Les maires, le web et l’info : de l’incertitude aux pratiques éditoriales

Les maires de France se connectent-ils au web ? Question incongrue s’il en est, n’empêche que nous nous la somme posée un certain temps. Et pour cause, pour une agence d’influence qui ne cache pas ses amours pour les sphères digitales, connaître le taux de connexion des élus locaux, leurs usages du web et la vision qu’ils portent sur les médias en ligne est évidemment essentiel.
Que faire ? Même si nous ne pouvions pas répondre précisément à cette question, des signaux faibles étaient perceptibles : la prise de parole en ligne d’élus locaux et la multiplication des sites officiels des communes, leur présence croissante sur les réseaux sociaux… Tous ces éléments, même s’ils étaient discrets, suggéraient que les maires et conseillers municipaux avaient pris conscience de l’importance des médias en ligne. Fort de ce constat et avec le soutien de la Caisse d’Epargne, nous avons lancé il y a plus d’un an Actionscommunes.fr, le portail d’information spécialisé en finance locale qui vient relayer un magazine du même nom.
Quand soudain ! Mi-novembre 2009, Orange et le Journal des Maires révèlent l’étude « Internet et ses usages vus par les maires et les citoyens » ; réalisée par l’institut de sondage BVA .
Tous les maires interrogés déclarent utiliser internet dans le cadre de leur fonction. C’est le cas, plusieurs fois par semaine, de tous les maires des villes de plus 10 000 habitants et de 83% des maires des villes de moins de 2 000 habitants. Les communes sont largement dotées d’un site internet (84% des maires interrogés), ce qui représente un résultat en forte augmentation ces dernières années.
Surprise ! Les maires sont « branchés ». Et en ce sens nous avons enfin des statistiques tangibles pour appuyer notre stratégie.
Et donc ? Passé ce constat, l’étude ne nous apprend malheureusement pas grand-chose sur les usages des maires sur Internet : si “83% des maires utilisent internet dans le cadre de leur fonction“, reste à savoir ce qu’ils y font… Il serait dangereux de déduire que les maires s’informent plus que sur le web et inversement, camper sur l’idée que les élus n’ouvrent plus la PQR « papier » serait tout aussi stupide.
Nous voilà bien avancé… En un sens, les enseignements « médias » de cette étude sont assez pauvre, oui. Il y a cependant une conclusion logique à tirer de cette série de chiffres : les maires de France sont des gens normaux. Entendons par là que leur consommation du web est similaire à la moyenne de la population. Comme tous les citoyens, les élus sont donc touchés par les bouleversements médiatiques en cours.
Ca change quoi au final ? Face à ce constat, notre enjeu est d’accompagner cette cible spécifique dans le changement. C’est pourquoi il n’est pas question d’abandonner les médias papier dans un autodafé ultime, l’apostasie du print nous sied assez mal de toute façon. Non, notre objectif est d’assurer la disponibilité des contenus quelque soit le support (print et web) et surtout de suivre les mutations de l’écosystème informationnel amorcé par les médias on line :
- Assumer la logique de flux en assurant la portabilité des contenus.
- Devenir un filtre informationnel qualitatif en relayant à nos lecteurs, noyés dans l’hyperinformation, les news publiées sur d’autres plateformes.
- S’inscrire dans une logique de diffusion horizontale en poussant nos contenus dans la timeline informationnelle de notre cible, via les réseaux sociaux notamment.
- Engager la discussion avec les décideurs locaux, les aiguiller sur une thématique donnée et répondre à leurs éventuelles interrogations.
Un enseignement à tirer ? Très certainement ! L’analyse statistique quantitative est utile : elle précise les convictions et assoit les arguments mais ne saurait en aucun cas révéler une tendance de fond. A nous, veilleurs insatiables, de transformer « l’air du temps » en pratiques tangibles.
Pearltrees : un nouveau client, une nouvelle promesse
Pearltrees, le réseau d’intérêts collaboratif qui révolutionne l’organisation du web vient de choisir Ogilvy PR pour accompagner son développement et valoriser les nouveaux usages qui se construisent au sein de l’outil.
