tête de nous séduire avec un argument de choix : la pureté du produit, on ne coupe pas les doses, origine française garantie ! (du coup, on en viendrait à se demander à quand les cours en temps réel du prix des fans selon les pays ?…). Du fan bien franchouillard, certes (et encore les avis divergent quant à leur existence « physique »), mais du fan qui ne viendra pas interagir. Il n’a aucun attrait pour la marque, si ce n’est le fait qu’elle l’a acheté. Avouez que même pour 200 euros les 1000 fans, l’intérêt est limité. La capacité à nouer une relation, n’en parlons pas.
Mais alors pourquoi acheter du fan ? Il faut croire que certains sont prêts à gonfler de manière arbitraire le nombre de fans d’une page, pour faire plaisir à un board ou à des équipes en interne un peu insistantes sur les résultats de leur marque dans les médias sociaux. Le gérant d’Acheter-des-fans.com, qui fait office de parrain en la matière, explique lui même :
« [...] quoique le sujet paraisse parfois controversé, nos clients semblent tout de même satisfaits du résultat. [...] Encore une fois ces fans ne sont pas des fans productifs, mais en tout cas ils restent inscrits et améliorent tout de même votre référencement, en plus d’impressionner vos clients potentiels à la simple vue du compteur de fan ».
On comprend donc que le chemin est encore long pour faire comprendre et accepter à certains clients que la quantité mise en avant ne signifie pas l’interactivité. Qu’on ne doit pas se fier à un chiffre, aussi grand soit-il, pour juger de l’efficacité d’une stratégie sur les médias sociaux.
Bref, même s’il n’a rien d’illégal, ce commerce a un potentiel addictif sur les populations les plus faibles qui nous laisse un goût amer.
Du cinéma à Instagram : l’image, moteur d’émotion et de discussion

Et si le cinéma nous donnait une petite leçon ?
Prenez deux des films du moment : Drive et The Artist. Deux longs métrages radicalement différents mais qui ont pourtant deux points communs. Ils ont tous les deux récolté une Palme sur la Croisette et surtout ils sont construits sur l’image plus que la parole. En résulte des œuvres visuellement époustouflantes : Drive accroche avec son univers onirique et ses lumières bleues-dorées du soir. Quant à The Artist, c’est une petite perle en noir et blanc, hommage au cinéma muet.
Ce choix si basique fonctionne au mieux pour offrir deux films ultra intéressants et nous pousse à un constat simple mais pas forcément évident de prime abord : pas besoin de parole pour entrer pleinement dans un film, comprendre les émotions, l’histoire et ses détails.
Un constat qui s’affirme aussi du côté des réseaux sociaux : l’image permet de véhiculer des messages instantanément compréhensibles et appropriables, et s’affirme comme un moteur à interactions, une source intarissable de ‘likes’ et de RT. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si des réseaux sociaux majeurs se sont construits autour du partage de contenus visuels : de Youtube à Tumblr sans oublier Flickr ou Instagram. Inutile de rappeler leur succès, retenons juste que plus de 24h de vidéos sont envoyées sur Youtube chaque minute quand, dans le même temps, 6600 clichés sont publiés sur flickr. Comme l’analyse très bien Pocket Zeighest:
“L’image semble, en quelque sorte, prendre le pas sur l’écrit. Signe des temps : Tumblr vient tout juste de dépasser WordPress (plateforme de blog réputée très littéraire et sérieuse), porté par une nouvelle génération de “digital naives”, qui recherchent avant tout immédiateté et simplicité et privilégient à ce titre le partage de photos.”
On en revient donc à l’essence des réseaux sociaux : partager des instants. Autant le faire de façon visuelle. Pourquoi ? Parce que depuis toujours, l’espèce humaine analyse son environnement de manière visuelle : 80% de notre activité cérébrale est dédiée au traitement des images. Donc sur les réseaux sociaux, l’image est évidemment le format idéal. Pour s’en convaincre, il suffit de voir la place que lui laisse l’AFP (pourtant largement imprégnée de la culture de l’écrit, de la dépêche) sur sa page Facebook.
Crédit photo : Nasa



