Makers gonna make

lego makers Makers gonna make

Cette semaine, la création et la vie numérique  sont à l’honneur avec Futur en Seine. Grand messe régionale de la création numérique, ce festival permet la rencontre du grand public avec les principaux acteurs des nouvelles technologies. Du 17 au 25 juin, cinq thématiques sur le Futur sont traitées à travers des ateliers, des conférences et des workshops: le Futur de la Vie, de la Musique et de l’Image, de la Création, des Communications et de la Ville.

LE sujet phare et transverse de ce festival du Futur? L’émergence des communautés de « makers » : autodidactes, de divers horizons, les « makers » bouleversent les modes de création, de fabrication et de distribution traditionnels. Dignes héritiers de la culture du « Do It Yourself » (DIY) et de l’open source, ces « créateurs » investissent des espaces dédiés à l’auto-création et au partage des connaissances afin de nourrir constamment l’innovation.

Né et déjà bien implanté aux Etats Unis, le DIY a émergé avec la culture punk pendant les années 70. Ce mouvement s’inscrit alors en porte-à-faux de la société de consommation et rejette les circuits capitalistes existants au profit de l’indépendance et de la liberté créative.

Aujourd’hui, ces espaces vont au delà de cette philosophie anticonsumériste et intègrent même parfois des logiques business. La philosophie des « makers » part du principe que quel que soit les outils produits, la somme des talents de chacun restera toujours le cœur de l’innovation.  Cette intelligence collective permet de rendre les solutions, les applications, les plateformes de plus en plus performantes : applications Android, design de vêtements, fabrication de bijoux, customisation de meubles… Les produits n’ont jamais été autant revisités et en perpétuelle évolution.

Une des figures de ce mouvement, Dale Dougherty, fondateur de Make Magazine et de Maker Faire, a expliqué lors d’une conférence TED que « l’objectif de ces plateformes est d’encourager la créativité individuelle car elle est porteuse de plus de conscience et responsabilité sociale ». (cf. ‘Makers : Faire Société’ sur Internet Actu).

Ces plateformes, souvent on-line, mais également IRL, réunissent donc une population variée : hackers chevronnés, bricoleurs du dimanche, férus de modélisme etc… tous animés par la volonté de mettre en commun leurs connaissances pour s’enrichir des expériences et savoirs-faires de chacun. Avec un rêve ultime : tout faire soi même ou, tout du moins, améliorer et personnaliser les objets, outils et contenus qui nous entourent. Envie d’apprendre à créer sa machine à laver ou ses vêtements grâce à des moyens d’auto production ? Un maker a peut-être une solution pour vous, il ne vous reste plus qu’à le trouver sur un forum, une foire de maker (Maker Faire) où au Fab Lab de Futur en Seine.

Ces plateformes de démocratisation de l’innovation  constituent indéniablement une valeur future pour les marques qui sauront en profiter. Au delà des pastiches de site permettant une pseudo « customisation utilisateurs » ou des concours de création  sur les réseaux sociaux, les marques de vêtements, de meubles, de bijoux peuvent être  les premières à s’appuyer sur ces communautés de talents afin de véritablement intégrer la co-création au sein de leur processus de fabrication.

C’est en partie ce qu’a commencé à faire Ikea en donnant une vitrine officielle à tous les  makers qui revisitent ses meubles sur http://www.ikeahackers.net. Il ne reste plus qu’à mettre les plus belles idées de ces « hackers du meuble » en rayon !


Crédit photo : Oskay on FlickR


Facebook commence à perdre des utilisateurs aux USA et au Canada

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C’est ce que révèle Inside Facebook qui a observé une baisse d’environ 6 millions d’utilisateurs aux US et 1,5 million au Canada au cours des deux derniers mois.  Même si au niveau mondial la croissance du géant n’est que légèrement ébranlée, (le nombre de nouveaux inscrits dans les pays émergents reste en très forte augmentation), l’information fait mouche… On se demandait un peu si et quand ça arriverait. Et même si la perte peut sembler anodine, elle constitue sans doute un signal intéressant puisque l’érosion vient des pays les plus « mûrs », ceux qui ont vu naître et fait grandir le réseau social.

Facebook arrive donc dans une période de régulation voire stagnation dans les pays précurseurs. Certains y voient déjà les effets de la sacro-sainte courbe de l’innovation (ou courbe de Rogers) et  en déduisent que la durée de l’intérêt pour le site est d’environ 6 ans. Même si cette conclusion est certainement un peu hâtive, elle a le mérite de poser la question de l’intérêt qu’a chacun pour Facebook et de l’évolution de cet intérêt dans la vie de l’utilisateur. Evolution qui impacterait les usages et conduirait à l’abandon progressif de la plateforme. C’est la thèse défendue par Hubert Guillot pour qui la principale faiblesse de Facebook est de réduire les différents niveaux de liens sociaux à un seul type de relation : l’amitié. « Facebook a tendance à tout lisser, mettant sur le même plan le signe social et l’information structurée, le privé et le public, le personnel et le professionnel. » La complexité de la sphère sociale ne se retrouve pas sur Facebook où la séparation en liste d’amis n’est pas intuitive et facilement empoignable par les utilisateurs. A cause de ce mélange des relations, l’utilisateur restreint progressivement sa liberté d’action et d’expression au fur et à mesure qu’il élargit le cercle de ses “amis” à la famille, aux collègues, aux potentielles connaissances… Il adopte le ton du consensus – celui qui n’offusquera personne -, guette le taguage gênant et réfléchit à deux fois avant de cliquer sur le bouton « share ». Il s’est laissé gagner par une forme d’autocensure qui se traduit souvent par une perte d’intérêt pour le site. Certains ne publient quasiment plus rien sur leurs walls, d’autres ne se connectent même plus et les derniers suppriment purement et simplement leurs comptes.