Nous suivons avec attention Pearltrees depuis des mois : d’abord parce que les start-up françaises qui investissent le web social ne sont pas légions mais surtout car nous avons tout de suite été séduit par la promesse de Pearltrees : offrir une nouvelle organisation démocratique des contenus du web. Tout le service a donc été formé à l’utilisation de Pearltrees et s’en sert désormais quotidiennement pour suivre sa veille, classer les retombées média, rechercher de nouveaux interlocuteurs et, au-delà du professionnel organiser le monde de ses intérêts : mode/design/lifestyle pour Trang, geekerie/buzz/marketing pour Tristan, social media/journalisme pour Laurent, BD/média/musique pour Antoine et série TV/blogs/influence pour Eric.
Après seulement quelques semaines d’utilisation, nous nous apercevons vite de l’atout majeur de ce réseau : face à l’infobésité de Google qui ne fait émerger qu’une partie infinitésimale des contenus en ligne, Pearltrees permet d’organiser le web dans toute sa profondeur. Avec Pearltrees, tout le monde peut de créer son web selon ses intérêts et le partager avec sa communauté. En cela, Pearltrees ouvre une nouvelle ère du web : après la production de contenu par les internautes cher au 2.0, l’heure est à l’organisation des contenus par ces mêmes personnes.
Nous sommes donc particulièrement fiers et enthousiastes d’avoir été retenu par Patrice Lamothe (CEO) et François Rocaboy (CMO) pour mettre en lumière les prouesses de Pearltrees : un outil à la pointe de l’innovation technologique et un réseau infini où chacun trouve son intérêt et retrouve ses intérêts.
Autour de Pearltrees :
- Blog Pearltrees : http://blog.pearltrees.com/
- Twitter Pearltrees : http://twitter.com/pearltrees
Notre pearltrees d’agence
Perrier : un changement des mécanismes de pression médiatique
Flashback, décembre dernier.
Perrier décide, à l’occasion des fêtes de Noël, de rediffuser un film de 1976 sur les écrans, “La Main”, couplée à un dispositif digital de « branded content ».
Frédéric Levron, Directeur du digital d’Ogilvy & Mather, résume dans Satellinet l’univers de “La Main” :
“Il s’agit d’un film datant de 1976 qui érotisait la bouteille de Perrier avec une main la caressant jusqu’au jet final. à l’époque, le spot avait créé un scandale : trois jours après sa sortie, il était interdit. Nous avons décidé de le conserver en l’état, avec son aspect vintage. Peu de marques peuvent se permettre de puiser de cette façon dans leur portefeuille créatif avec le même impact 30 ans plus tard.”
Tout un univers d’amplification de l’histoire est conçue. Un site dédié qui regroupe des castings imaginaires de cette fameuse Main, un calendrier sexy, une main en vente sur eBay, des ombres chinoises, un vrai faux documentaire qui interroge cette Main 20 ans après..
Une base solide qui capitalise sur la force de la marque et de ce qu’elle évoque. Au-delà du contenu, d’un point de vue RP, c’est bien la nouvelle organisation des mécanismes de pression médiatique qui a été révélatrice.
D’abord la mise dans la confidence d’une communauté d’influenceurs et de fans de la marque, découverte grâce à un travail de cartographie minutieux.
Ensuite, une proposition de valeur : avoir en avant-première accès à l’ensemble du dispositif, permettre aux influenceurs et à leurs “paréas” de donner leur avis, de diffuser le contenu, de se l’approprier en quelque sorte. De devenir les actionnaires de la réputation de la marque.
Les conversations initiées ont éveillé la curiosité d’observateurs du web d’abord, de rédactions en ligne ensuite, puis de chroniqueurs et JT en télé. Résultats : des dizaines de milliers d’accès au site web, des milliers de « fans » conduits sur une page dédiée sur Facebook, afin de garder un lien durable entre la marque et ces publics. Cette boucle médiatique a permis d’attirer un public plus large : préparation de l’histoire par les “premiers” influenceurs. Arrivée des internautes par le bouche-à-oreille. Soutien média générant une masse critique d’individus. Consécration de “La Main” comme sujet à part entière pour certains médias dits traditionnels. Captation du grand public de façon durable.
L’ensemble des conversations initiées étaient suivies en temps réel, afin d’apporter les réponses aux questions posées par les internautes, afin de mettre à disposition le matériel le plus pertinent. Bref, d’optimiser la conversation.
