Print me up, before you go-go

Ca y est.
Le Web a gagné.
Il ne lui aura fallu que 20 ans pour s’imposer comme LE média dominant.
Pour la première fois cette année, il a supplanté le « papier » pour sa fonction informative. Selon le Pew Research Center (dans son State of the News Media 2011), 46% des Américains vont chercher leurs infos sur Internet, contre 40% via les journaux.

So, is print (really) dead?
Le débat ne peut amener que des réponses contrastées.
Oui, il y aura de moins en moins de journaux/magazines imprimés. Le futurologue Ross Dawson, en prenant en compte des facteurs globaux comme l’évolution technologique ou les coûts croissants de l’impression, prévoit même que d’ici 2040, plus aucun pays dans le monde n’aura de journaux papiers, tels qu’on les connaît aujourd’hui.
Non, l’information sur papier ne disparaîtra pas. Car un magazine ça se lit à deux mains… et demain ne meurt jamais. Trêve de (mauvaise) plaisanterie.
L’information sur papier existera toujours car elle correspond à des habitudes et à des besoins de lecture ancrés durablement dans notre ADN. La grande étude menée par l’Express sur les nouvelles pratiques de consommation de l’information des Français le prouve. La digitalisation des contenus inscrit plus que jamais l’information dans le temps réel et nous plonge dans une urgence médiatique. Or il existe une demande latente de supports de synthèse, de filtre, de slow news, capables de faire murir l’information : 76% des personnes interrogées se sentent submergées par l’information, 65% sont à la recherche d’approfondissement, de prise de recul. D’ailleurs, malgré le fast news, la majorité des Français (62%) s’informent via des sessions longues (+ de 10 minutes). Et on remarque que ces derniers sont à 81% des lecteurs de presse magazine, juste derrière les téléspectateurs (83%) mais surtout devant les internautes (66%). On peut aussi citer l’enquête Epiq 2010 qui montre que 23 millions de Français lisent chaque jour un quotidien (papier), un chiffre stable par rapport à 2009 (-0,3%) et en partie due à l’explosion des gratuits (20 minutes cumule 2,7 millions de lecteurs, soit 33% du lectorat). Autre enquête, même conclusion. D’après une étude du Print Measurement Bureau canadien, les 12-24 ans, loin de bouder les magazines, en lisent presque autant que le reste de la population: 3,6 numéros par semaine (contre 3,8 au niveau national, tous âges confondus).

Print will survive
Au-delà de cette question, il est intéressant de voir que le « digital » a, aujourd’hui, besoin du « print ». Il s’en inspire même de plus en plus.
Si le cas de figure inverse n’a plus besoin d’être démontré – même l’objet « livre » s’y met (Les Editions du Seuil, via leur filiale nommée Point 2, viennent de lancer un nouveau format, horizontal, avec des pages qu’on lit de haut en bas, comme sur un écran), la « papierisation » du Web est, étonnamment, une tendance à ne pas sous-estimer.
Même Google, le symbole ultime de l’Internet, s’y met ! Avec Think Quarterly, un magazine trimestriel lancé la semaine dernière par la branche UK de la firme, Google se lance dans la production éditoriale. Et pas n’importe comment, pas avec un blog ou tout autre format « révolutionnaire ». Non non, avec un M-A-G-A-Z-I-N-E : 68 pages, un sommaire, une maquette presse, un design épuré avec beaucoup d’espaces blancs, d’illustrations, des grandes photos, etc.
Certes, ce magazine est uniquement disponible sur un site dédié, consultable en plein écran, mais il est possible de l’imprimer. Et surtout il se définit comme « un bol d’air frais dans un monde qui s’affaire ». En effet, Matt Brittin (Managing Director, UK & Ireland Operations, Google) explique, en bas de la (home) page, que « nous avons tous besoin de temps pour réfléchir. Think Quarterly est un espace de respiration dans un monde de vitesse. C’est un endroit pour prendre le temps et regarder ce qui se passe, comprendre en quoi c’est important. »
Car sur le Web nous surfons, nous butinons, nous zappons. Sur le papier, non seulement nous ne nous cramons pas les yeux, mais nous lisons, nous observons, nous réfléchissons. La revue trimestrielle Usbek & Rica, lancée à l’été 2010, est ainsi construite en contraste avec le flux du web : un magazine en papier mat et épais de plus de 150 pages, payant (15 euros), sans pub, avec des articles de plus de 15 000 signes, vendu uniquement en librairie. En d’autres termes, un magazine-book, ou « mook » (une expression venue du Japon), qui permet de s’extraire du temps réel et de retrouver le sens du récit, la profondeur de l’information.
Autre exemple de « papierisation » du Web : le site australien Concrete Playground, dédié à l’art et à la culture, lancera en mai un trimestriel gratuit… pour se faire de la pub. « C’est un moyen beaucoup plus intéressant et séduisant de faire parler de nous qu’une campagne d’affichage massive », a expliqué son directeur, l’ex-publicitaire Richard Fogarty à AdNews, avant d’ajouter « pour moi, une publication bien réalisée, tactile et tangible reste quelque chose d’incroyablement efficace ».

