L'auteur

Chef de Projet Junior, Pôle Corporate Violaine a rejoint Ogilvy PR en 2012 en tant que Chef de Projet junior. Chez Ogilvy PR, elle travaille pour le compte du cabinet d’avocat Jones Day, pour Alstom Grid, Nestlé Health Science , Aragon-eRH et SGI. Lors de ses précédents stages, Violaine a travaillé pendant un an pour les relations presse de la designer de bijoux de luxe Isabelle Langlois. Elle a ensuite rejoint les équipes de Celio en République Tchèque avant de travailler chez Schneider Electric en apprentissage au sein du département des Relations Presse & Publiques Corporate du Groupe. Violaine est diplômée du Master 2 de Marketing et Communication des Entreprises de l’Université Panthéon Assas. Elle est par ailleurs titulaire d’un Master de Lettres Modernes appliquées à Paris Sorbonne – Paris IV .

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Boston, stop à l’explosion des photos trashs !

Le 15 mars dernier, alors que plus de 26 000 personnes participaient au marathon de Boston, deux bombes ont explosé près de la ligne d’arrivée. Au bilan, trois morts et une centaine de blessés.

Au lendemain matin de ce drame, seul le quotidien l’Equipe relaie l’information en Une. Mais dès le début d’après-midi, le Monde édite à son tour sa Une sur le sujet : du sang, de la panique, une violence insoutenable. L’image n’est pas des plus soft. Certes, le Monde n’est pas le premier à relayer cette image, il reprend la Une du Miami Herald mais rajoute le film intégral de l’explosion sur son site web. Le Nouvel Observateur, quant à lui, publie ce matin les photos-clés du drame, dont celle d’un blessé amputé.

Au moment des explosions de Boston, un tremblement de terre en Iran faisait 48 morts, mais cela, personne n’en a vraiment parlé. Il faut dire que cette information est à peine audible, cachée par la multitude de photos et de vidéos du drame de Boston, postées par les internautes américains sur les réseaux sociaux et relayées avec empressement par les médias internationaux.

La Une du National Post, par exemple, reprend une photo extrêmement violente du drame, postée par Rihanna sur les réseaux sociaux via Instagram. Elle provoquait l’engouement des internautes sur Twitter, donc, évidemment, elle avait de grandes chances d’avoir sa place dans la presse.
Or, ces temps-ci, les photos violentes et les blagues douteuses pullulent sur le web selon Guy Birenbaum, chroniqueur sur les réseaux sociaux pour Europe 1 : « Prenez la mort… Ce tabou absolu de nos sociétés ; elle permet à de vraies hyènes de déchirer les défunts, sans vergogne.[…] Mais là, mon espace (donc le vôtre) est cannibalisé par une violence, un bruit que je supporte de plus en plus mal », écrit-il le 15 avril dans le Huffington-Post.

Limiter la violence des images dans les médias sociaux, une réflexion à mener

Face à ce déballage morbide, une question évidente se pose : peut-on censurer la violence dans les réseaux sociaux tout en garantissant la liberté d’expression de chacun ? L’équation est difficile à résoudre.

Or, cette violence a un impact sur la société et, notamment, sur les plus jeunes selon Denis Duclos, sociologue et directeur de recherches au CNRS : « L’habitude du spectacle à la fois banalisé et dramatisé de la violence, aurait anesthésié les sens critique et civique des plus jeunes. Cette diffusion massive de la violence conduirait l’adolescent, émotionnellement vulnérable, à légitimer de nouveaux modèles susceptibles de flatter ses penchants narcissiques et d’encourager ses pulsions sexuelles ou agressives », explique-t-il.

Les médias traditionnels pourraient, eux, jouer un rôle et ne pas encourager le voyeurisme de ceux qui sont fascinés par la violence. Comment ? En limitant la divulgation de vidéos, d’images ou de témoignages insoutenables. Certes, le souci de vérité “sans vernis ni censure” est le premier principe d’un journaliste. Pour autant, une information peut être véridique et des images fortes, sans tout montrer.
Preuve que la réflexion mérite d’être menée, la Commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat a publié le 15 janvier 2013 un cycle d’auditions sur “la violence dans les médias audiovisuels et ses conséquences sur les enfants et la société” : « Au sortir de l’adolescence, un jeune adulte a sans doute vu plus de cadavres dans les séries télévisés qu’il ne sera confronté à la mort tout au long de sa vie réelle. Les évolutions technologiques rendent accessibles ces scènes de violence à tout moment et sur tout support numérique (…) la télévision ne doit pas s’affranchir de sa responsabilité en la matière », explique le rapport.

Une première initiative qui, sait-on jamais, pourrait déboucher sur un projet de loi ! En effet, si l’affaire Cahuzac a permis de prendre conscience de la nécessité de moraliser le pouvoir politique, pourquoi ne pas également mener une réflexion sur le traitement de l’information par les médias sociaux et traditionnels ? Respecter la liberté de la presse est primordial mais, à mon sens, des actions doivent être menées pour limiter les images trop violentes dans les médias.

Affaire à suivre !