It’s not Facebook official, so it doesn’t exist.

Question : Quelle est l’une des premières choses à renseigner pour s’inscrire sur Facebook ?

Réponse : votre « situation amoureuse ». Un champ qui peut paraître anodin mais qui n’est pas étranger au succès du Facebook des premiers âges et qui a déclenché bien des discussions compliquées avec l’être aimé : « Grand dieu mon coeur, pourquoi n’es-tu pas prêt à crier la splendeur de notre amour à l’ensemble de ta communauté ??? » Qui êtes-vous ? Jusqu’où avez-vous envie de crier votre amour pour quelqu’un ? Pour quoi faire ? Cela vous rassure-t-il ? Souhaitez-vous vraiment qu’un site possède une information de plus sur vous, qui plus est, sur votre vie privée ? Est-ce vraiment important de se coller une étiquette de plus ? Le « statut amoureux » déclenche plein de questions et Facebook a décidé d’enrichir la fonctionnalité en ajoutant aux désormais classiques « en couple », « fiancé(e) », « marié(e) », « c’est compliqué » et le petit nouveau « en union civile » (le fameux Pacs). Encore plus de choix, pour que la publicité vous cible mieux et que vous puissiez dire au monde entier que le mariage, c’est vraiment pour bientôt (hihihi).

Aujourd’hui, la moitié des membres du plus gros réseau social au monde affiche leur situation amoureuse. Mais tout ça pour quoi au juste ? A quoi ça sert d’indiquer ce genre de chose à part à se compliquer encore un peu plus la vie en cas de rupture avec ce douloureux « no longer in relationship » gravé dans le mur ? A en croire Ilana Gershon, chercheuse en communication et anthropologie,  la chose n’est pas si futile que ça et serait même un peu rétrograde: Facebook nous ramène aux années 50 lorsqu’une série de vêtements ou de petits bijoux signifiaient au monde notre « disponibilité sentimentalosexuelle ».

Une dimension « Facebook official » que décrit parfaitement Julian Smith dans sa vidéo « 25 things I hate about Facebook » (3’’40’)


Pourquoi officialiser la relation sur un réseau social est-il devenu si important ?
Le terme « Facebook official » est désormais rentré dans le langage courant. On doit dire si l’on est en couple ou pas, pour officialiser la chose. C’est devenu une règle et si on ne la suit pas, nous devenons suspects, voire directement coupables de haute trahison envers son/sa partenaire. Avant, nous officialisions la relation avec les parents, les amis, mais notre mode de vie a évolué et désormais le réseau donne son accord. En quelques clics tout le monde est au courant.

Mais Facebook est-il réellement le seul problème ? En réalité, les réseaux sociaux ont accéléré notre rapport à la relation. Aujourd’hui tout se passe plus vite et « presque » plus simplement. Les sites de rencontres pullulent et les méthodes traditionnelles se perdent, nous devenons de plus en plus friands de belles histoires, plutôt que du « Sur Meetic », ou « Sur Twitter » (ces sites ne dévalorisent en rien la valeur de la relation entendons-nous bien). Par exemple, lors des fameux apéritweets, deux twittos sont aperçus main dans la main à se faire des bisous. Les regards se penchent vers eux, le bouche à oreille s’accélère jusqu’à ce que quelqu’un vienne les voir et leur demande où ils se sont rencontrés. La réponse : « A un vernissage » ou « A un dîner » déclenche en règle générale la réaction suivante

cat It’s not Facebook official, so it doesn’t exist.

Les réseaux sociaux ont-ils à ce point changé notre regard sur l’autre ? Pas nécessairement, et la réaction décrite affecte probablement seulement les personnes du microcosme Twitter, mais elle est symptomatique d’une tendance de plus en plus forte : les rencontres IRL deviennent de plus en plus des événements isolés et dans nos grandes villes où tout s’aseptise, avoir une vraie relation devient difficile. Une rencontre simple apparaît comme « un éclair dans une bouteille ». Cette constatation n’est  en rien défaitiste, elle est en quelque sorte le reflet d’un mouvement perpétuel : nous changeons vite, nous prenons de moins en moins de temps pour nous poser et réfléchir à ce que nous voulons faire, nous entrons progressivement dans une logique d’épiphénomène où les réactions des gens sont de plus en plus fortes et « violentes » car non réfléchies. Nous « mettons à jour », « twittons l’instant », « réagissons à chaud », « écrivons des posts » ou des « billets d’humeur », et sommes constamment en train de courir après l’info.

Depuis peu, Ross Gardiner, professeur d’anglais en Corée du Sud, clame à qui veut l’entendre « You need to get off Facebook » en s’appuyant sur les abus,  de langage ou de situations, que nous faisons au quotidien.

