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Trang est Chef de projet Digital au sein du pôle Social@Ogilvy.
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La journée sans immigrés

Ce lundi 1er Mars est particulièrement singulier! Non je ne vais pas vous parler du ciel bleu de début Mars ou des désastres causés par la tempête Xynthia, ce qui m’intéresse aujourd’hui c’est la journée sans immigrés.

Si le terme nous surprend et peut paraître péjoratif (beaucoup de gens pensent que c’est une journée où on boycotte les immigrés. Et c’est Jean-Marie Le Pen qui va être content !), il faut bien comprendre qu’il s’agit d’une journée de solidarité où « les immigrés, enfants d’immigrés et les citoyens conscients de l’apport de l’immigration en France cessent de consommer et/ou travailler ».

Bien que ce soit nouveau en France, cet événement a connu un grand succès aux Etats-Unis. Le boycott a été annoncé le 10 avril 2006 à Los Angeles, en Californie, par la Coalition du 25 Mars de groupes catholiques, les organisations de défense de l’immigration, et les syndicats. Débuté le 1er Mai 2006, il a déclenché un énorme buzz grâce à la grande mobilisation de la communauté hispanique qui a paralysé toute la Californie pour protester contre une loi discriminatoire à l’encontre des immigrés.

Aux Etats-Unis, la date de l’événement coïncide avec le May Day (Journée internationale des travailleurs qui est observée comme une fête nationale en Asie, en Europe et au Mexique, mais elle n’est pas officiellement reconnue aux États-Unis en raison de sa connotation communiste).

En France, le collectif « 24 heures sans nous » a choisi le 1er Mars pour faire référence à la loi CESEDA, Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, entrée en vigueur le 1er mars 2005. Cette loi a officialisé l’immigration « choisie » sur des critères économiques.

Un événement d’une valeur et d’une ampleur si importante pourtant très peu médiatisé en France : à peine abordé dans Télé Matin, quelques articles par -ci par - et puis rien… un grain de sable dans l’océan informationnel !

Chez Ogilvy PR, parmi les 30 collaborateurs, nous comptons déjà plusieurs nationalités différentes et nous avons tous des origines multiples. Et plus que jamais nous nous sentons touchés par cet évènement. Ce n’est pas l’idée d’être sous l’eau à cause des dossiers en attente si nos collègues font la grève qui nous vient en tête, mais rien qu’imaginer l’agence sans toutes ces personnes qui nous sont chères, nous avons le cœur serré.

Tous les jours, nous côtoyons diverses cultures et nous nous rendons compte des différences de chacun qui font la force de notre agence. C’est cette richesse qui nous rend plus ouvert, plus tolérant et finalement plus humain.

L’immigration fait partie des conséquences de la mondialisation, mais avant de penser à l’économie, à l’argent, au profit, ne vaut – il pas mieux penser à l’Individu dans cette tourmente ?

Joseph Arthur de Gobineau a dit « La République, en France, a ceci de particulier, que personne n’en veut et que tout le monde y tient ». Et c’est un peu la même chose avec l’immigration : c’est un phénomène qui touche tout le monde mais que malheureusement peu de gens se mobilisent pour.

Moi qui travaille un jour où des milliers d’immigrés manifestent dans la rue pour une lueur d’espoir afin de faire bouger des choses, j’ai l’impression de trahir mes pairs… Alors je rédige cet article, en espérant participer à cette lutte à ma façon.