Si jamais vous n’êtes toujours pas convaincu, si vous n’avez plus feuilleté un magazine depuis la mort de L’Événement du jeudi, vous pourrez toujours réapprendre à les utiliser avec cette étonnante illustration d’un artiste américain pour le distributeur de magazines indépendants Stack America.

How to use magazine Print me up, before you go go

Storytelling to Heaven

Lookin for stories Storytelling to Heaven

S’interroger sur le rôle des réseaux sociaux dans une situation où une catastrophe nucléaire au Japon se superpose à un tsunami, un tremblement de terre, un mouvement révolutionnaire panarabe, le tout sur un fond de crise économique, de montée de l’extrême-droite en Europe, et plus particulièrement en France… C’est tenter de revenir vers ce qui nous unit, au-delà de ce qui nous divise. De dépasser ces récits qui nous séparent, pour retrouver notre histoire commune.

On peut s’étonner du rôle moteur des réseaux sociaux dans les révolutions arabes, dans la gestion des crises, pour la propagation de l’information, mais aussi pour l’entraide – comme en Indonésie, où Twitter a joué un rôle majeur dans l’acheminement des ressources vers les zones sinistrées autour du volcan Merapi.

Mais c’est oublier ce qui fait la force et le caractère unique, dans l’histoire, des réseaux sociaux. C’est oublier que ce que l’on échange avant tout sur les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter, ce ne sont pas des informations. Nous ne sommes plus à l’ère des « autoroutes de l’information » et cette expression, aujourd’hui, a terriblement vieilli.

Non, ce que l’on s’échange sur les réseaux sociaux, ce sont des émotions.

Des joies, des rires, des peines, des indignations, des peurs, des angoisses, des énervements, des haines, de l’amour…

Le désespoir d’un petit vendeur de fruits et légumes de Tunisie devient le nôtre. Le courage des « samouraïs » de Fukushima devient notre courage. Les peurs des habitants de Tokyo deviennent nos peurs. La colère d’un Français qui s’indigne devant les résultats des élections et trouve 140 caractères pour le dire, devient notre colère. La préférence d’un autre pour Tiffany, Stéphanie ou Fanny, dans une émission de télé réalité comme Top Chef!, devient notre préférence.

Nos émotions deviennent collectives.

Les réseaux sociaux sont des amplificateurs d’émotion, des moteurs à empathie.

Il ne s’agit pas, comme on l’entend parfois, d’une poussée subite de narcissisme ou d’égocentrisme, mais bien au contraire d’un partage.

Que faire de ce constat ? D’abord, relire Damasio, qui nous apprenait dès 1994 dans son ouvrage fondateur, « L’erreur de Descartes », que nos émotions sont le moteur caché de toutes nos décisions. Individuelles et vraisemblablement collectives.

Ensuite, que l’influence – parce que c’est notre métier – n’est plus une affaire d’information, mais de sentiments. Plus une affaire de communiqués, mais d’histoires. Des histoires qui s’écrivent parfois avec un grand « H ». L’ère des réseaux sociaux est aussi celle du Storytelling.

Hold-Up sur la mode : Grazia fait main basse sur la Fashion Week !

Bandeau Grazia Hold up sur la mode Hold Up sur la mode : Grazia fait main basse sur la Fashion Week !

« Hold-Up sur la mode » ! Suite au succès de l’opération 2010 « la Fashion Week a du chien », Grazia s’est de nouveau lancé ces derniers jours dans une couverture décalée des défilés parisiens. Avec ce nouveau happening, Grazia a tenu à s’inscrire dans la continuité de l’évènement précédent et à pérenniser le regard que porte le média sur la Fashion Week : l’occasion de rappeler qu’une semaine de défilés est avant tout une semaine de fête en l’honneur de la création française. De quoi décomplexer tous les acteurs de la mode et faire pétiller cette grande messe mondiale.