Encore une fois, Facebook n’est pas dans le rouge, la croissance du nombre d’utilisateurs reste forte et les quelques millions perdus en Amérique du Nord pèsent peu de chose sur une balance qui affiche bientôt 700 millions au compteur. Il n’empêche que Mark Zuckerberg est désormais attendu au tournant pour voir s’il saura ou non donner à Facebook l’impulsion du renouvellement qui a manqué à tant d’autres réseaux sociaux.

Le temps passe et passe et passe et pour beaucoup Apple a changé

apple lego Le temps passe et passe et passe et pour beaucoup Apple a changéAlors que tout le monde s’attendait à un nouvel iPhone, Steve Jobs a présenté une tout autre « révolution » le 6 juin dernier lors de la dernière Keynote Apple : la nouvelle version du système d’exploitation de l’iPhone, l’iOS 5 et un nouveau service de cloud computing, l’iCloud. Bon ok, côté révolution on repassera. Nombreux sont les déçus,  Apple nous avait habitué à mieux.

Le nouvel iCloud, par exemple, ne fait que s’inscrire dans la mouvance du cloud computing dans laquelle se sont déjà engouffrés des acteurs comme Amazon, Microsoft ou Google. Le service s’annonce pratique, certes, mais ne mérite certainement pas l’appellation de « prochaine grande idée » (dixit Steve Jobs). Côté iOS 5, la « mise à jour majeure » repose sur dix grandes idées qui empruntent beaucoup aux idées des communautés de développeurs et de jailbreakers qui créent depuis des années de nouvelles applications sur Androïd.

C’est d’ailleurs certainement l’un des grands enseignements de cette Keynote, alors qu’Apple a porté l’innovation cette dernière décennie aussi bien sur les terminaux (iPhone et iPad) que sur les services mobiles (via l’ouverture de l’App Store notamment), la firme s’appuie désormais sur des solutions existantes pour moderniser ses services. Le cercle d’influence est inversé. Ce n’est plus les autres entreprises ou les anonymes chevronnés en développement qui copient Copertino mais bien le staff Apple qui va chercher l’inspiration dans les communautés de développeurs ou à la concurrence. « Apple, simple suiveur » et c’est tout l’écosystème d’une idéologie marketing vieille de 10 ans qui s’écroule.

Et puisque qu’on est dans le registre de l’idéologie, remarquons au passage que le lancement d’iCloud plonge (enfin) Apple dans le World Wide Web. Même si Steve Job a toujours tenu à taxer au maximum les contenus en ligne accessible via les services Apple (applications et musique), avec iCloud, on en viendrait (presque) à croire qu’il se convertit à la philosophie du tout gratuit cher à Internet. Prenez Itunes Match par exemple, ce service vous permet d’écouter en streaming toutes les chansons que vous possédez déjà et ce, qu’elles aient été acquises légalement ou non. Curieux revirement de la part d’une firme qui s’est battue des années durant pour protéger ses contenus à grand coup de licences et de DRM. A croire que, là aussi, la communauté a réussi à faire fléchir la pomme croquée en délaissant Itunes pour des modèles d’écoute en streaming à la Deezer ou Spotify. Pas sûr que les maisons de disque apprécient, il n’empêche que Steve Job apparaît moins comme un gourou et règle maintenant ses pas dans ceux des internautes. Et c’est peut-être ça la vraie révolution de cette Keynote, plus démocratique que jamais.

Please, don’t unplug the Internet

regard sur ordi2 Please, don’t unplug the Internet

Et si tout s’arrêtait? Et si on débranchait Internet ? Et si on nous obligeait à arrêter de communiquer par mail, inbox Facebook, tweets?

Aujourd’hui, mercredi 1er juin 2011, Internet s’est arrêté et avec lui un mode de communication s’est éteint. Depuis que nous nous sommes levés ce matin plus rien ne fonctionne. Au bureau, chacun d’entre nous a essayé tous les navigateurs installés sur son ordinateur, rien ne s’affiche : Firefox- down, Safari- down, Chrome- down, Internet Explorer- down, aucun ne réagit. Sur la page d’accueil de Google, un message d’erreur:

“Internet is over, communication is back to 1.0, we are sorry for the inconvenience but you will have to learn how to communicate again.
You’re back to square one.
Sincerely,
The Internet.”

Un peu abrupte comme fin, pas même un mail pour nous prévenir, ni rien. Interloqués nous nous jetons sur nos téléphones et cherchons à joindre nos proches pour savoir si chez eux aussi : « L’Internet est cassé. »
En effet, partout ailleurs, c’est fini.

Nous recevons des sms de nos clients qui essayent de nous joindre avec désespoir et des journalistes qui ne comprennent pas ce qu’il se passe. Nous parlons avec eux et essayons de trouver des solutions. Débrancher et rebrancher les fils, appeler nos fournisseurs d’accès, redémarrer les machines. Mais non, rien n’y fait. Nous sommes dans le même bateau et il va falloir ramer ensemble maintenant.

Réunion en salle de conférence : la cellule de crise se met en place et avec elle nos premières actions. Nous devons travailler, après tout, le monde ne s’est pas (totalement) arrêté de tourner. Alors nous prenons nos téléphones et fixons des rendez-vous le lendemain avec chacun de nos clients pour déterminer des premières actions à mener.