Si on devait résumer ce qui s’est passé autour de cette fameuse main Perrier, on peut essayer de modéliser le sujet comme suit :
A voir ensuite la relation dans le long terme : l’objectif n’est pas de faire un “coup” puis de laisser aller, mais bien de prolonger durablement les échanges entre une marque et ses publics.
LG-One powered by Ogilvy PR
LG Electronics change d’agence de RP et a choisi pour la France Ogilvy PR qui travaillera sous la marque « LG-One ».
Pour répondre à un enjeu de consolidation de ses agences au niveau mondial, LG Electronics a retenu un partenaire unique pour la gestion de ses RP.
Avec 84 filiales dans le monde, pas simple de trouver un groupe avec une présence égale. WPP a créé pour l’occasion une équipe multi-agence dédiée : LG-One.
En France, c’est Ogilvy PR qui a été choisie ! Entre expertises sectorielles, compréhension des enjeux de la marque, approche des PR, parcours des membres de l’équipe, Ogilvy PR a su convaincre LG Electronics.
C’est Constance Winia qui pilote l’équipe de 4 personnes composée d’Hortense Grégoire, Tamara Jullien et Aurélien Marchand. Equipe qui bénéficiera du soutien d’Eric Maillard et de Charles-Antoine Colomb.
Avec cette nouvelle collaboration, la volonté est de renforcer la lisibilité de la marque, de donner à « Life is good » une véritable résonnance, de faire vivre les attributs de la marque :
- Une harmonie parfaite avec le style de vie
- Une technologie utile et maline
L’agence aura a cœur d’événementialiser la communication de LG au travers d’expériences dédiées aux divisions produits –Electronique grand public, Téléphonie Mobile, Electroménager, Solutions de chauffage, Solutions professionnells- mais aussi d’univers forts comme le cinéma ou la Formule Un.
Life is good for Ogilvy PR !
Quand le Stylo fuit : une belle gestion du leak par Gorillaz
Une fois n’est pas coutume, parlons musique sur ce blog PR. C’est Vacarm qui relaie l’info du moment : Gorillaz, le groupe de trip-hop/dub qui se cache derrière des avatars en 2D, s’est fait pirater son dernier single « Stylo ». La fuite a été annoncée le 20 janvier par Murdock Nicalls, le bassiste de la bande, sur son compte twitter.
Ni une ni deux, le titre a été mis en écoute sur le site officiel du groupe ainsi que sur Youtube pour éviter une propagation “non contrôlée”.
Dans l’écosystème socialweb où la préservation du secret relève chaque jour un peu plus de l’impossible, le groupe vient de nous donner une belle leçon de gestion du leak. Alors même qu’Apple feint d’ignorer le polichinelle autour de sa tablette qui sera selon toute probabilité révélée le 27 janvier prochain, Gorillaz n’hésite pas à faire contre mauvaise fortune bon cœur en diffusant illico le titre à sa communauté de fan.
Il faut dire que ces musicos sont des pros du mystère, depuis la fin des années 90, ils ont fait le choix de se cacher derrière des avatars virtuels pour diffuser leurs mélodies. Cette stratégie savamment orchestrée les a poussés à développer très tôt leur visibilité en ligne et à construire une relation de proximité avec leur public sur le web social, média parfaitement adapté pour incarner leurs personnages. Fort de cette expérience, ils ont su mesurer l’importance des liens qui les unissent à leurs communautés de fan. Et c’est aussi grâce à elle qu’ils ont pu retourner une situation de crise et profiter de ce « coup dur » pour tisser une relation encore plus affective avec leur public : Feel Good Inc, en somme ;)
Pour une vraie valorisation des relations publiques
« Nous ne sommes pas une agence de relations presse mais une agence de relations publiques »
« Vous voulez dire une agence de RP ? »
« C’est bien ça !»
Sans doute avez-vous déjà entendu cette conversation ou peut-être même avez-vous participé à ce dialogue de sourds (dans le deuxième cas, vous méritez un blâme).
Cette conversation dénuée d’intérêt dure depuis plusieurs décennies (je peux attester de la dernière) et n’est pas prête de décoller si les parties prenantes ne font pas plus d’efforts pour se comprendre et argumenter !
Et pourtant cet échange a l’intérêt de soulever au moins deux questions :
Pourquoi les agences emploient-elles 80% de leur énergie à valoriser 20% de leur activité ?
Pourquoi les agences manquent-elles à ce point d’arguments pour se positionner ?