Loin de dire que nous devons nous retirer de Facebook, il est surement important d’avoir une meilleure connaissance pour un meilleur usage. Ross Gardiner marque un point lorsqu’il dit que nous avons en réalité 4 amis et que ce sont ces 4 personnes, qui nous sont chères, qui plutôt que de laisser un commentaire en-dessous de notre nouvelle situation amoureuse, vont simplement prendre leur téléphone et nous appeler pour savoir comment nous allons.

Curation, je dis ton nom

La Social Media Week, qui s’est tenue cette semaine aux quatre coins de la planète, a ouvert son édition parisienne lundi dernier avec une conférence au titre un brin provocateur : « La curation, avenir du Web ? ». Co-organisée par la région Île-de-France, ReadWriteWeb.fr, Scoop.it et Pearltrees, la conférence proposait de plonger dans le cœur du sujet de la curation alors même que la toile francophone s’interroge chaque jour un peu plus sur cette nouvelle pratique estampillée « tendance Web pour 2011 ».

Plus qu’une conférence, l’évènement s’est voulu débat ouvert sur cette pratique qui divise. Le terme lui-même, énième anglicisme qui titille l’oreille, crée des réticences. Plus largement, c’est l’existence même de la pratique qui est mise en cause : qu’apporte-elle ? Ne sommes-nous pas déjà tous curators ? Quelle place pour le curator face au producteur de contenu ?

Toutes ces questions et le déroulé de la conférence ont déjà été largement reprises et détaillées par les blogueurs et journalistes de l’assistance. Plutôt que de proposer un nouveau compte rendu, nous préférons nous attarder sur le terme même de « curation » qui déplaît tant. Car cette conférence s’est avéré fournir un matériel précieux pour quiconque désire comprendre ce qui se cache derrière cette notion. L’occasion de se lancer dans un petit plaidoyer sémantique pour une tendance trop souvent jugée illégitime.

Des racines de la curation, un héritage artistique primordial
Pour mieux appréhender ces questions, les intervenants ont cherché dès le début à souligner l’héritage de la Web curation. Car la pratique n’est pas née ces six derniers mois, loin s’en faut. Si l’acte de trier du contenu, de le sélectionner et de le mettre en scène pour exprimer un point de vue ou raconter une histoire est vieux comme le monde, l’origine du terme nous vient du milieu artistique US où « l’art curator » désigne le commissaire d’exposition. Celui-là même qui dans le foisonnement de la production artistique sélectionne les œuvres et les juxtapose pour créer une exposition. Cette filiation avec le monde de l’art souligne la place essentielle que joue l’esthétique de l’énonciation dans l’acte de curation. Un critère fondamental que les tentatives de traduction française (édition du Web, rédaction en chef) ne parviennent pas à retranscrire. Mieux, cet héritage de l’univers artistique, milieu de passionnés, sous entend à quel point le monde de la curation est celui des intérêts. Autre avantage de cette filiation, elle insiste sur le caractère intrinsèque de la subjectivité. Or quoi de plus subjectif que le goût artistique, être curator, c’est affirmé un choix qui nous est propre.

 Curation, je dis ton nom

Ouvrir les portes de l’actu
Pour cadrer le débat, Dominique Cardon, sociologue à l’EHESS, a insisté sur la force de la représentation dans l’émergence d’une nouvelle tendance. Bien sûr l’esprit de la curation n’est pas nouveau, la pratique non plus, nous éditons tous du contenu Web depuis des années en partageant des liens sur Facebook, en diffusant nos playlists soigneusement préparées en amont, ou en relayant les articles qui nous semblent les plus pertinents sur Twitter. Oui, la curation n’est pas nouvelle mais le fait qu’elle soit nommée et que de nouveaux outils comme Pearltrees ou Scoop.it émerge à un instant T n’est pas anodin. Là où certains ne voient qu’un terme marketing, la sociologie s’interroge sur le sens que véhicule ce besoin de nommer et formaliser cette vieille pratique. Dans cette veine, la curation serait une forme de reconnaissance du triomphe du partage social face à un Web sémantique qui n’a pas tenu ses promesses. L’émergence de cette tendance est également une incarnation parfaite des imaginaires liés au Web 2.0 et se rattache cette fois à un élargissement du groupe des « gatekeepers », ces influenceurs qui détiennent les clefs de l’actu et font l’agenda médiatique. La traduction de « web curator » par « rédacteur en chef du Web » n’est pas anodine. L’acte d’éditer et d’assumer le rôle de la sélection et du partage social de contenus permet de prendre le pas sur l’agenda médiatique et de revêtir l’un des rôles du journaliste sans porter celui de la production du contenu.