Nous nous organisons en équipe : « Toi, tu vas chercher le papier aux imprimantes ! » « Toi tu inventories les stylos billes, crayons de papiers, feutres, etc. ! » « Et vous, vous brainstormez pour faire tomber fissa les premières idées et plans d’attaque ! » Nous n’avons plus Internet, mais il nous reste le papier !

En quelques heures, nous trouvons les meilleures idées pour faire en sorte que l’activité de nos clients ne soit pas trop ralentie. Des feuilles de papiers tapissent les murs et fenêtres et les équipes s’installent de véritables camps dans les bureaux. La révolution est en marche et nous sommes organisés. Nous sommes des enfants du digital certes, mais nous reprenons les crayons pour continuer à avancer. Pas question de s’arrêter pour une panne. Certains d’entres-nous ont fait ce métier pendant des dizaines d’années sans Internet et les réflexes reviennent au galop, la pratique ne s’est manifestement pas perdue. La presse et leaders d’opinions n’ont pas de secret pour nous, il faut juste réhabiliter d’anciennes méthodes. Nous survivrons…

Oui mais non, aujourd’hui, mercredi 1er juin 2011, nous sommes arrivés à l’agence et Internet était toujours là et avec lui, sa révolution.


Photo: Copyright 2011 The New York Times Company

Ogilvy PR recrute pour son département Brand Marketing

Notre département Brand Marketing recrute un(e) directeur(rice) de clientèle pour intégrer la croissance enregistrée ces derniers mois et la poursuivre. Diplômé(e) d’une formation supérieure en communication, disposant de 8 ans d’expériences acquises en agence de communication, la personne recherchée est dotée d’une forte culture de marque et d’une bonne expérience en digitale.

equipe brand marketing Ogilvy PR recrute pour son département Brand Marketing

Mais trêve de description de poste barbante, nous avons préféré poser directement nos questions à Charles-Antoine Colomb, directeur du pôle. Échanges.

Charles-Antoine, tu recherches pour ton activité Brand Marketing un(e) Directeur(rice) de clientèle. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton activité ?

Comme tu le sais, l’agence est organisée en deux grands départements – Corporate et Brand Marketing – et deux pôles d’expertise – Editorial et Digital. J’anime donc au Brand Marketing les campagnes d’influence au profit de l’émergence et de la préférence des marques. Nous menons des campagnes de relations presse, de relations publiques et d’influence digitale.

Quelles sont les marques ou les récentes références sur lesquelles ton équipe planche ?

Nous défendons depuis le début de l’année de nouvelles marques comme Bamix, Rosle, Wüsthof, Emile Henry, Grohe, Le Tourisme du Brésil. Elles rejoignent un portefeuille clients composés de comptes internationaux dont nous assurons la coordination comme Sony Professional, Alcatel One Touch, Remy Cointreau, mais aussi de comptes locaux comme Perrier, la Fondation L’Oréal. Enfin, nous sommes l’agence locale de clients internationaux comme LG Electronics ou Zebra.

L’activité connait donc une belle dynamique, c’est la raison du recrutement que tu engages ?

Oui tout à fait. L’équipe compte désormais 8 personnes, il nous faut la structurer pour intégrer la croissance mais aussi pour la poursuivre.

Qu’ont en commun les membres de l’équipe Brand Marketing ?

Tous disposent d’une formation en communication, d’une forte connaissance de la presse, d’une pratique confirmée du digital et d’une bonne culture de marque. Ils ont tous eu une première expérience en agence et parlent anglais couramment. Chacun fait preuve d’un intérêt marqué pour un ou plusieurs secteurs d’activité. Il y a au sein du département une forte culture travail et le plaisir de bosser ensemble est primordial.

Tu peux nous en dire un peu plus sur le profil que tu recherches ?

Je recherche une personne disposant de 8 ans d’expériences professionnelles acquises à la suite d’une formation supérieure en communication, plutôt dans de grandes agences de la place de Paris. Une personne ayant été amenée à piloter des comptes internationaux, avec une dimension digitale.

Et c’est quoi « l’anti-profil » ?

Un besogneux sans talent ! Une personne pour qui l’international représente une contrainte plus qu’une opportunité. Quelqu’un qui ne s’éclate pas dans son job. Une personne qui confond enjeux, objectifs et axes stratégiques. Un pro qui vient chez Ogilvy en étant imperméable à nos pratiques, notre culture, nos valeurs.

De quelles marques cette personne sera en charge ?

Ce n’est pas figé à ce stade. Je préfère affiner le poste en fonction du profil que nous retiendrons. Il y aura probablement un mix d’univers technologiques et grande conso, de la coordination internationale, de l’influence digitale et du PR traditionnel. Et bien sûr de l’encadrement d’équipe opérationnelle.

Et au-delà de ce recrutement, quels sont les secteurs que tu vois monter en puissance en ce moment ?

L’entertainement semble prendre une part croissante.

Le poste est à pourvoir quand ?

Tout de suite !



Candidatures à envoyer à charles-antoine.colomb@ogilvy.com

Charles-Antoine Colomb – Ogilvy PR Paris –32-34 rue Marbeuf – 7508 Paris

Le dernier tweet qui nous parvient…

Cabanes à gazouillis Le dernier tweet qui nous parvient...Une dizaine de jours seulement après avoir révélé la mort de d’Ousama Ben laden, Twitter récidive. Lundi 14 mai, le réseau de micro-blogging a encore été le premier à évoquer l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Plus encore, Twitter s’est imposé comme la première et unique source d’information pour suivre la comparution du patron du FMI devant le tribunal de New-York. Ce jour-là, les télévisions d’information ne sont pas autorisées à diffuser en direct les images du procès. Seule solution pour rendre compte de l’évènement en live : Twitter.