Chasseurs de look en prime
Embarqués dans une Mini old style aux couleurs Grazia, des braqueurs du style savamment masqués ont écumé la capitale pour « capturer » le temps d’une photo les plus beaux looks des spectateurs se rendant aux défilés. Une opération orchestrée avec Ogilvy Action et Ogilvy PR qui s’est couronnée de succès : « Le plan était sans faille, le hold-up parfait. Fashion victims et people, tout le monde a joué le jeu ! » affirme la rédaction. Une chose est sure, tous les yeux étaient braqués sur la plus osée des opérations !
Pour découvrir le joli butin raflé par les bandits masqués, ça se passe chez Grazia

En voiture  Hold Up sur la mode : Grazia fait main basse sur la Fashion Week !

Dead or Alive Hold Up sur la mode : Grazia fait main basse sur la Fashion Week !

La bande de lombre Hold Up sur la mode : Grazia fait main basse sur la Fashion Week !

Haut les mains 1 Hold Up sur la mode : Grazia fait main basse sur la Fashion Week !

Haut les mains 2 Hold Up sur la mode : Grazia fait main basse sur la Fashion Week !

Haut les mains 3 Hold Up sur la mode : Grazia fait main basse sur la Fashion Week !

GraziaFW2011

Come on baby leak my fire

Wikileaks Come on baby leak my fire

2011 s’annonce plus que jamais comme une année propice aux scandales révélés de manière tonitruante sur nos très chers médias sociaux. Le phénomène n’est bien sûr pas nouveau, et les initiatives de particuliers ou journalistes exhumant dossiers, photos ou propos compromettants mettant en lumière certains dessous de nos hommes politiques sont légion (qui vient de dire Monsieur Boillon ?…). Vantés pour leur rapidité à diffuser en temps réel de telles informations, les réseaux Twitter&Co ne sont pas épargnés par les critiques sur ces données pas toujours vérifiées et souvent impossibles à sourcer.

Mais chaque jour de nouveaux outils sont mis à notre disposition, pour nous aider à décrypter certaines affaires pouvant faire l’actualité. Hier était ainsi lancé FrenchLeaks, un site « dédié à la diffusion de documents d’intérêt public concernant notamment la France et l’Europe ». Edité par Mediapart, cet « outil documentaire et instrument d’alerte », met à la libre disposition du public les dossiers déposés par les internautes sur un espace sécurisé inspiré par WikiLeaks, publiés après enquêtes préalables « répondant aux règles professionnelles du journalisme » par l’équipe du site.

Si l’on se base sur les documents postés depuis hier, les hommes politiques sont encore relativement épargnés, les premières « révélations » se cristallisant davantage sur le monde des affaires. Mais du phénomène ‘wikileaks dans mon bureau’ à ‘wikileaks dans mon parti politique/ministère/ambassade’ le pas semble plus que jamais mince et aisément franchissable.

D’autant que l’intérêt autour de nos chers élus et autres candidats aux velléités politiques plus ou moins connues a peu de chance de redescendre d’ici le début des campagnes de 2012. Un panorama de candidats et de soutiens en devenir (même-si-je-refuse-de-l’officialiser-parce-que-c’est-un-peu-tôt-quand-même-mais-qu’on-ne-m’oublie-pas, hein) qui va donner des sueurs froides à plus d’un observateur. Un constat fait par le magazine en ligne Slate.fr qui a lui aussi lancé hier WikiPol, une plateforme collaborative remplie d’informations sur « les hommes et femmes qui feront les élections présidentielles et législatives de 2012 ». Mis en place en partenariat avec l’Ecole de journalisme de Science Po, le site propose déjà 120 wikifiches de personnalités politiques comprenant CV, familles politiques, entourage, parcours ou encore déclarations remarquées.
Plus que jamais, avis aux businessmen, hommes politiques, citoyens : we’re watching you! [and see you on Twitter-whether you want it or not…]

Without information, are we nothing ?

without information are we nothing Without information, are we nothing ?

Cela fait plusieurs mois que Laurent nous parle de la grande étude sur les nouvelles pratiques de consommation de l’information des français sur laquelle il travaille à l’Express. Alors forcément, quand il nous annonce hier qu’elle est sortie, ni une ni deux, on s’est plongé dans la soixantaine de slides de synthèse. Et force est de constater la richesse du travail qui réussit à dresser un état des lieux du rapport des français à l’information. Vaste programme, et pourtant, l’étude est étonnamment facile à prendre en main. Son point fort : elle donne à voir autant qu’elle analyse. En s’appuyant sur l’expérience #mediadeath qui consisite à priver d’information durant 24h des étudiants de Sciences Po et du Celsa, l’Express et Iligo nous font entrer dans les coulisses de l’étude. Une approche web-docu au doux accent de télé-réalité qui cristallise une des conclusions phares de l’étude : l’émergence croissante d’une « dépendance » à l’information. Omniprésente, protéiforme, toujours plus accessible, répondant à des besoins variés, l’information ne cesse d’évoluer et s’impose de plus en plus comme un élément essentiel du lien social à française.

