I fell in love with the webdoc !
Posted on 11.25.11 to Point de vue by VictorlA l’abri de rien, webdocumentaire réalisé pour la Fondation Abbé Pierre, est le grand gagnant des Prix Communication & Entreprise, décernés jeudi dernier. Une sorte de consécration pour ce format qui a pris d’assaut la toile depuis quelques années.
Thanatorama (2007), sur Rue89.com, Voyage au bout du charbon (2008), sur LeMonde.fr, Homo numericus (2009), sur SFR.fr, Gaza/Sderot (2008) et Prison Valley (2010), sur Arte.tv, ont en effet marqué la jeune histoire de ce genre nouveau. Et les productions se sont multipliées en 2011, à l’image de Chacun cherche son job, pour l’Apec, ou de Changer ma PME, pour la CGPME. Même les bonnes sœurs s’y mettent !Le webdocumentaire semble donc avoir trouvé, en 2011, sa place dans les nouveaux médias. Une place prometteuse et beaucoup moins marginale qu’à ses débuts.
Ce genre éditorial est ainsi de plus en plus utilisé par les médias d’information traditionnels mais aussi – et surtout – , par les entreprises, marques et institutions.
Mais au fait, c’est quoi au juste un webdocumentaire ?
Un documentaire vidéo mis en ligne sur le Web ? Une collection de reportages Web mis bout à bout ? Non. C’est une plateforme dédiée qui utilise toutes les possibilités, tous les formats offerts par le Web : photo, audio, vidéo, texte, infographie, blog, géolocalisation, etc. S’il vise, comme le documentaire, à présenter des faits réels de manière didactique, il s’en distingue par un mode de narration interactif, souvent délinéarisé, où le « spectacteur » peut choisir sa route. Mais aussi y laisser une trace, grâce à des « marqueurs » sociaux intégrés dans le récit : chat avec les protagonistes, sondages, fonctions de partage, etc. Bref, une expérience personnalisée et participative, qui peut même être prolongée IRL (In Real Life). Code Barre invite ainsi le « spectacteur » à scanner, via son smartphone, des objets du quotidien (cigarettes, produits alimentaires, livres…) pour découvrir une des séquences du webdocumentaire. Un dispositif qu’il peut d’ailleurs enrichir lui-même en envoyant des photos de ses objets, accompagnés de leur histoire.
Au-delà de ces aspects techniques, le webdocumentaire nous séduit car il fait émerger et valorise des contenus de « fond », à travers des histoires attachantes et/ou engageantes. Dans un contexte d’infobésité, il permet de « créer une bulle, de proposer un temps volé aux flux d’information», comme en témoigne Cécile Cros, co-fondatrice de Narrative. Il offre aussi la possibilité aux entreprises, marques et institutions, d’inscrire leurs valeurs dans des sujets de société, de donner corps à leurs points de différenciation. Une manière de communiquer qui, en dépassant l’auto-célébration, contribue à nourrir l’opinion. Ces contenus « qui durent, qui peuvent se voir au rythme d’une conversation» sont, par conséquent, un moyen pour les marques d’attirer l’attention de l’ensemble de leurs cibles mais aussi d’élargir leur territoire d’influence.
Résumons.
S’extraire du flux, présenter des faits réels, répondre à des questions (posture conversationnelle)… Pour, in fine, permettre à une ou des cibles (journalistes, experts, blogueurs, décideurs, consommateurs, citoyens…) de se forger une opinion et de la partager… C’est l’essence même de notre métier : les relations publiques. Proposer et concevoir des webdocumentaires fait donc aujourd’hui partie, naturellement, de nos missions. A bon entendeur !
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Comments ( 1 Comment )
MorganeGB a ajouté ce commentaire nov 29 11 at 10:10Bonjour,
Je suis d’accord avec la tendance de diffusion massive du webdoc que vous soulignez.
Je l’ai également relevée http://bit.ly/tzp1UE ; en insistant sur le fait que l’appropriation du webdoc par les communicants ne pouvait être considérée comme une dérive au sens où le genre est en construction.
En bref, « tout le monde veut son webdoc », ce qui ne plait pas forcément aux médias et sociétés de prod de la première heure qui ont posé les bases du webdoc… A suivre.