« 11 policiers ds la salle. Il attend son tour. DSK debout devant moi. On lui prend 2 photos d’archi près. Nos regards se croisent », tweete François Dufour (@dufourdufour), rédacteur en chef de PlayBac- éditeur de revues pour enfants, depuis la salle d’audience. Il est parmi les quelques journalistes à avoir raconté en direct la comparution de Dominique Strauss-Kahn. Un véritable succès d’audience. Plus de 40 000 internautes ont suivi ce « live-tweet » depuis le site du Monde.fr.

Twitter, seule source permettant de relater la tenue du procès, précède alors les dépêches. Sur Les chaînes d’information en continu, on ne parle pas de la « dernière dépêche » parvenue, mais du « dernier tweet ». Les sites d’informations, eux, relaient la comparution via le live-tweet. « Suivez en direct sur Twitter l’affaire DSK avec notre correspondant à New York »,  pouvait-on lire lundi dernier sur le site de la Tribune.


Volume des conversations sur Ben Laden et DSK dans les 20 derniers jours

Pour autant, l’ascension effrénée du réseau de microblogging ne se fait pas au détriment des  médias existants. Au contraire, le réseau social amplifie l’action des chaînes de télévisions, radios et autres journaux. «Twitter conduit les gens à se tourner vers les médias traditionnels », analyse Eric Schonfeld sur Techcrunch.  En effet, les internautes ayant entendu parler de la mort de Ben Laden sur Twitter se sont ensuite dirigés vers les chaînes télévisées. De même que lundi soir où, une fois l’audience achevée, les chaînes d’information en continu ont pris le relais de Twitter.

Le changement majeur réside donc avant tout dans l’impact qu’ont ces 140 caractères de temps réel  dans la naissance et la vie de l’information. « Nous donnons l’information brute par un live-tweet, l’image vient ensuite à la télévision pour l’émotion, puis le décryptage et l’analyse viennent dans la presse et la radio », explique le journaliste David Medioni sur son blog avant d’ajouter : « Désormais le direct (via twitter) est devenu la première source d’information. Avant l’image. C’est une inversion totale des règles qui prévalaient dans les médias auparavant ».

Ô Canada, terre de nos twitteux ! (la suite!)

Lors d’un précédent billet, j’ai fait une amorce d’analyse de l’utilisation de Twitter dans le cadre de la campagne pour l’élection fédérale canadienne, scrutin qui a eu lieu le 2 mai dernier. Vu mon éloignement géographique, j’ai dû user de stratagèmes (et ne pas dormir beaucoup) pour suivre les résultats, mais aussi du nouveau iPad 2 de l’agence (je ne pouvais passer celle-là sous silence).  La campagne était annoncée comme la première où les médias sociaux allaient prendre de l’importance. Ce fut presque le cas, mais pas de la manière dont on aurait pu l’espérer. Explications.

En vertu de la Loi Électorale du Canada, il est interdit de « diffuser prématurément les résultats d’une élection », soit avant que tous les citoyens aient eu le temps de s’exprimer.  La même logique s’applique en France où le coup de 20:00 est grandement attendu lors des élections présidentielles.  La différence, c’est que le Canada compte 4 fuseaux horaires et que les bureaux de scrutin ne ferment donc pas tous en même temps. Qui plus est, le mode de scrutin uninominal à 1 tour, jumelé au fait que le gagnant est déterminé par le nombre de circonscriptions gagnées fait que ce détail prend encore plus d’importance tout autre.  A l’ère des médias sociaux, tout citoyen utilisant ces derniers est donc, comme la radio ou la télé, concerné par cette interdiction. En 2000, un blogueur avait été condamné à une amende de 1000$ pour avoir divulgué les résultats avant la fin du crépuscule médiatique. Depuis, les horaires de votation ont été aménagées pour diminuer la durée mais il n’empêche que Élections Canada (DISCLAIMER: l’auteur de ces lignes a été consultant pour cet organisme) a réitéré : toute divulgation peut être passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 25 000$. Sans toutefois mettre en place de moyens de surveillance.  Il n’en fallait pas moins pour inciter les microbloggers, en 2011, à contourner la loi : plusieurs ont parlé de censure, bien qu’elle n’ait durée que quelques heures. Un mouvement était en marche… (on a les révolutions qu’on peut!)

No tweets allowed

source image:  http://www.flickr.com/photos/andrewjbrown

Un site a été mis en ligne (http://tweettheresults.ca/) afin d’inciter les internautes à contourner la loi explicitement. Si le site a finalement été mis hors ligne durant les quelques heures du « blackout » médiatique, l’idée était lancée et rien n’allait arrêter les citoyens qui voulaient diffuser les informations, par ailleurs disponibles dans certains médias locaux. C’est ainsi que, dès 19h (1h du matin en France), les premiers tweets contenant le hashtag #tweettheresults ont commencé à apparaître (au Québec, on dit maintenant mot-clic). Si j’ai commencé à suivre ce flux purement pour voir si les gens allaient ou non l’utiliser et (un peu) pour pouvoir prendre le pouls des premiers résultats, j’ai vite constaté que le flux était incroyable dense et que, clairement, il se passait quelque chose D’un côté, des rigolos qui faisaient des blagues, des bribes de résultats (très) fragmentaires et de l’autre, un phénomène plus intéressant, des américains, britanniques et australiens qui s’offraient pour retweeter impunément les résultats, au nom de la liberté d’expression.