Car derrière la série de données qui prouvent (s’il le fallait encore) que 1- non, le print n’est pas mort et 2- oui, nous accordons de plus en plus de temps à la consommation de média ; c’est avant tout la corrélation dépendance à l’info/intégration dans le corps social qui retient toute notre attention.

L’infopium du peuple

97% des français s’informent quotidiennement
72% s’informent plus qu’il y a 5 ans
30% ne peuvent pas passer une journée sans s’informer

Là encore ces stats sont parfaitement illustrées par l’expérience #médiadeath qui montre clairement l’état de manque quasi-physique des cobayes privés de presse, télé, Internet et radio. Même si  ces derniers sont pour le coup des addicts hyperconnectés qui assument leur boulimie pour mieux affronter l’infobésité, l’expérience met en scène une dépendance croissante à l’info qui touche toute la population française et s’explique par plusieurs facteurs :

Je m’informe donc je suis
Expérience #médiadeath toujours : au-delà de l’état de manque dont pâtisse les cobayes, c’est la solitude extrême dans laquelle ils sont plongés qui nous marque. Fait intéressant, même s’ils reconnaissent qu’être privés de smart phone n’est pas bien pratique pour gérer sa vie sociale, c’est avant tout l’ennui, un sentiment de solitude et d’isolement social très fort dont ils nous font part. « Priver médiatiquement ce groupe, c’était non seulement les priver d’une monnaie d’échange sociale mais aussi toucher une part d’intime ».
S’informer s’est donc avant tout prendre prise sur le monde : nous recherchons l’information pour mieux comprendre l’actualité, pour prendre des décisions, pour échanger avec autrui ou pour nous divertir… Mais dans tous les cas, le besoin de s’informer permet de se réaliser en tant qu’individu et de se situer dans le groupe. Véritable nourriture de l’esprit, l’information « rythme nos temps sociaux »,  aide à s’inscrire et à trouver sa place dans le corps social et s’avère nécessaire pour affirmer sa singularité, quelque soit la situation donnée (professionnelle, personnelle, récréative…).

L’altérité, levier d’influence
Une des conséquences logiques de cette imbrication consommation d’information / affirmation sociale est le besoin de se confronter à l’opinion. Plus que l’information froide et uniformisée, nous sommes à la recherche de points de vue dissonants, capables de nourrir la discussion ou d’affûter un regard. Chez les jeunes, le phénomène est d’autant plus marqué, il balise le terrain de jeu de la discussion. De la cours de récrée au wall Facebook, l’altérité  est un critère clé de la construction de sa réputation. Réputation qui reconnecte au social : dans un monde où information et conversation sont intimement liées, la valorisation de l’information passe par notre capacité à partager le contenu et à le porter à différentes communautés.
Cet angle d’approche à lui tout seul suffit à justifier la place centrale de l’engagement par l’histoire. Au cœur de cette démarche de storytelling – ou info-telling lorsque la marque est aussi média – la nécessité de jouer sur l’altérité passe par la mise en scène de l’information  et ce, qu’elle soit « marketing » ou plus proprement médiatique. Qui sait, je n’aurais peut-être pas eu l’envie ou le courage de rédiger cet article si je ne m’étais pas reconnu dans les cobayes de l’expérience #mediadeath et si je n’avais pas souffert pour eux. Reste que « dans une économie de l’attention ce qui compte n’est plus seulement le temps passé sur un canal d’information mais l’engagement de l’individu sur celui-ci ». Et au final – confidence pour confidence – peu m’importe de savoir que 97% des français consomment quotidiennement de l’info, réaliser les implications de ma dépendance à l’info, en revanche… Engagement on vous dit.

« Aime moi, sinon je te piège ! »

Nouvel adage du 21è siècle ?