Le curateur soigne le Web et défriche le contenu
De nombreux observateurs, qu’ils aient assistés à la conférence ou se soient manifestés dans le flux, ont également noté que la racine française du curateur vient du latin curare qui signifie tout simplement “soigner”. Le premier panel de la conférence, et notamment Eric Scherer, directeur de la stratégie numérique chez France Télévision, a insisté sur cet aspect de la notion. Dans un univers régit par l’infobésité, le curateur ne fait pas que sélectionner et mettre en perspective, s’il distille c’est aussi pour mieux dépolluer. Il travaille le territoire qu’est le Web pour le rendre plus fertile. Sous cet angle, la notion de soigneur attachée à la curation est des plus pertinentes car elle rappelle que nous sommes dans un travail d’homme, acteur central de l’organisation du Web.

Et pour en savoir plus sur la conférence, le pearltree dédié

cc photo : Archive Series by David Garcia Studio

Tamara Jullien @melletam & Antoine Allard @antoninocorazon

Le hauling, tous accros au shopping ?

Blair Fowler est une jeune américaine originaire de l’Etat du Tennessee. A 17 ans à peine, elle vient de quitter ses parents pour s’installer à Los Angeles, où elle dispose d’une attachée de presse. Près de 175 000 personnes suivent son compte sur Twitter @juicystar007. Et sur YouTube, c’est une véritable star.

Pourtant, Blair n’est ni une actrice, ni un mannequin en vogue. Son succès, elle le doit à ses vidéos qu’elle réalise dans sa chambre. Installée devant son lit dans une pièce peinte en rose, l’ado se filme entrain de déballer les achats de son dernier shopping : vernis à ongle, mascara ou encore chaussures, tous les produits sont détaillés jusque dans le moindre détail.

Cette pratique a un nom : le « hauling », de « haul », butin en anglais. Apparu sur YouTube il y a environ un an et demi, le phénomène, surtout développé aux Etats-Unis et au Canada, connaît un essor fulgurant. Plus de de 250 000 vidéos de « haul » sont proposés sur la plateforme YouTube. A titre d’exemple, l’une de ces dernières vidéos postée le 29 janvier dernier, a déjà été vue plus de 500 000 fois.


Du butin pour les marques

« Ces vidéos sont une expression moderne de la volonté intemporelle de partager la joie d’une “ trouvaille ” décrypte Kit Yarrow, psychologue de la consommation et professeure à l’université Golden Gate à San Francisco. Quoi qu’il en soit, les marques, elles, se réjouissent de cette trouvaille : Pour elles, ces vidéos sur YouTube représentent des heures de publicité gratuite auprès d’un public extrêmement ciblé. Avec le hauling, certaines entreprises ont flairé le bon plan. Ainsi, pour promouvoir ses propres articles, la marque de vêtements américaine Forever 21 a organisé un concours de «haul» l’été dernier. Blair Fowler et une autre bloggeuse très célèbre sur YouTube ont ainsi réalisé une vidéo de « haul »utilisée comme modèle pour le concours sur le site de la marque.

Au retour de bâton

L’authenticité de ces bloggeuses qui se positionnent comme des expertes,  ou « beauty gouru » comme elles se surnomment, est donc une redoutable arme marketing qui a su séduire les marques. Méfiance tout de même puisque ces consommatrices savent user de leur pouvoir.  Pour preuve, ce billet de Blair publié il y a quelques mois à propos d’un démaquillant l’Oréal où l’adolescente décrit le produit comme totalement inefficace.

La  tendance du hauling reste à surveiller de près. D’autant que ce phénomène commence à inquiéter certains chercheurs : cette pratique pourrait créer une dépendance au shopping chez les jeunes en les transformant en « acheteurs compulsifs ».

L’expérience “One Tonne Life” pour un futur durable

Le 19 janvier dernier, le projet “One Tonne Life” a débuté en plongeant une famille suédoise de 4 personnes dans une expérience d’un tout nouveau genre dont l’ambition est de démontrer que participer à un futur durable est possible pour chacun d’entre-nous. Ainsi, le père Nils, la mère Alicja et les deux adolescents de la famille, Hannah, 16 ans et Jonathan, 13 ans vont tenter de vivre en n’émettant qu’une tonne de dioxyde de carbone par personne et par an. “One Tonne Life” est initié par A-Hus, Vattenfall et Volvo Cars

onetonnelife big Lexpérience One Tonne Life pour un futur durable

Pour faciliter l’évolution du mode de vie nécessaire, l’expérience s’appuie sur un ensemble de projets innovants : une maison bioclimatique construite par A-hus, une voiture électrique Volvo C-30 qui se recharge avec de l’énergie renouvelable et des technologies innovantes proposées par Vattenfall notamment pour la mesure de la consommation.