Rapidement, un tweet a fait sensation auprès des usagers de Twitter, au point d’être retweeté plus de 600 fois:

Tweettheresults censored1 Ô Canada, terre de nos twitteux ! (la suite!)

Évidemment, personne d’autre que l’auteur n’avait noirci les résultats et, étant situé à Vancouver, il n’avait certainement pas les bons. Néanmoins, le ton était donné et, le mot-clic allait rapidement devenir un trend national puis mondial (le jour de la mort d’Oussama Ben Laden, il fallait quand même le faire!). Soudainement, le monde découvrait qu’une élection au Canada allait changer la face du pays et que sa population contournait une loi à grande échelle.

Trait d’humour que seul tumblr peut générer (merci à Alex Hervaud pour la trouvaille)

tumblr lkl0fdlAa21qe5h74o1 500 200x300 Ô Canada, terre de nos twitteux ! (la suite!)

Pour mieux suivre l’historique de cette mini révolution canadienne, je vous laisse consulter ce fil Storify:

[View the story "The Great Canadian 'Tweet-in'" on Storify]

J’ai parlé dans mon précédent billet de l’utilisation un peu limitée des partis et candidats durant cette élection.  Ni plus ni moins qu’un « glorified RSS feed », il est finalement devenu un vrai mode d’expression pour une part de plus en plus grande de citoyens. Ces derniers se sont exprimés tout au long de la campagne mais pas nécessairement pour parler de l’agenda prescrit par les partis ou les médias, comme le souligne avec justesse Michelle Blanc, en entrevue au journal le Soleil.

Incapable de dormir la nuit du 2 au 3 mai, j’ai eu du mal à suivre les conversations, tellement nombreuses. Bien sûr, ce n’est rien comparé au mariage royal ou à l’annonce de la mort de Ben Laden, mais qu’un pays de 26 millions d’habitants, dont seulement 200 000 possèdent un compte Twitter (actifs ou non), puisse générer ce volume de tweets sur une période relativement courte est hautement symbolique. Le tableau ci-dessous montre bien que ce ne sont pas les candidats qui ont parlé (283 tweets par 292 candidats) mais des individus, en leur nom, sur des enjeux citoyens. Le niveau de RT (retweet) élevé (plus de 50%) montre que c’est encore une minorité qui parle. Mais cette analyse ne tenant compte que des mots-clics relatifs à l’élection, il y a fort à parier que des conversations ont été mises de côté. Pour en avoir vu plusieurs moi-même, je crois que le volume réel est largement sous-estimé.tweets elections day 20111 Ô Canada, terre de nos twitteux ! (la suite!)Source : http://politwitter.ca/page/election_results

Cette première soirée électorale purement sociale (au sens large du terme) soulève de vrais enjeux et ouvre à de belles perspectives:

En 2008, année de l’élection d’Obama et de la dernière élection canadienne, on avait souligné à quel point le web jouerait plus que jamais un grand rôle. A voir comment les partis canadiens l’ont utilisé en 2011, il y a encore un très grand pas à faire pour arriver au niveau d’excellence atteint par l’équipe de Blue State Digital aux USA. Le prochain grand rendez-vous électoral sera français, en 2012, avec la Présidentielle. Là encore, les stratégies seront scrutées à la loupe et devront être à la hauteur….  Vous pensez qu’ils y parviendront, cette fois ?

Lors d’un précédent billet, j’ai fait une amorce d’analyse de l’utilisation de Twitter dans le cadre de la campagne pour l’élection fédérale canadienne, scrutin qui a eu lieu le 2 mai dernier. Vu mon éloignement géographique, j’ai dû user de stratagèmes (et ne pas dormir beaucoup) pour suivre les résultats, mais aussi du nouveau iPad 2 de l’agence (je ne pouvais passer celle-là sous silence).  La campagne était annoncée comme la première où les médias sociaux allaient prendre de l’importance. Ce fut presque le cas, mais pas de la manière dont on aurait pu l’espérer. Explications.

En vertu de la Loi Électorale du Canada, il est interdit de « diffuser prématurément les résultats d’une élection », soit avant que tous les citoyens aient eu le temps de s’exprimer.  La même logique s’applique en France où le coup de 20:00 est grandement attendu lors des élections présidentielles.  La différence, c’est que le Canada compte 4 fuseaux horaires et que les bureaux de scrutin ne ferment donc pas tous en même temps. Qui plus est, le mode de scrutin uninominal à 1 tour, jumelé au fait que le gagnant est déterminé par le nombre de circonscriptions gagnées fait que ce détail prend encore plus d’importance tout autre.  A l’ère des médias sociaux, tout citoyen utilisant ces derniers est donc, comme la radio ou la télé, concerné par cette interdiction. En 2000, un blogueur avait été condamné à une amende de 1000$ pour avoir divulgué les résultats avant la fin du crépuscule médiatique. Depuis, les horaires de votation ont été aménagées pour diminuer la durée mais il n’empêche que Élections Canada (DISCLAIMER: l’auteur de ces lignes a été consultant pour cet organisme) a réitéré : toute divulgation peut être passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 25 000$. Sans toutefois mettre en place de moyens de surveillance.  Il n’en fallait pas moins pour inciter les microbloggers, en 2011, à contourner la loi : plusieurs ont parlé de censure, bien qu’elle n’ait durée que quelques heures. Un mouvement était en marche… (on a les révolutions qu’on peut!)