Si la phrase peut faire sourire, elle n’en illustre pas moins une pratique aussi vieille que le Web Social : créer un « fake profil » pour surveiller l’être aimé. Un pilier fondamental du stalking. Selon cette étude publiée l’année dernière, près de 100% des utilisateurs de réseaux sociaux se seraient déjà fait « piéger » au moins une fois par un faux profil. Aussi charmants  que fictifs, ces « profils les plus populaires  sont souvent les plus sexy, ce qui implique un rapport de séduction plus ou moins fort destiné justement à faire lever tout soupçon. »

A l’heure où la nouvelle LOPPSI (Loi pour la performance de la sécurité intérieure) diabolise encore un peu plus cet « antre de pédophile » qu’est Internet, on se rend compte que sur le Web comme ailleurs, nous avons souvent plus peur de ce que nous sommes capable de faire plutôt que du danger que peut potentiellement représenter l’autre.
En témoigne le nouveau service de rencontre en ligne « Secrètement votre ».  Encore en version beta, le site  aiguise la curiosité du commun des mortels avec sa signature « et si faire le premier pas devenait un jeu ?». Le concept : proposer aux cadres timides qui n’osent pas aborder leur collègue une drague anonyme mais avec ces mêmes personnes. Outre le jeu de séduction à la fois ludique et mystérieux, le site permet donc de draguer en toute sérénité, sans prises de risque notables. Suite aux indices donnés, libre à la personne de décider d’aller plus loin dans l’aventure en connaissant l’identité du mystérieux séducteur.

Jusque là, tout reste encore très innocent. On imagine par contre très facilement comment détourner le concept pour fliquer voire piéger son/sa compagnon/compagne. Stalker on vous dit.

Autre service, autre pratique. Et si tout pouvait être aussi simple qu’un tweet ? C’est ce que propose l’autre nouveau venu dans la sphère du dating en ligne : Luv@FirstTweet. 140 caractères pour une date, qui dit mieux ? Fini le temps perdu à créer un profil, fini les descriptions détaillées de votre personnalité, fini les longs mails échangés sans trop y croire. Luv@FirstTweet scan vos tweets pour déterminer votre « personnalité » et trouver ceux qui vous ressemblent dans un réservoir de plusieurs milliers de princes/princesses charmants/es.

Le futur des rdv « Aime moi, sinon je te piège ! »
Bien. Mais que retenir de tout ça ? Les sites de rencontres ne sont pas nouveaux. Depuis 2001, Meetic et autre AdopteUnMec on fait de la conquête de l’autre un des biz les plus lucratifs du Web. Certes, mais les codes ont changé, et se rapprochent de plus en plus de nos vraies contraintes. La « chasse » à l’inconnu a perdu de sa saveur, ce qui nous attire c’est le réel, ceux que nous côtoyons et que nous avons appris à connaître au quotidien. Car qu’on le veuille ou non, l’amour, comme toutes relations sociales, naît et s’épanouit plus facilement dans le offline. C’est là le tour de force de « Secrètement votre » qui réussit à garder les bienfaits de l’anonymat pour les connecter à la séduction de nos contacts proches. Côté Lov@FirstTweet, on sort aussi de l’anonymat en implantant officiellement la séduction dans des réseaux qui ne sont initialement pas pensés pour ça. Petit plus, on réduit le coût d’entrée et on inscrit le tout dans le temps réel. Avec dans tous les cas, une recherche dans notre cercle d’intimité qui se déroule en ligne. Soit pour le dire en deux mots : quand l’URL rencontre l’IRL (in real life)… Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants – des parfaits petits stalkers d’ailleurs :p

Source de la BD : http://www.tranchesdunet.com/2010/03/31/le-futur-des-rencards/

It’s not Facebook official, so it doesn’t exist.

Question : Quelle est l’une des premières choses à renseigner pour s’inscrire sur Facebook ?

Réponse : votre « situation amoureuse ». Un champ qui peut paraître anodin mais qui n’est pas étranger au succès du Facebook des premiers âges et qui a déclenché bien des discussions compliquées avec l’être aimé : « Grand dieu mon coeur, pourquoi n’es-tu pas prêt à crier la splendeur de notre amour à l’ensemble de ta communauté ??? » Qui êtes-vous ? Jusqu’où avez-vous envie de crier votre amour pour quelqu’un ? Pour quoi faire ? Cela vous rassure-t-il ? Souhaitez-vous vraiment qu’un site possède une information de plus sur vous, qui plus est, sur votre vie privée ? Est-ce vraiment important de se coller une étiquette de plus ? Le « statut amoureux » déclenche plein de questions et Facebook a décidé d’enrichir la fonctionnalité en ajoutant aux désormais classiques « en couple », « fiancé(e) », « marié(e) », « c’est compliqué » et le petit nouveau « en union civile » (le fameux Pacs). Encore plus de choix, pour que la publicité vous cible mieux et que vous puissiez dire au monde entier que le mariage, c’est vraiment pour bientôt (hihihi).