Régulièrement pendant les 6 mois de l’expérience, des points seront réalisés avec des témoignages en vidéo, la première de la série est disponible.

embedded by Embedded Video

YouTube Direkt

Le lancement du projet vient d’être annoncé et déjà relayé partout en Europe, notamment en France :
http://www.ecoloinfo.com/2011/01/26/one-tonne-life-six-mois-pour-diviser-par-8-ses-emissions-de-co2/
http://www.latribuneauto.com/reportages-69-3807-l-experience—one-tonne-life—commence-pour-la-famille-lindell.html
http://voituredufutur.blogspot.com/2011/01/debut-de-laventure-one-tonne-life-en.html
http://videos.autoplus.fr/video/iLyROoafz2nb.html
http://www.kewego.be/video/iLyROoafz2nb.html
http://styledevie.ca.msn.com/maison/bricolage/afp-article.aspx?cp-documentid=27383489
http://pierrebg.posterous.com/vivre-sa-vie-avec-une-seule-tonne-onetonnelif
http://www.clean-auto.com/L-experience-d-un-mode-de-vie-ecologique?5707.html

Le communiqué de presse est téléchargeable ici, et on peut suivre le projet sur le site, sur Facebook et sur Twitter #OneTonneLife

Tweeting ’bout a revolution

Ironie du calendrier : alors que je m’interrogeais dans un précédent édito sur la difficulté des réseaux sociaux à soutenir l’engagement citoyen et politique en France (malgré une force de frappe potentielle à faire fantasmer plus d’un adepte échevelé du Che…), la Tunisie nous fait sa révolution.
Voilà plus d’une semaine que les gros titres se succèdent dans la presse et s’accordent sur un point : cette révolution de jasmin serait….fondatrice, exemplaire ! La première dans l’histoire à parvenir à déstabiliser un régime dictatorial grâce à Facebook notamment.

Une nouvelle donne, un nouveau monde ?
Un monde où Facebook se départit de sa futilité légendaire, où les photos de profils « duck face » laissent place à de fiers drapeaux, où les walls deviennent les réceptacles et relais de vidéos et d’infos sur les manifs, où les groupes structurent le mouvement d’opposition à Ben Ali.
Un monde au sein duquel l’ « écosystème digital » fonctionne à plein régime : où les twittos de tous pays et de toutes les couleurs ont dans le cœur le bonheur des Tunisiens (oui, oui, hommage furtif à Enrico Macias) et relaient, via Twitter, des news en simultané.
Un monde où les illustres hackers d’Anonymous lancent une attaque massive et générale sur les sites Web du gouvernement tunisien.
Un monde où un jeune blogueur, Président du Parti Pirate Tunisien, obtient le poste de secrétaire d’Etat à la Jeunesse.
Bref, un vrai rêve de digitaleux qui prend forme !

Rêve ou réalité ?
Même s’il est indéniable que ces événements feront date, il s’agit, dans la période d’emballement actuelle, de prendre (un peu) de recul sans verser pour autant dans un scepticisme systématique et mal à propos.
S’il est indéniable que les réseaux sociaux ont joué un rôle fondamental, Facebook n’a pas « fait tomber le régime » comme l’ont laissé entendre certains raccourcis récents. Alors que nombre de blogueurs dénonçaient, dans un rigoureux travail de sape, Ben Ali depuis des années, affirmer que Facebook, du jour au lendemain, a fomenté la révolution, révèle une méconnaissance aigue de la situation… Accordons-nous toutefois avec Fabrice Ebelpoin, éditeur de ReadWriteWeb francophone, sur le fait que « Facebook a été l’outil de support opérationnel à la révolution Tunisienne”. Véritable clef de voute, le réseau de Mark Zuckerberg s’est rapidement mué en garant de l’efficacité du mouvement, de sa coordination rapide. Difficile d’imaginer une telle rapidité et un tel impact dix ans plus tôt…

le peuple tunisien Tweeting bout a revolution

De l’importance de la temporalité dans cette révolution….
Après des années de maturation, de mini-révoltes, de soubresauts, les jeunes tunisiens, poussés par la mort de Mohamed Bouazizi, symbole tragique et figure tutélaire de toute une génération, ont bien compris que c’était LE moment.
Et c’est ainsi que ces jeunes ont été capables de transcender l’usage de Facebook, d’y faire pénétrer la cohésion, l’engagement, parce que c’était eux, parce que c’était ici. Dans ce pays qui compte 2 millions d’utilisateurs de Facebook et où l’infrastructure Internet est particulièrement développée, le contexte de foisonnement et de maturation s’est montré favorable. Sur Facebook comme dans la rue, les tunisiens ont transformé l’espace public en espace de liberté, bravant les répressions de la police de Ben Ali, particulièrement rodée à la traque digitale.

Ici et maintenant….Mais demain ?
Désormais se pose la question de la pérennité et de la potentielle duplication de ce mouvement à d’autres pays arabes alors même que le sujet s’englue actuellement dans la sphère réelle et politique.
Le web n’aura-t-il été qu’un point de départ ? Un outil qui aura donné de l’impulsion ?
Quant aux jeunesses d’Egypte et d’Algérie et les groupes Facebook qui fleurissent pour « faire la révolution comme en Tunisie », ne risquent-elles pas d’être déçues en constatant que leurs tentatives de révolutions à elles, prendront forcément un tour différent, sans nul doute, moins spectaculaire?