No tweets allowed

source image:  http://www.flickr.com/photos/andrewjbrown

Un site a été mis en ligne (http://tweettheresults.ca/) afin d’inciter les internautes à contourner la loi explicitement. Si le site a finalement été mis hors ligne durant les quelques heures du « blackout » médiatique, l’idée était lancée et rien n’allait arrêter les citoyens qui voulaient diffuser les informations, par ailleurs disponibles dans certains médias locaux. C’est ainsi que, dès 19h (1h du matin en France), les premiers tweets contenant le hashtag #tweettheresults ont commencé à apparaître (au Québec, on dit maintenant mot-clic). Si j’ai commencé à suivre ce flux purement pour voir si les gens allaient ou non l’utiliser et (un peu) pour pouvoir prendre le pouls des premiers résultats, j’ai vite constaté que le flux était incroyable dense et que, clairement, il se passait quelque chose D’un côté, des rigolos qui faisaient des blagues, des bribes de résultats (très) fragmentaires et de l’autre, un phénomène plus intéressant, des américains, britanniques et australiens qui s’offraient pour retweeter impunément les résultats, au nom de la liberté d’expression.

Rapidement, un tweet a fait sensation auprès des usagers de Twitter, au point d’être retweeté plus de 600 fois:

http://www.ogilvy-pr.fr/wp-content/uploads/2011/05/Tweettheresults_censored1.png

Évidemment, personne d’autre que l’auteur n’avait noirci les résultats et, étant situé à Vancouver, il n’avait certainement pas les bons. Néanmoins, le ton était donné et, le mot-clic allait rapidement devenir un trend national puis mondial (le jour de la mort d’Oussama Ben Laden, il fallait quand même le faire!). Soudainement, le monde découvrait qu’une élection au Canada allait changer la face du pays et que sa population contournait une loi à grande échelle. Trait d’humour que seul tumblr peut générer (merci à Alex Hervaud pour la trouvaille)

http://www.ogilvy-pr.fr/wp-content/uploads/2011/05/tumblr_lkl0fdlAa21qe5h74o1_500-200x300.jpg

Pour mieux suivre l’historique de cette mini révolution canadienne, je vous laisse consulter ce fil Storify:

[View the story "The Great Canadian 'Tweet-in'" on Storify]

J’ai parlé dans mon précédent billet de l’utilisation un peu limitée des partis et candidats durant cette élection.  Ni plus ni moins qu’un « glorified RSS feed », il est finalement devenu un vrai mode d’expression pour une part de plus en plus grande de citoyens. Ces derniers se sont exprimés tout au long de la campagne mais pas nécessairement pour parler de l’agenda prescrit par les partis ou les médias, comme le souligne avec justesse Michelle Blanc, en entrevue au journal le Soleil.

Incapable de dormir la nuit du 2 au 3 mai, j’ai eu du mal à suivre les conversations, tellement nombreuses. Bien sûr, ce n’est rien comparé au mariage royal ou à l’annonce de la mort de Ben Laden, mais qu’un pays de 26 millions d’habitants, dont seulement 200 000 possèdent un compte Twitter (actifs ou non), puisse générer ce volume de tweets sur une période relativement courte est hautement symbolique. Le tableau ci-dessous montre bien que ce ne sont pas les candidats qui ont parlé (283 tweets par 292 candidats) mais des individus, en leur nom, sur des enjeux citoyens. Le niveau de RT (retweet) élevé (plus de 50%) montre que c’est encore une minorité qui parle. Mais cette analyse ne tenant compte que des mots-clics relatifs à l’élection, il y a fort à parier que des conversations ont été mises de côté. Pour en avoir vu plusieurs moi-même, je crois que le volume réel est largement sous-estimé.http://www.ogilvy-pr.fr/wp-content/uploads/2011/05/tweets_elections_day_20111.jpgSource : http://politwitter.ca/page/election_results

Cette première soirée électorale purement sociale (au sens large du terme) soulève de vrais enjeux et ouvre à de belles perspectives:

  • museler les citoyens ne marche pas. Le Printemps arabe en est une preuve, cette élection (à son échelle) en est une autre. Les lois électorales doivent s’adapter à ces nouvelles donnes, que ce soit au Canada, aux USA (2 pays avec des contraintes géographiques similaires), en France ou ailleurs. Dès lors qu’une information existe, il est carrément impossible de l’empêcher de circuler.
  • les citoyens ont clairement démontré leur intérêt envers les médias sociaux et les résultats électoraux. Si le taux de participation a été légèrement en hausse (de 58% à 61%), le taux d’expression a été décuplé. Cela se concrétisera-t-il par des actions citoyennes ? Les nombreuses campagnes officieuses d’appel au vote n’ont pas semblé obtenir un si grand écho après tout…
  • les nouveaux élus, si ce n’est déjà fait, doivent comprendre que les médias sociaux permettent l’échange, la conversation, le relai et une écoute en temps réel des aspirations des citoyens. Le temps des campagnes menées uniquement à coup de communiqués de presse et de visites dans les soupers paroissiaux est terminé. Ce ne sont plus les seuls outils. Les outils du web permettent une interaction, un travail en dentelle que je n’ai vu nulle part durant cette campagne.

En 2008, année de l’élection d’Obama et de la dernière élection canadienne, on avait souligné à quel point le web jouerait plus que jamais un grand rôle. A voir comment les partis canadiens l’ont utilisé en 2011, il y a encore un très grand pas à faire pour arriver au niveau d’excellence atteint par l’équipe de Blue State Digital aux USA. Le prochain grand rendez-vous électoral sera français, en 2012, avec la Présidentielle. Là encore, les stratégies seront scrutées à la loupe et devront être à la hauteur….  Vous pensez qu’ils y parviendront, cette fois ?