Prendre de la hauteur
Si l’on en croit le guide Stratégies, 90% des agences privilégient l’appellation « Relations Publiques » pour définir leur activité alors que la majorité ne cible que rarement d’autres leaders d’opinion et le plus souvent avec des techniques empruntées aux relations presse !
En revendiquant le positionnement de relations publiques, bien des agences cherchent à affirmer leur capacité à réfléchir à des stratégies avant de s’engouffrer dans des plans d’actions.
On y verrait plus clair si les pure-players relations presse ne tentaient pas d’usurper un autre positionnement. Pourquoi ne pas consacrer son énergie à définir plus finement leur métier ou à l’exécuter avec plus d’intelligence.
Le Public Système a par exemple qualifié son offre de « relations médias », insistant sur leur capacité à cibler les médias dans leur pluralité– presse écrite, on-line, audio-visuel.
L’agence Elan n’hésite pas à parler de « media planning » quand ses consultants concoctent avec minutie leurs plans de prolifération de l’info.
Incarner ses expertises
On y verrait plus clair si les acteurs de relations publiques incarnaient davantage leurs expertises, en dépassant les discours théoriques, en donnant à voir sur les dispositifs et les résultats obtenus.
Il y a en effet tant à faire pour les entreprises auprès des publics qui constituent leur écosystème.
- # Comment une entreprise dans le domaine de l’électronique ou du tourisme peut-elle ne pas cibler les influenceurs digitaux ?
- # Comment un acteur sur un marché émergent ou décrié peut-il faire l’impasse sur les associations de consommateurs ?
- # Comment une marque de premier rang peut-elle ignorer les communautés de fans (ou ses détracteurs) ?
- # Comment une filiale commerciale peut-elle ne pas considérer ses revendeurs comme des ambassadeurs de premier plan ?
Ogilvy PR a choisi de se positionner sur le territoire de l’influence, sans limite d’audience.
L’agence a choisi de le faire avec quelques atouts en main : une équipe planning stratégique, des expertises verticales, une forte compétence éditoriale, une dimension événementielle.
Si l’on attribue volontiers à Ogilvy une forme d’expertise en influence digitale, notre responsabilité est de ne pas se restreindre à ces sphères bien balisées mais de toujours appréhender l’ensemble des audiences de nos clients.
Quelques clichés d’étonnement
Tamara a rejoint l’agence il y a un peu plus d’un mois maintenant. Passionnée de photographie, c’est boitier à la main qu’elle a décidé d’arpenter les couloirs et bureaux de l’agence et de nous faire part de son regard sur son nouvel univers de travail chez Ogilvy.
L’information hyperlocale : un nouveau terrain de jeu pour le journalisme citoyen

En France, les premiers sites d’informations locaux émergent tranquillement dans le paysage médiatique en ligne et se constituent une audience notable. Certes leurs modèles économiques sont encore un peu fragiles mais les lecteurs sont fidèles et accordent leur confiance à ces web-médias locaux.
L’ouverture à l’actu locale du mastodonte Google News, l’inauguration de l’information blocale (permettre à des beatbloggers de publier de l’info de proximité) de The Guardian ou le succès grandissant des sites de la PQR française (plus de 8 millions de visites par mois pour l’ensemble des titres régionaux) sont autant de signaux forts qui traduisent l’engouement général pour ce nouveau terrain de jeu médiatique.
Et Outre-Atlantique ? Quid de la toile médiatique américaine connue pour avoir 2 à 3 ans d’avance sur celle du vieux continent ?
« Think Global, Act Hyperlocal »
Aux Etats-Unis, l’heure est au traitement de l’hyperlocal. Quoi de plus normal ? Le marché de l’info à l’échelle de l’Etat ou de la métropole est saturé depuis longtemps, l’avenir est à la vie de quartier, à la mise en perspective d’évènement d’ampleur vu de son pâté de building.
Et dans cette nouvelle arène, les modèles divergent et manipulent de savantes équations mêlant business models, journalisme citoyen et usage du web pour aboutir au média parfait.
Trois acteurs sur le terrain de l’info de proximité
Sur son Medialab, Cécile – étudiante en digital media journalism à Columbia - nous dresse le portrait de trois acteurs qui ont choisis d’investir le terrain de l’info de proximité :
- Patch, tout d’abord, est l’un des services pionniers du secteur. Il offre une galaxie de médias hyperlocaux créés sur un modèle graphique commun mais disposant chacun de leur propre rédaction.