Seul l’avenir nous le dira….

Quoiqu’il en soit, dans le présent, cette optimisation des réseaux sociaux, cet enchevêtrement exemplaire du off line et du on line par une jeunesse passionnée me laissent rêveuse.

Photo : Agence Reuters Zoubeir Souissi

Target seems to be the hardest word



C’est aujourd’hui que je me commets pour la première fois dans la newsletter d’Ogilvy PR (et sur le blog aussi, puisque les éditos y sont maintenant relayés!).  C’est non sans pression que je vous écris donc ce billet.  Rassurez-vous, j’aime beaucoup la pression. En ce début d’année, j’aurais pu opter pour faire un énième bilan ou une énième prospection des tendances du futur.  Parce que vous les avez tous lus et que vous en ferez bientôt une indigestion, je me suis plutôt laissé dépasser par l’actualité.  Une actualité qui, sans être aussi tragique que le tremblement de terre haïtien de l’an dernier nous oblige néanmoins à réfléchir, tant comme citoyen que comme communicateur.



La fusillade du week-end dernier à Tucson en Arizona qui a fait 6 morts (dont une enfant de 9 ans et un juge fédéral) et 14 blessés a remis de l’avant le problème de la violence an Amérique.   Mais cette tragédie a également mis de l’avant un certain malaise dans les campagnes de communication en ce moment aux États-Unis.  Dans le monde de la communication politique, depuis 2008, tous s’entendent pour dire que les politiciens doivent être présents sur les médias sociaux.  La victoire d’Obama aura convaincu les plus sceptiques et lancé les politiciens dans la course au buzz.  Si le résultat n’est pas toujours très heureux, on sent bien qu’entre les campagnes du siècle dernier et celles d’aujourd’hui (et de demain) la volonté de communiquer de manière plus authentique est bien réelle.  Mais est-ce toujours à propos?  Est-ce que toutes les idées sont bonnes?  En communication, à fortiori en communication politique, on ne peut pas agir sans réfléchir en amont aux conséquences de nos campagnes, tant sur le fond que sur la forme.  Parce que le web laisse des traces – parfois indélébiles – et qu’une campagne anodine peut revenir rapidement sur le devant de l’actualité, il importe de mesurer ses propos et de tourner 7 fois son clavier avant de tweeter…  La tragédie de Tucson est malheureusement venue nous le rappeler.



Loin de moi l’idée de pointer du doigt d’éventuels responsables de cette tragédie, ce n’est pas mon propos. Il n’en demeure pas moins que lors de la récente campagne de mi-mandat, l’ex-gouverneure d’Alaska Sarah Palin a lancé une campagne intitulée « Take back the 20 ».  Vous avez surement vu cette publicité mise en ligne où 20 circonscriptions électorales ciblées par le Tea Party étaient affublées de ce qui ressemble grandement à une cible. Bien que le site de l’opération soit aujourd’hui fermé, la publicité est toujours disponible dans une note sur Facebook.



Note FB Sarah Pallin Target seems to be the hardest word



Aujourd’hui, son équipe clame qu’il s’agissait plutôt de marques d’arpenteurs (surveyors marks), les rapprochements sont néanmoins inévitables. Son équipe de communicants veut bien sûr la protéger mais quand l’ex candidate à la vice-présidence tweete, elle les contredit



Tweet Sarah Pallin Target seems to be the hardest word



L’humain oublie mais le web se souvient. Plus incroyable encore, on a pu suivre sur le blog Obama London (écrit par une américaine basée à Londres) l’évolution de la page Facebook de Palin dans la foulée de la fusillade.  Si son équipe a eu le réflexe d’effacer systématiquement tous les commentaires négaitfs, ils ont démontré un manque flagrant de jugement.  Quand un internaute écrit “It’s ok. Christina Taylor Green was probably going to end up a left wing bleeding heart liberal anyway. Hey, as ‘they’ say, what would you do if you had the chance to kill Hitler as a kid? Exactly.” , l’équipe ne bronche pas et le commentaire reste en ligne, alors que les autre commentaires négatifs continuent d’être effacés…



Les médias sociaux en politique sont une occasion incroyable de rapprocher les citoyens qui nous gouvernent ou tentent de la faire.  Les politiciens ont la chance de parler directement aux citoyens sans le filtre des médias traditionnels.  Il faut toutefois faire attention et savoir réfléchir en amont aux conséquences de nos campagnes de communication.  Deux enseignements à tirer de ce triste épisode:  la rhétorique violente en politique ne sert personne si ce n’est que des extrémismes dont personne n’a besoin.  Ensuite et c’est là où nous avons une responsabilité en tant que communicateurs et annonceurs:  il est facile de lancer une campagne sur les médias sociaux mais il est plus complexe d’en gérer les conséquences qu’elles soient directes ou indirectes. Même si vous vendez du savon ou des amandes enrobées de chocolat, avant de lancer votre prochaine course au buzz, essayez d’y penser.

