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Bleu blanc pub

Adeptes de la communication dite d’intérêt général, passionnés de la chose publique, citoyens curieux de savoir où partent vos impôts quand l’Etat se veut communiquant… ne manquez pas le documentaire Bleu Blanc Pub diffusé mardi 9 décembre à 20h35 sur France 5.
A l’origine du projet, deux maîtres de conférence de Sciences-Po et une poignée d’étudiants, qui ont cherché à retracer l’histoire de la communication de l’Etat français depuis 30 ans. Très vite, ils se heurtent à une difficulté : alors qu’en moyenne 60 campagnes publiques sont produites chaque année, que l’Etat consacre 100 millions d’euros par an à sa communication, rien n’a jamais été écrit sur la question. Ils se lancent alors pendant deux ans dans un méthodique travail de recherche de films publicitaires et d’interviews de ceux et celles qui sont à l’origine des grandes campagnes gouvernementales: les hommes politiques (Michèle Barzach pour les premières campagnes sur le SIDA, Claude Evin pour les campagnes anti-tabac..), les publicitaires qui ont imaginé ces campagnes et les hauts fonctionnaires qui les ont assumées. Ce projet de longue haleine s’est conclu par la publication d’un très beau livre édité aux éditions du Cherche-Midi et par la réalisation d’un documentaire diffusé cette semaine sur France 5.
A cette occasion, Sciences-Po a souhaité lundi dernier confronter les visions de Thierry Saussez, directeur du service d’information du gouvernement et de Joseph Daniel, lui-même ancien directeur du SIG du temps des gouvernements Mauroy et Fabius. On ne reviendra pas dans ce billet sur la joute oratoire à laquelle ils se sont livrés, joute éminemment politique qui a sans doute un peu faussé le débat.
On retiendra néanmoins les quelques règles à prendre en compte en communication publique.
D’abord, une campagne, portée par l’Etat, a un rôle sociologique à jouer : en s’adressant aux citoyens français, on participe à la création d’un sentiment d’appartenance à une communauté nationale.
Ensuite, ces campagnes visent soit à modifier un comportement pour mieux vivre ensemble (sécurité routière, violence faites aux femmes, réduction des déchets..) ou à faire connaître des mesures issues de politiques publiques (loi Tepa).
Enfin, ces campagnes valorisent l’émetteur – le premier ministre, le gouvernement – sans toutefois le mettre au centre du message au risque de transformer ces campagnes en campagnes politiques (la frontière est parfois mince… !). Des campagnes à part donc dans l’univers publicitaire, des campagnes qui, aux dires des interviewés, agences en tête, ne remplaceront jamais des mesures politiques fortes!
Pour finir ce post, je ne résiste pas au plaisir de signaler que la campagne signée Ogilvy en faveur de l’emploi des seniors, est reprise dans le livre Bleu blanc pub…belle récompense pour tous ceux qui l’ont portée.

A lire aussi sur ce sujet :
http://www.professionpolitique.info/article/11-11-08/bleu-blanc-pub-trente-ans-de-communication-gouvernementale