Aux armes web caetera

Liberté webalité fraternité

Attention où vous cliquez, vous risquez d’être attaqué. Par qui ? Par quoi ? Difficile à déterminer, mais selon l’expression de Nicolas Sarkozy, le web doit passer du « Far Ouest high-tech » à l’ère de « l’Internet civilisé ». Lors de ses vœux au monde de l’éducation et de la culture, le président français déclare: « Nous allons mettre sur la table une question centrale, celle de l’Internet civilisé, je ne dis pas de l’Internet régulé, je dis de l’Internet civilisé ».
Quelle différence entre un Internet régulé et un Internet civilisé ? Réguler implique simplement le contrôle  de l’évolution d’un phénomène. Civiliser signifie orienter un mouvement afin qu’il se conforme aux règles de vie en société. Principe protéiforme, par définition en perpétuelle évolution, le savoir-vivre en société invoque des principes moraux pour définir ce qui est répréhensible de ce qui ne l’est pas.

Il est donc assez difficile de trouver une définition à « l’Internet civilisé », alors qu’il est très facile de l’invoquer dès que l’on n’accepte pas certains usages qui en sont fait. L’expression a donc été utilisée indistinctement par Frédéric Mitterand qui estime qu’avec Hadopi  « Il ne s’agit pas de « surveiller et punir » mais de contrôler et de garantir, en d’autres termes de « civiliser » Internet » et par Eric Besson qui juge que « WikiLeaks n’a pas de place dans l’Internet civilisé que nous devons construire ».

Pourquoi utiliser une valeur morale pour légitimer le contrôle d’Internet ? Peut-être parce que les hommes politiques perçoivent qu’internet propage des principes qui vont à l’encontre du fonctionnement de nos institutions et plus largement des schémas structurants la vie en collectivité. L’analyse de Serge Soudoplatoff, éminence grise et grand vulgarisateur des usages d’Internet, sur les ruptures engendrées par internet permet de mieux comprendre cette opposition.

  1. Il n’y a pas de chef sur Internet. Le réseau mondial a été construit et décidé par un ensemble de passionnés sans qu’il y ait de décideur principal. Insulte suprême au système jacobiniste français, internet fonctionne sans hiérarchie.
  2. La valeur n’est pas déterminée par la rareté mais au contraire par l’échange. C’est la magie du bien immatériel. Avant, quand j’avais un invité de plus, je réduisais chaque part du gâteau. Aujourd’hui, tel Jésus aux Noces de Cana, lorsque je partage, je démultiplie.
  3. Le réseau Internet favorise les relations horizontales. Ma voix vaut autant que des millions d’autres et le conseil le plus avisé ne viendra pas nécessairement de l’expert désigné par une autorité mais par celui reconnu par la communauté.

Autant de révolutions qui viennent ébranler le monde de nos dirigeants, qu’ils soient à la tête d’une entreprise ou d’un parti. Accepter les ruptures d’Internet, c’est remettre en cause tout un héritage politique construit sur un champs de têtes coupées. L’esprit fondateur d’Internet est trop éloigné de l’autre Révolution, bien française cette fois.  Mais de cette même Révolution naquit la république moderne, à croire que nos dirigeants oublient que c’est parfois des univers les moins civilisés que naissent les plus belles choses.

illustration réalisée par loppsilol

Ô Canada, terre de nos twitteux ?

VOTE !

Vote by Dean Terry (http://www.flickr.com/photos/therefore/)

La 41ème élection fédérale canadienne est lancée depuis près de deux semaines et les électeurs canadiens sont appelés aux urnes le 2 mai.  Expatrié depuis peu, ce sera la première campagne au cours de laquelle je n’aurai d’intervention directe.  Il s’agit également de la première campagne ouvertement présentée comme « social media » de l’histoire canadienne.

Un contexte politique unique

A l’instar de l’Angleterre, le Canada est une monarchie parlementaire.  En gros, le chef d’État est la Reine Élizabeth II (représentée par le Gouverneur Général) et le chef du gouvernement, le Premier Ministre, est choisi parmi les élus du groupe majoritaire à la Chambre de Communes.  Le rôle donné au Gouverneur général est surtout superficiel et l’essentiel du pouvoir repose dans les mains du Premier ministre, pouvoir lui-même octroyé par la Chambre des communes, seul organe élu.  Depuis 2004, sur 4 appel aux urnes, les canadiens se sont contentés d’élire 3 gouvernements minoritaires de suite : 1 libéral (2004) et 2 conservateurs (2005 et 2008). Or, quand aucun parti n’est majoritaire, le risque d’être en élection est perpétuel.

Une participation faible…

Comme en France lors des dernière cantonales, le taux de désaffection est plutôt élevé.  Le taux de participation est passé en dessous des 70% dès 1993 pour atteindre une déchéance à 58,8% lors de la dernière élection générale canadienne en 2008.  Les médias ont beau à chaque nouveau scrutin rappeler que celui-ci est le plus important ,  le taux  dégringole.  Mais un taux qui dégringole, c’est surtout des gens qui ne vont pas voter, ne serait-ce que pour exposer leur dédain. Si ces gens sont révoltés, ils le font de manière tacite, sans y mettre le moindre effort.  A qui la faute ? Aux politiques ? Aux citoyens ? Aux médias ? Aux institutions ? Probablement à tous ces gens. Mon objectif n’est pas d’y répondre ici…  Je souhaite plutôt mettre de l’avant quelques éléments de cette campagne qu’on espère « sociale ».