Enfant et Internet : capitalisons sur un péril jeune

Le dernier baromètre « Enfants et Internet » de l’agence Calysto consacre l’avènement des digital native. A le lire, difficile de se dire que collégiens et lycéens ne sont pas des “bêtes de l’Internet” : 75% des  15-17 ans ont un profil Facebook, un quart des 11 – 13 ans passent bien 3 heures par jour à tailler bavettes sur msn et paraît même que le blogging retrouve la côte chez les CM1-CM2, c’est vous dire…

Photo enfant et internet Enfant et Internet : capitalisons sur un  péril jeune

Côté parent, même si l’étude entre moins dans le détail, le constat n’en est pas moins sévère. Comme l’indique Agnès Leclair pour le Figaro :

Aujourd’hui encore, à peine trois enfants sur dix évoquent leurs tribulations en ligne avec leurs parents. 22% des 11-13 ans auraient un logiciel de contrôle parental sur leur ordinateur. Pire encore, seuls 4% des 11-17 auraient une fonction contrôle parental activée sur leur mobile, un outil pourtant utilisé de manière croissante pour surfer sur la toile.

A lire entre les lignes, il semble que nous nous plaçons dans un « creux » générationnel. D’un côté, une génération X, qui bien que condamnée, continue à se trouver aussi dépourvue devant les usages que leurs progénitures adoptent sur le Web ; de l’autre, une génération Y qui a assuré sa mue mais n’a pas d’enfants suffisamment âgés pour avoir à surveiller les dits usages.

Des chiffres qui en effrayent plus d’un. Reste que cette incompréhension est source d’attention et derrière cette peur latente se cache un vrai besoin de comprendre. Mais la volonté n’y suffit pas, «les parents et le corps enseignant ne savent pas par quel bout prendre le problème» souligne Alex Türk, président de la CNIL.

Alors en cette fin de vendredi après midi, je m’interroge. Et si cette volonté parentale n’était pas un levier d’influence sur lequel capitaliser ? Une marque peut facilement tirer partie d’une prise en charge de l’acculturation digitale des parents pour mieux servir les intérêts de leurs enfants sur Internet ou ailleurs. Certaines initiatives commencent à s’inscrire dans cette voie, la nouvelle application Mercredi après-midi par exemple. Elle propose aux parents et leurs enfants de trouver facilement des activités extrascolaires directement depuis leur Smartphone. Conduire les parents à utiliser leurs mobiles pour occuper leurs enfants et instaurer la proposition de loisir dans l’usage mobile des ados. L’initiative peut sembler anodine, mais mon avis qu’elle s’inscrit dans une tendance lourde des années à venir. La question mérite en tout cas d’être creusée.

The Project amorce une révolution dans le monde de l’édition

The Project The Project amorce une révolution dans le monde de l’édition

Alors que Rupert Murdoch prépare la sortie du premier quotidien 100% iPad, le Daily (repoussé à début 2011 d’après les dernières rumeurs), Richard Branson dégaine le premier. Sorti mardi 30 novembre, Project, un mensuel traitant d’actualités économiques, de design, de culture urbaine, de divertissement… a interpellé les amoureux de technologies et de contenus éditoriaux que nous sommes. Alors, ce produit est-il « révolutionnaire », comme dirait Steve Jobs ?

Nous l’avons testé pour vous. Petit aperçu des innovations principales.

Le premier contact est excellent. La Une, consacrée à l’acteur Jeff Bridges, impressionne d’entrée en nous plongeant dans l’univers du film Tron – L’Héritage. Hologramme, sons électroniques, effets spéciaux sur les titres… Une “couverture en vidéo” digne d’un film de science-fiction. Elle dévoile rapidement le potentiel multimédia du support. Touchez l’un des sujets et vous voilà plongé dans une visite 3D du “Tokyo secret”. Idem pour l’article “Pourquoi le label de musique le plus cool au monde est français ?” qui associe un extrait sonore à chaque photo. Autres interactions multimédia : des diaporamas d’images dans les articles, des vidéos et des boutons d’action qui prolongent la lecture sur le web (page Wikipedia d’une personnalité par exemple, clips vidéos sur YouTube et Vimeo)… Le tout, sans jamais quitter l’application.

