L'auteur

Charles a rejoint le pôle Brand Marketing d’Ogilvy PR en 2010 en tant que Chef de projet. Diplômé de l’EFAP Paris (Ecole Française des Attachés de presse et des métiers de la communication), il avait au préalable suivit une formation en Géographie et développement durable à l’Université de Rennes. Au sein d’Ogilvy PR, il a travaillé sur des comptes de relations presse traditionnelles tels que Sony Professional, BFM TV, Le Fond Mondial, pour la campagne Born HIV Free. Il est également intervenu sur des programmes d’influence digitale pour Perrier et sur des missions d’analyse de l’opinion pour le gouvernement Mexicain.
Voir le profil complet de Charles Delaville >>

Lui écrire

Articles similaires

Partagez !

Moderniser notre approche de la relation journaliste

Journalists in the U.K. are using social media, but PR pros are failing to reach them in those spaces, according to a recent survey.

C’est le triste constat que dresse @Kevin_J_Allen en s’appuyant sur une étude menée par Daryl Willcox Publishing . La première partie nous rappellent que les journalistes utilisent de plus en plus les médias sociaux pour récolter et diffuser l’information. Rien de neuf en soi, l’affaire DSK nous a encore montré l’impact de Twitter sur le suivi et le traitement de l’actualité.

Martin Stabe, l’auteur de cette étude, va toutefois plus loin et ajoute que les professionnels des relations publiques n’ont pas suivi le mouvement et ont délaissé ces espaces de conversation et d’engagement potentiels. Après avoir interviewé près de 900 journalistes anglais et avoir étudié les médias utilisés par les professionnels des RP pour interagir avec les journalistes, le résultat est sans appel : l’e-mail et le téléphone sont de loin les principaux vecteurs d’échange. Twitter arrive loin derrière.

Ces résultats ne font que confirmer ce que nous vivons au quotidien. Nous suivons les journalistes sur Twitter, nous commentons leurs posts sur leur blog et parfois même nous les ajoutons sur Facebook. Pour autant, dès qu’il s’agit de diffuser une annonce pour l’un de nos clients nous décrochons notre téléphone ou envoyons un communiqué à une liste de journalistes qualifiés. Nous n’osons pas encore intervenir dans ces sphères, considérées, à juste titre me semble-t-il, comme privées.

Pourrait-il en être autrement ?
En effet, il est actuellement difficile d’imaginer que les journalistes acceptent des interactions directes et régulières sur leurs wall Facebook avec les communicants que nous sommes. On peut toujours faire le forcing mais, comme le souligne @Cyroultwit, qui peut croire en l’efficacité du spams comme pratique RP ?

Et pourtant, un métier a réinventer
D’un autre côté, l’information se propage si vite que l’individu lambda peut publier une news bien avant n’importe quel média. Sans aller-retour avec la rédaction, ni correction nécessaire. A peine le temps de trouver une illustration rigolote sur Flickr et c’est en ligne. Nous faisons face à une révolution autophage, l’instantanéité prend le pas sur l’immédiateté. Preuve concrète de cette tendance : il y a désormais plus de Tumblr que de blogs herbergés sous WordPress.

Cette mutation profonde affecte évidemment les médias traditionnels mais surtout le métier même de journaliste. Journalisme augmentée, data-journalisme, curation, journalisme de lien…, la profession ne cesse de se renouveler avec un fil conducteur : intégrer les réseaux sociaux dans la chaîne de production de l’info. C’est ce que nous explique Neal Mann, de Sky News, lorsqu’il nous parle de son utilisation professionnelle de Twitter au quotidien.

To me, my Twitter feed is a personalized wire service, except, unlike the traditional wires, I have to interact with it. I’ve found there is an added benefit to interacting and becoming known for being quick to break news: my followers have become an extra tipping service. I often receive tweets from followers along the lines of ‘have you seen this’ or ‘check their timeline’, and this interaction has proved invaluable, leading to me being first to a number of big stories.

Et de nouvelles pratiques à considérer
Pour adapter notre offre d’information à ces nouveaux usages des journalistes, il convient d’utiliser les réseaux sociaux pour en faire des relais efficaces facilitant la hiérarchisation et la sélection. L’émergence progressive des Social Newsroom répond à cette mission avec  des espaces dédiés consacrés à la distribution de contenu via Facebook, Twitter, Linkedin, Vidaeo et pourquoi pas le petit dernier Google +.  Avec un pré requis essentiel : que les journalistes acceptent d’adhérer à ces services.

Les avantages des social newsrooms sont multiples : côté journaliste, les notifications sont moins envahissantes qu’un push mail de communiqué de presse. Côté pro des RP : les contenus multimédia sont faciles à diffuser et tout le monde peut les partager en un clic. La création d’un chat et de créneaux de discussion dans la journée pourraient également permettre un échange direct et informel directement depuis la plateforme. De la même manière la possibilité d’organiser des conversations vidéos serait un bon moyen de coordonner un entretien entre un client et un influenceur. Quelle plateforme adopter ? Les réseaux sociaux bien installés nous permettent de commencer à structurer ces espaces, même s’ils présentent de nombreuses lacunes : les groupes Facebook sont une option intéressante mais incomplète, les listes Twitter sont un peu limitées en l’absence de notification efficace. Reste un petit nouveau qui pourrait faire la différence.

Et si Google + était fait pour nous ?
L’organisation des contacts grâce aux fameux Circles, l’application Hangout qui permet de lancer une conférence vidéo et probablement d’autres fonctionnalités qui restent à tester pourrait faire du nouveau réseau social l’outil idéal pour renouveler nos habitudes de fonctionnement.

Il s’agit d’une piste de réflexion et comprenez moi-bien, l’attaché de presse, le consultant, ne pourra jamais se séparer de son prolongement à 10 touches mais il lui faudra comprendre que son interlocuteur, pressé et sur-sollicité sera de moins en moins enclin à lui répondre.

Qu’en pensez-vous ?