Aujourd’hui, la moitié des membres du plus gros réseau social au monde affiche leur situation amoureuse. Mais tout ça pour quoi au juste ? A quoi ça sert d’indiquer ce genre de chose à part à se compliquer encore un peu plus la vie en cas de rupture avec ce douloureux « no longer in relationship » gravé dans le mur ? A en croire Ilana Gershon, chercheuse en communication et anthropologie,  la chose n’est pas si futile que ça et serait même un peu rétrograde: Facebook nous ramène aux années 50 lorsqu’une série de vêtements ou de petits bijoux signifiaient au monde notre « disponibilité sentimentalosexuelle ».

Une dimension « Facebook official » que décrit parfaitement Julian Smith dans sa vidéo « 25 things I hate about Facebook » (3’’40’)


Pourquoi officialiser la relation sur un réseau social est-il devenu si important ?
Le terme « Facebook official » est désormais rentré dans le langage courant. On doit dire si l’on est en couple ou pas, pour officialiser la chose. C’est devenu une règle et si on ne la suit pas, nous devenons suspects, voire directement coupables de haute trahison envers son/sa partenaire. Avant, nous officialisions la relation avec les parents, les amis, mais notre mode de vie a évolué et désormais le réseau donne son accord. En quelques clics tout le monde est au courant.

Mais Facebook est-il réellement le seul problème ? En réalité, les réseaux sociaux ont accéléré notre rapport à la relation. Aujourd’hui tout se passe plus vite et « presque » plus simplement. Les sites de rencontres pullulent et les méthodes traditionnelles se perdent, nous devenons de plus en plus friands de belles histoires, plutôt que du « Sur Meetic », ou « Sur Twitter » (ces sites ne dévalorisent en rien la valeur de la relation entendons-nous bien). Par exemple, lors des fameux apéritweets, deux twittos sont aperçus main dans la main à se faire des bisous. Les regards se penchent vers eux, le bouche à oreille s’accélère jusqu’à ce que quelqu’un vienne les voir et leur demande où ils se sont rencontrés. La réponse : « A un vernissage » ou « A un dîner » déclenche en règle générale la réaction suivante

cat It’s not Facebook official, so it doesn’t exist.

Les réseaux sociaux ont-ils à ce point changé notre regard sur l’autre ? Pas nécessairement, et la réaction décrite affecte probablement seulement les personnes du microcosme Twitter, mais elle est symptomatique d’une tendance de plus en plus forte : les rencontres IRL deviennent de plus en plus des événements isolés et dans nos grandes villes où tout s’aseptise, avoir une vraie relation devient difficile. Une rencontre simple apparaît comme « un éclair dans une bouteille ». Cette constatation n’est  en rien défaitiste, elle est en quelque sorte le reflet d’un mouvement perpétuel : nous changeons vite, nous prenons de moins en moins de temps pour nous poser et réfléchir à ce que nous voulons faire, nous entrons progressivement dans une logique d’épiphénomène où les réactions des gens sont de plus en plus fortes et « violentes » car non réfléchies. Nous « mettons à jour », « twittons l’instant », « réagissons à chaud », « écrivons des posts » ou des « billets d’humeur », et sommes constamment en train de courir après l’info.

Depuis peu, Ross Gardiner, professeur d’anglais en Corée du Sud, clame à qui veut l’entendre « You need to get off Facebook » en s’appuyant sur les abus,  de langage ou de situations, que nous faisons au quotidien.

Loin de dire que nous devons nous retirer de Facebook, il est surement important d’avoir une meilleure connaissance pour un meilleur usage. Ross Gardiner marque un point lorsqu’il dit que nous avons en réalité 4 amis et que ce sont ces 4 personnes, qui nous sont chères, qui plutôt que de laisser un commentaire en-dessous de notre nouvelle situation amoureuse, vont simplement prendre leur téléphone et nous appeler pour savoir comment nous allons.

Curation, je dis ton nom

La Social Media Week, qui s’est tenue cette semaine aux quatre coins de la planète, a ouvert son édition parisienne lundi dernier avec une conférence au titre un brin provocateur : « La curation, avenir du Web ? ». Co-organisée par la région Île-de-France, ReadWriteWeb.fr, Scoop.it et Pearltrees, la conférence proposait de plonger dans le cœur du sujet de la curation alors même que la toile francophone s’interroge chaque jour un peu plus sur cette nouvelle pratique estampillée « tendance Web pour 2011 ».

Plus qu’une conférence, l’évènement s’est voulu débat ouvert sur cette pratique qui divise. Le terme lui-même, énième anglicisme qui titille l’oreille, crée des réticences. Plus largement, c’est l’existence même de la pratique qui est mise en cause : qu’apporte-elle ? Ne sommes-nous pas déjà tous curators ? Quelle place pour le curator face au producteur de contenu ?