La logique de lecture n’est pas immédiatement évidente : une navigation sur le plan horizontal pour aller d’un article à l’autre et sur le plan vertical pour aller plus bas dans un article. Intuitif certes mais nous avons rapidement tendance à nous sentir perdus dans le magazine. Heureusement, une touche sur le bas de n’importe quelle page fait remonter le sommaire. On peut alors sauter d’un article à l’autre. Fini la lecture linéaire des magazines papier !

The Project. 2 jpg The Project amorce une révolution dans le monde de l’édition

Globalement parcourir cette revue est donc une expérience très agréable, une immersion dans un magazine vivant. Vivant mais pas assez humain finalement. Nous nous attendions à y trouver les désormais incontournables fonctions de partage sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook…). Mais rien de tel, la conversation est encore trop peu au rendez-vous sur Project. Seuls des commentaires sur chaque article, via le blog du magazine, sont aujourd’hui prévus.

Une voie à explorer davantage donc. Mais ce qui est certain c’est que Project a fait un pas dans la bonne direction à l’heure où beaucoup d’entre nous s’interrogent sur l’avenir des magazines papier avec l’arrivée de l’iPad et autres tablettes. Nouveaux contenus, nouveaux usages, il propose une réelle alternative entre le tout papier et le tout Web.

L’iPad donne la possibilité aux magazines papier d’utiliser des formats plus variés tout en conservant ce qui en fait leur richesse : la navigation en profondeur dans l’information, l’étendue délimitée des contenus et la cohérence d’ensemble (graphique et éditoriale). A la différence des médias Web (sites d’information, blogs, webzine…) dont le support, les navigateurs web, favorise une lecture à l’infini, en largeur, d’une information éparpillée dans le flux constamment ouvert du World Wide Web.


Et pour en savoir plus sur les nouveaux médias pour Ipad, suivez les perles :

iPad magazines

Sois belle et informe

Quand l’étudiant en sociologie Sudhir Venkatesh s’est rendu dans le plus déclassé des ghettos noirs de Chicago au début des années 1990, il ne se doutait pas qu’il allait entreprendre un voyage de sept ans qui le conduirait aux racines de la société américaine.

Il n’avait sur lui qu’un QCM dont la première question fut assez mal accueillie par les membres du gang de dealers de crack qu’il rencontra dès son arrivée, et qui le retint prisonnier pendant deux jours dans une cage d’escalier : « Comment vivez-vous le fait d’être noirs et pauvres ? A) Très mal B) Mal C) Ni mal ni bien D) Assez bien E) Très bien ».

Au grand étonnement des membres du gang, Sudhir ne disparut pas dans la nature après avoir été libéré. Il revint les voir dès le lendemain, avec une liste de questions beaucoup plus précises. Et il resta à leurs côtés pendant sept ans. Suffisamment longtemps pour apprendre qu’il existe un langage universel, qui permet de mettre en relation les phénomènes humains en apparence les plus dissemblables : la donnée.

C’est en cartographiant les relations du groupe de dealers, et leurs flux d’échanges financiers, sur la base des données fournies par le trésorier du gang, que Sudhir fit la démonstration qui le rendit célèbre. A savoir que les gangs de crack de Chicago étaient construits sur le même modèle que les fast-foods. Avec une multiplicité de vendeurs gagnant peu, des franchisés gagnant beaucoup, et un « Conseil d’administration » – qui, pour l’anecdote, dans le cas du gang rencontré par Sudhir, était vraiment appelé le « Conseil d’administration » – dont les membres étaient très riches. Les vendeurs de crack gagnaient, au final, autant que les vendeurs de Mc Do. Sauf, évidemment, et c’est un gros point noir, qu’ils avaient une chance sur quatre d’être tués pendant leurs heures de travail.

Rapprocher les gangs de Chicago des Mc Donald’s, pour expliquer les ressorts de l’économie, c’est que permet la maîtrise et le langage universel de la donnée.

Ce langage trouve une nouvelle expression et une forme d’accomplissement avec la « data visualization ». Ou comment combiner données et images, pour produire du sens et tenter d’expliquer l’expérience humaine au plus grand nombre.

La « data visualization » explose. Elle est de plus en plus employée, pour illustrer la taille de Googlela croissance de Facebook sur les plateformes mobiles ou pour visualiser d’un seul coup d’oeil toutes les façons de mener une conversation en ligne (cliquer pour agrandir) :

 Sois belle et informe

Elle est, également, de plus en plus utilisée pour expliquer des sujets plus complexes et directement politiques, comme la relation entre pauvreté et obésité aux Etats-Unis, ou
l’utilisation du budget américain par l’administration Obama.

La « data visualization » atteint même la sphère de l’intime, puisqu’il est désormais possible de l’appliquer à sa propre boîte mail, pour cartographier ses échanges et – peut-être – apprendre à se connaître soi-même.

Pourquoi ce mariage de la donnée et du visuel est-il aussi efficace sur nous ? Parce qu’il privilégie l’expérience sur l’écrit, qu’il raconte plus qu’il ne dit, et qu’il le fait dans une forme immédiatement accessible.