- Le New York Times a, de son côté, lancé une expérience de blogging hyperlocal « encadré » par des journalistes à travers deux nouveaux blogs : For Green – Clinton Hill vous informe sur un coin de Brooklyn et Maplewood – Millburn – South Orange relatent les news du New Jersey. Mary Ann Gordano qui supervise ces blogs explique l’objectif de sa démarche : « le but ultime, c’est que la communauté soit couverte par les gens qui y habitent, supervisés par des journalistes et des stagiaires du NYT ».
- Enfin, DNAinfo a fait le choix de l’agrégation de contenus existants sur différents blogs ciblés auxquels vient s’ajouter du contenu « exclusif » rédigé par la rédaction.
Le couple journaliste - citoyen au cœur de l’info hyperlocale
Au-delà du changement d’échelle évident qu’imposent ces nouveaux médias hyperlocaux, il est intéressant de noter la place laissée aux producteurs de contenus non-professionnels dans ces nouvelles structures.
Après tous les débats autour du journalisme citoyen, voilà que le traitement de l’info hyperlocale ne semble prendre toute sa mesure que si elle est traitée par le citoyen qui vit au cœur du quartier : lui seul peut apporter une quelconque caution aux faits qu’il traite puisqu’il les vit. Le journaliste assiste, ajoute une touche de professionnalisme, mais ne peut à lui seul traiter l’info sans remettre en cause les fondements de ces médias hyperlocaux.
Au final, l’hyperlocal réussit avec brio la synthèse des UGC (User Generated Content) et des contenus professionnels et prouve - s’il le fallait encore - que l’avenir du traitement de l’info en ligne ne peut se faire que grâce à une coopération étroite entre journalistes et citoyens-rédacteurs.
Quid de ces mutations pour nos pratiques RP ?
Il est certainement encore trop tôt pour se prononcer. Gageons juste que les influenceurs vont se diversifier encore plus mais seront certainement plus difficile à identifier. Surtout, l’hyperlocal au sens large est aussi une formidable opportunité. Ce traitement de l’info nous offre une nouvelle approche au coeur de la vie quotidienne des citoyens et permet de cibler plus pertinement les plans que nous élaborons.
Un kindle au 40 de l’avenue George V

Travailler en RP, ça implique qu’on lise beaucoup de journaux, vraiment beaucoup. Alors naturellement, on est attentif aux nouvelles pratiques de lecture. Non seulement parce qu’à terme, elles changeront sans doute notre métier mais aussi parce que nous en sommes les premiers consommateurs.
Alors quand le Kindle a été disponible à la livraison en France, certains à l’agence n’ont pas résisté à la tentation de le tester.
Pourquoi faire un article ici sur le Kindle ?
Parce qu’à la différence des autres liseuses électroniques, le kindle est relié au réseau en 3G, vous pouvez donc y télécharger certains journaux pour les lire. « Certains journaux », parce que pour l’instant, en langue française, seuls les quotidiens « le Monde » et « les Echos » sont disponibles. Mais si vous souhaitez lire la presse anglaise, un dictionnaire est préinstallé et pourra vous y aider.
Ce qu’on en pense à l’agence ?
D’abord, c’est un bel objet, on a tous été d’accord. Le blanc mate rappelle l’univers Mac, le dos en alumium rappelle l’Iphone.
Il est quand même un peu grand, m’a fait remarqué une collègue, ajoutant joliment « le kindle, c’est un objet masculin, c’est fait pour les grandes mains ».
En termes de confort oculaire, grâce à l’encre électronique, la lecture ne diffère pas vraiment de celle d’un livre ou d’un journal normal, c’est vraiment appréciable.
Dans les RP au quotidien ?
Plus besoin d’attendre d’être arrivé à l’agence pour lire le journal, on peut profiter du métro pour prendre de l’avance dans la revue de presse quotidienne. Le Kindle possède de plus un petit moteur de recherche qui permet de savoir très vite si on parle d’un de nos clients dans les journaux du jour.
On peut aussi surligner des passages, annoter des passages pour les reprendre plus tard. Utile pour la revue de presse améliorée par exemple.
Les limites ?