Toutes ces questions et le déroulé de la conférence ont déjà été largement reprises et détaillées par les blogueurs et journalistes de l’assistance. Plutôt que de proposer un nouveau compte rendu, nous préférons nous attarder sur le terme même de « curation » qui déplaît tant. Car cette conférence s’est avéré fournir un matériel précieux pour quiconque désire comprendre ce qui se cache derrière cette notion. L’occasion de se lancer dans un petit plaidoyer sémantique pour une tendance trop souvent jugée illégitime.

Des racines de la curation, un héritage artistique primordial
Pour mieux appréhender ces questions, les intervenants ont cherché dès le début à souligner l’héritage de la Web curation. Car la pratique n’est pas née ces six derniers mois, loin s’en faut. Si l’acte de trier du contenu, de le sélectionner et de le mettre en scène pour exprimer un point de vue ou raconter une histoire est vieux comme le monde, l’origine du terme nous vient du milieu artistique US où « l’art curator » désigne le commissaire d’exposition. Celui-là même qui dans le foisonnement de la production artistique sélectionne les œuvres et les juxtapose pour créer une exposition. Cette filiation avec le monde de l’art souligne la place essentielle que joue l’esthétique de l’énonciation dans l’acte de curation. Un critère fondamental que les tentatives de traduction française (édition du Web, rédaction en chef) ne parviennent pas à retranscrire. Mieux, cet héritage de l’univers artistique, milieu de passionnés, sous entend à quel point le monde de la curation est celui des intérêts. Autre avantage de cette filiation, elle insiste sur le caractère intrinsèque de la subjectivité. Or quoi de plus subjectif que le goût artistique, être curator, c’est affirmé un choix qui nous est propre.

 Curation, je dis ton nom

Ouvrir les portes de l’actu
Pour cadrer le débat, Dominique Cardon, sociologue à l’EHESS, a insisté sur la force de la représentation dans l’émergence d’une nouvelle tendance. Bien sûr l’esprit de la curation n’est pas nouveau, la pratique non plus, nous éditons tous du contenu Web depuis des années en partageant des liens sur Facebook, en diffusant nos playlists soigneusement préparées en amont, ou en relayant les articles qui nous semblent les plus pertinents sur Twitter. Oui, la curation n’est pas nouvelle mais le fait qu’elle soit nommée et que de nouveaux outils comme Pearltrees ou Scoop.it émerge à un instant T n’est pas anodin. Là où certains ne voient qu’un terme marketing, la sociologie s’interroge sur le sens que véhicule ce besoin de nommer et formaliser cette vieille pratique. Dans cette veine, la curation serait une forme de reconnaissance du triomphe du partage social face à un Web sémantique qui n’a pas tenu ses promesses. L’émergence de cette tendance est également une incarnation parfaite des imaginaires liés au Web 2.0 et se rattache cette fois à un élargissement du groupe des « gatekeepers », ces influenceurs qui détiennent les clefs de l’actu et font l’agenda médiatique. La traduction de « web curator » par « rédacteur en chef du Web » n’est pas anodine. L’acte d’éditer et d’assumer le rôle de la sélection et du partage social de contenus permet de prendre le pas sur l’agenda médiatique et de revêtir l’un des rôles du journaliste sans porter celui de la production du contenu.

Le curateur soigne le Web et défriche le contenu
De nombreux observateurs, qu’ils aient assistés à la conférence ou se soient manifestés dans le flux, ont également noté que la racine française du curateur vient du latin curare qui signifie tout simplement « soigner ». Le premier panel de la conférence, et notamment Eric Scherer, directeur de la stratégie numérique chez France Télévision, a insisté sur cet aspect de la notion. Dans un univers régit par l’infobésité, le curateur ne fait pas que sélectionner et mettre en perspective, s’il distille c’est aussi pour mieux dépolluer. Il travaille le territoire qu’est le Web pour le rendre plus fertile. Sous cet angle, la notion de soigneur attachée à la curation est des plus pertinentes car elle rappelle que nous sommes dans un travail d’homme, acteur central de l’organisation du Web.

Et pour en savoir plus sur la conférence, le pearltree dédié

cc photo : Archive Series by David Garcia Studio

Tamara Jullien @melletam & Antoine Allard @antoninocorazon

Le hauling, tous accros au shopping ?

Blair Fowler est une jeune américaine originaire de l’Etat du Tennessee. A 17 ans à peine, elle vient de quitter ses parents pour s’installer à Los Angeles, où elle dispose d’une attachée de presse. Près de 175 000 personnes suivent son compte sur Twitter @juicystar007. Et sur YouTube, c’est une véritable star.