Pour autant, nous ne sommes pas dans le domaine du divertissement. Il s’agit bien d’information. Nous assistons peut-être même à la naissance d’un nouveau type de journalisme, le « Data journalism », comme l’explique David McCandless, fondateur du site Informationisbeautiful.net :

En conclusion, terminons par cette citation de David McCandless, peut-être le premier « Data journalist » au monde : « Nous souffrons tous d’un trop-plein d’information, d’une infobésité. Et la bonne nouvelle, c’est qu’il y a peut-être une solution facile à ce problème, et c’est d’utiliser davantage nos yeux. Il s’agit de visualiser l’information, pour pouvoir saisir les schémas et les connections les plus importantes. Il s’agit de faire un travail de design de l’information pour qu’elle prenne plus de sens, qu’elle raconte une histoire, qu’elle nous permette de nous concentrer sur ce qui est important… C’est une façon de réduire un énorme volume d’information et de compréhension dans un petit espace. »

Et pour aller un peu plus loin, suivez les perles
Quand la data révolutionne l’information

Séminaire OPR : nouveaux visages, nouvel Ogilvy


Tout commence par une enveloppe rouge. Dans la grande tradition d’Ogilvy. A l’intérieur, une invitation et un mot d’Eric Maillard : « Je vous invite à allier une réflexion sur l’agence et le plaisir d’être ensemble dans un moment en dehors du quotidien ». Des arrêts sur image, un pas de recul, des échanges, des ateliers, loin de Paris, dans un cadre hors du temps. Le programme du prochain séminaire d’OPR.

Un vendredi matin, après deux heures de route, nous atterrissons dans une immense ferme, au milieu des bois, à côté d’un lac, dans une vallée surplombée par un château. Le Moulin de la Forge. Les patrons, des fils de paysans, ont fait d’un ensemble d’étables et de granges un centre pour les séminaires d’entreprise. Mais on se sentirait presque chez soi, tant l’accueil est chaleureux, les plats de saison, la convivialité évidente.

Le séminaire débute par les nouveaux visages qui ont rejoint l’agence pour renforcer son expertise éditoriale et digitale. Des journalistes, des consultants venus d’aussi loin que le Canada, des spécialistes des RP… Toute une gamme de talents. « We’re not in the communication business, a l’habitude de dire Miles Young, le PDG d’Ogilvy Worldwide, we are in the talent business. » Cela n’a jamais été aussi vrai à Ogilvy PR.

Avant le déjeuner, Marc-Antoine Jarry, Directeur du Planning Stratégique d’Ogilvy, expose la méthode du Big Ideal et nous parle des évolutions de son métier, à l’heure du digital.

Puis Jean-Phillipe Chevret, Directeur Général de Neo@Ogilvy, interroge le marché des médias. Le digital bouleverse la presse. Dans ce contexte, pourquoi certains médias « pure players » digitaux mettent-ils sur le marché des éditions papiers ? Parce que leurs fondateurs viennent de la presse écrite ? Parce que le papier reste un facteur de crédibilité ? Pour renforcer leur marque média auprès des annonceurs ?

Le bloggueur Cédric Deniaud, fondateur du cabinet de conseil Internet The Persuaders, rappelle ensuite qu’il faut « savoir faire » avant de « faire savoir », et construire une relation durable avec ses consommateurs, en amorçant un dialogue avec eux, partout où ils se trouvent.

La journée se conclut par des ateliers, à l’issue desquels chaque pôle d’OPR expose son plan de développement pour les années à venir. Nouvelles offres, nouveaux clients. Autant de nouveautés que vous découvrirez sur le blog OPR au cours des mois à venir.

Enfin, Natalie Rastoin nous dévoile la vision du « New Ogilvy » – le nouvel esprit ogilvien. « Le monde change très vite, de plus en plus vite, explique-t-elle, et Ogilvy change avec lui. Nous ne devons plus simplement être bons. Nous devons être très, très, très bons. Ce n’est pas une nouveauté. C’est la tradition d’Ogilvy. » Voilà qui est dit !

La suite de la journée s’est jouée au babyfoot. Battus à plate couture par leurs collègues féminines, les hommes ont essayé de se rattraper sur une partie de fléchettes. Mais c’était peine perdue ! L’écart s’est encore creusé pendant la course d’orientation. Les hommes ont, cruellement, réalisé que savoir lire une boussole n’aide pas à trouver un bon indice. Tout n’est pas dans le matériel. Il faut aussi savoir se servir de son cerveau ! Un rappel utile.

Le séminaire d’Ogilvy PR, fort en émotion et riche en travail, a été à la hauteur des attentes de tous. Une expérience humaine partagée.

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cc photos : Philippe Moreau, MelleTam, Iivychaang