Deux quotidiens, ce n’est pas beaucoup. Et si on peut avoir accès aux notes prises sur un livre depuis internet, ce n’est pas possible pour les journaux. Dommage.
De manière plus générale, la non-intégration au réseau est un problème. Non-intégration, car le kindle n’est pas interopérable avec les autres systèmes. Je vois un article, je prends des notes mais je ne peux pas récupérer ni l’un, ni l’autre sur mon ordinateur. Il faudrait que je cherche l’article sur le site internet du journal pour ensuite l’envoyer par mail. Le Kindle n’est pas un outil de travail collaboratif, et pour le travail en agence de RP, c’est un gros défaut.
« La rédaction ne se déplace pas »

09h25 : Le début de la conférence de presse est programmé pour 09h30. Les journalistes ne sont pas encore tous arrivés. Il en manque la moitié. Une inquiétude commence à se lire sur le visage de l’attachée de presse qui s’empresse de retrouver un sourire rassurant (quelque peu forcé) au moment où elle croise le regard interrogateur de son client.
09h30 : Il en manque encore certains. 1/3 environ. Le coup d’envoi de la conférence de presse est lancé. Un reflexe : prendre son téléphone et appeler les retardataires “Ou êtes vous ??”
C’est à ce moment que tout se joue. Les dés sont jetés. Tous les ingrédients sont réunis pour réussir le super jack pot : travail assidu sur le contenu de la conférence de presse, choix pertinent des speakers, travail de fond et de forme sur l’invitation presse, détermination des messages clés et des angles d’accroche, session de relances pour finir sur un rappel du lieu et de l’horaire aux journalistes confirmés la veille du jour “J”… Mais lorsqu’il est 09h34 et qu’il manque encore 1/3 des journalistes, peu importe le travail fourni en amont, la foule marquera une réussite et le manque de journaliste un loupé.
Voilà ce à quoi les attaché(e)s de presse sont confronté(e)s : L’appréhension de devoir faire face à ce « loupé ». Longtemps considéré comme un moyen de communication très efficace (voir inévitable), la conférence de presse perd peu à peu de son attrait. Aujourd’hui, assurer une vingtaine de personne à une conférence de presse, même pour des clients de renoms, est devenu un véritable challenge. Les journalistes sont sur sollicités et prennent souvent le pari de ne pas se déplacer faute de temps ou d’un réel intérêt pour le sujet.
Les journalistes reçoivent une vingtaine d’invitation par semaine, qui les convient à différents événements presse. Lancements produit, salons, fêtes d’anniversaire … sont autant de prétextes qui « légitimisent » la mise en place d’une conférence de presse. Ils doivent donc faire des choix. « La rédaction ne se déplace pas » est devenue une de leurs répliques favorites.
Surtout qu’ils sont moins nombreux. La crise de la presse ne les a pas épargné et a entrainé une fermeture des rédactions ajoutée à une baisse des effectifs. La pratique du Pick&Run “je passe … en coup de vent!” vit ses moments de gloire…
Mais l’autre vraie raison d’un « loupé » est le manque d’intérêt vis-à-vis du sujet proposé. Pour rappel, le format « conférence de presse » consiste à dévoiler une même information à tous les médias en même temps. Sauf que ce format occulte un facteur primordial : Les medias sont multiples et divergents et une télé, une radio, un quotidien, un hebdo ou un mensuel n’ont pas du tout le même temps de réaction par rapport à l’actualité…A titre d’exemple, une information chaude pour un hebdo ne sera pas nécessairement une information chaude pour un mensuel…
Alors que faire ? Bien évidement (ou malheureusement) il n’existe pas de solution miracle. Seulement une conviction : revoir les formats habituellement adoptés. Aujourd’hui, être adaptable, à l’écoute des besoins des journalistes et privilégier les contacts personnels priment sur les événements de « masse ». Une annonce de partenariat ? Pourquoi ne pas proposer une interview en exclu à un média clé? Une annonce produit dans le domaine de l’agroalimentaire ? Pourquoi ne pas préférer une tournée des rédactions ou un portage produit directement chez les journalistes ? Il n’y a pas une seule façon de promouvoir une marque ou un produit mais une multitude et il serait parfois plus pertinent de rompre avec les formats classiques et de laisser une chance à la créativité de s’exprimer…