Pourtant, Blair n’est ni une actrice, ni un mannequin en vogue. Son succès, elle le doit à ses vidéos qu’elle réalise dans sa chambre. Installée devant son lit dans une pièce peinte en rose, l’ado se filme entrain de déballer les achats de son dernier shopping : vernis à ongle, mascara ou encore chaussures, tous les produits sont détaillés jusque dans le moindre détail.

Cette pratique a un nom : le « hauling », de « haul », butin en anglais. Apparu sur YouTube il y a environ un an et demi, le phénomène, surtout développé aux Etats-Unis et au Canada, connaît un essor fulgurant. Plus de de 250 000 vidéos de « haul » sont proposés sur la plateforme YouTube. A titre d’exemple, l’une de ces dernières vidéos postée le 29 janvier dernier, a déjà été vue plus de 500 000 fois.


Du butin pour les marques

« Ces vidéos sont une expression moderne de la volonté intemporelle de partager la joie d’une “ trouvaille ” décrypte Kit Yarrow, psychologue de la consommation et professeure à l’université Golden Gate à San Francisco. Quoi qu’il en soit, les marques, elles, se réjouissent de cette trouvaille : Pour elles, ces vidéos sur YouTube représentent des heures de publicité gratuite auprès d’un public extrêmement ciblé. Avec le hauling, certaines entreprises ont flairé le bon plan. Ainsi, pour promouvoir ses propres articles, la marque de vêtements américaine Forever 21 a organisé un concours de «haul» l’été dernier. Blair Fowler et une autre bloggeuse très célèbre sur YouTube ont ainsi réalisé une vidéo de « haul »utilisée comme modèle pour le concours sur le site de la marque.

Au retour de bâton

L’authenticité de ces bloggeuses qui se positionnent comme des expertes,  ou « beauty gouru » comme elles se surnomment, est donc une redoutable arme marketing qui a su séduire les marques. Méfiance tout de même puisque ces consommatrices savent user de leur pouvoir.  Pour preuve, ce billet de Blair publié il y a quelques mois à propos d’un démaquillant l’Oréal où l’adolescente décrit le produit comme totalement inefficace.

La  tendance du hauling reste à surveiller de près. D’autant que ce phénomène commence à inquiéter certains chercheurs : cette pratique pourrait créer une dépendance au shopping chez les jeunes en les transformant en « acheteurs compulsifs ».

L’expérience « One Tonne Life » pour un futur durable

Le 19 janvier dernier, le projet « One Tonne Life » a débuté en plongeant une famille suédoise de 4 personnes dans une expérience d’un tout nouveau genre dont l’ambition est de démontrer que participer à un futur durable est possible pour chacun d’entre-nous. Ainsi, le père Nils, la mère Alicja et les deux adolescents de la famille, Hannah, 16 ans et Jonathan, 13 ans vont tenter de vivre en n’émettant qu’une tonne de dioxyde de carbone par personne et par an. « One Tonne Life » est initié par A-Hus, Vattenfall et Volvo Cars

onetonnelife big Lexpérience One Tonne Life pour un futur durable

Pour faciliter l’évolution du mode de vie nécessaire, l’expérience s’appuie sur un ensemble de projets innovants : une maison bioclimatique construite par A-hus, une voiture électrique Volvo C-30 qui se recharge avec de l’énergie renouvelable et des technologies innovantes proposées par Vattenfall notamment pour la mesure de la consommation.

Régulièrement pendant les 6 mois de l’expérience, des points seront réalisés avec des témoignages en vidéo, la première de la série est disponible.

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YouTube Direkt

Le lancement du projet vient d’être annoncé et déjà relayé partout en Europe, notamment en France :
http://www.ecoloinfo.com/2011/01/26/one-tonne-life-six-mois-pour-diviser-par-8-ses-emissions-de-co2/
http://www.latribuneauto.com/reportages-69-3807-l-experience—one-tonne-life—commence-pour-la-famille-lindell.html
http://voituredufutur.blogspot.com/2011/01/debut-de-laventure-one-tonne-life-en.html
http://videos.autoplus.fr/video/iLyROoafz2nb.html
http://www.kewego.be/video/iLyROoafz2nb.html
http://styledevie.ca.msn.com/maison/bricolage/afp-article.aspx?cp-documentid=27383489
http://pierrebg.posterous.com/vivre-sa-vie-avec-une-seule-tonne-onetonnelif
http://www.clean-auto.com/L-experience-d-un-mode-de-vie-ecologique?5707.html

Le communiqué de presse est téléchargeable ici, et on peut suivre le projet sur le site, sur Facebook et sur Twitter #OneTonneLife