Ô Canada, Terre de nos Twitteux ? Pas vraiment …

Jusqu’à présent, on ne peut pas dire que cette campagne soit très 2.0.  A mon avis, Twitter joue dans cette campagne le rôle d’un  « Glorified RSS feed ».  On retweete des articles de journaux favorables, ses communiqués ou ses discours.  On commence à suivre à qui mieux mieux sans se poser les bonnes questions avec un compte qui redeviendra inactif une fois le scrutin passé. Pourtant, cette élection on l’avait vue venir : depuis le dernier scrutin, le parlement pouvait renverser le gouvernement à tout moment et, dans ce contexte, les médias sociaux étaient annoncés comme le nouveau moteur de sortie de vote.

Même ceux qui étaient sur le réseau depuis un moment se font prendre au jeu.  Denis Coderre, l’homme au meilleur Social media score, m’a bluffé en twittant des communiqués de presse ennuyeux à mourir.  Heureusement, il continue à parler de hockey, sa marque de commerce. N’empêche, on sent que le bonhomme est en campagne.  Les conservateurs tirent leur épingle du jeu en dégainant plus vite que leurs ombres en ayant plusieurs comptes officiels et an adaptant bien les messages à leurs cibles, suscitant même des critiques sur un certain double langage, sans parler des allégations de comptes anonymes alimentés par des gens peu scrupuleux  (autre débat que nous aurons l’occasion d’aborder plus tard).  Dans un autre registre d’utilisation douteuse des médias sociaux, une histoire de profilage sur Facebook laisse songeur.

Il reste encore pas mal de temps avant la fin de la campagne, mais je doute que la tendance s’inverse : cette campagne ne sera pas sociale, même si elle utilisera toujours plus les médias sociaux.  On reste en push et les notions de conversations, d’engagement ou de crowdsourcing sont plutôt absentes.  Rien pour stimuler une vraie participation citoyenne, comme peut le faire la chanteuse canadienne Nelly Furtado qui a changé son avatar pour un « Vote May 2nd » et qui relaie les procédures d’inscription à ses followers.

Il n’en demeure pas moins que le « peuple » tend à s’exprimer sur Twitter, notamment avec différents Hashtags:  #elxn41 #fed2011 #elections2011 #cdnpoli (le hashtag de la politique canadienne).   J’ose espérer que les politiques canadiens consultent et analysent ce qui se passe sur Twitter.  C’est, plus que jamais, la chance d’avoir un focus group en temps réel. Pourtant, comme le souligne la chroniqueuse Chantal Hébert, le « danger d’une campagne à deux vitesses avec la classe politique, la presse parlementaire et l’électorat le plus engagé à l’égard de la politique qui s’isolent ensemble dans une bulle virtuelle plus ou moins hermétique au rythme et à la réalité du terrain » est bien réel.  Espérons que ce ne sera pas un vacuum mais plutôt un émulateur.  Les résultats le 2 mai prochain!

Des ressources pour la campagne sur Twitter :

Les comptes des chefs analysés selon les mots employés, l‘évolution de leur followers, ou encore le moment de leur adhésion à Twitter.

L’ultime ressource pour tout savoir des comptes partisans canadiens:  http://politwitter.ca/

Des initiatives inusitées:

Le site Leadnow.ca, inspiré de ce que MoveOn.org avait fait en 2008 pour l’élection présidentielle US

Le site Swing33.ca qui permet d’identifier à quel candidat faire des dons pour défaire le parti conservateur

La campagne Catch22 et celle de PairVote qui permettent de voter stratégiquement afin de favoriser son parti préféré et « échanger » son vote avec un bassin d’électeurs de manière à ne pas « gaspiller » son vote.

Ces initiatives restent dans un flou légal mais ne sont pas formellement interdites par Élections Canada.

Ogilvy se démarque au Grand Prix du Brand Content

Hier soir se tenait le grand prix du Brand Content – deuxième édition en date – récompensant les meilleures stratégies éditoriales de marque et notre groupe a eu l’honneur de se voir décerner 3 prix pour les campagnes Louis Vuitton Legend, Born HIV Free et Europcar Crush hour.

Un palmarès qui fait chaud au cœur et qui traduit surtout la vision d’Ogilvy sur le Brand Content : capitaliser sur la force émotionnelle et assurer une distribution des contenus mixant on/off line pour mieux servir l’histoire racontée.

Et pour ceux qui aurait raté ces campagnes :

The Greatest Game (trophée d’or) – OgilvyOne pour Louis Vuitton

The greatest game Ogilvy se démarque au Grand Prix du Brand Content

A l’heure de la coupe du monde, Louis Vuitton nous plonge dans une rencontre en toute  intimité avec trois des plus grands footballeurs de tous les temps : Zidane, Maradonna, et Pelé. Entre confidences et parties de babyfoot, l’internaute mène la danse et se sent véritablement à leurs côtés.

Born HIV Free (trophée d’or) – Neo@Ogilvy & Ogilvy Public Relations pour le Fonds Mondial

Avec cette campagne de mobilisation européenne, le Fonds Mondial entend focaliser l’attention des peuples sur la possible éradication de la transmission du VIH de la mère à l’enfant dans le monde entier d’ici 2015.


Crush Hour (trophée de bronze) – Ogilvy & Mather pour Europcar

Et si avoir sa propre voiture était plus un fardeau qu’une réelle source de plaisir ? Avec cette campagne décalée, menée en partenariat avec NRJ, Europcar invite les automobilistes à porter un nouveau regard sur une mobilité plus durable.