L'auteur

Charles a rejoint le pôle Brand Marketing d’Ogilvy PR en 2010 en tant que Chef de projet. Diplômé de l’EFAP Paris (Ecole Française des Attachés de presse et des métiers de la communication), il avait au préalable suivit une formation en Géographie et développement durable à l’Université de Rennes. Au sein d’Ogilvy PR, il a travaillé sur des comptes de relations presse traditionnelles tels que Sony Professional, BFM TV, Le Fond Mondial, pour la campagne Born HIV Free. Il est également intervenu sur des programmes d’influence digitale pour Perrier et sur des missions d’analyse de l’opinion pour le gouvernement Mexicain.
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The Filter bubble en question

Le concept « Filter Bubble », défini par Eli Pariser dans son livre éponyme, explique de quelle manière notre usage d’Internet tend à réduire le nombre de facettes du prisme à travers lequel nous percevons l’information.

Algorithmes et plateformes sociales limiteraient le nombre de sources auxquelles nous sommes confrontés. Comment? En utilisant notre historique de navigation pour affiner les résultats pour les moteurs de recherches et en privilégiant une curation par des connaissances ayant une forte propension à partager nos points de vue pour les flux sociaux.

Pour bien comprendre, je vous invite à lire la page Wikipédia en anglais ou en français ou à écouter les arguments d’Eli lors de son TED, ci-dessous.

 

Dans un premier temps, je dois dire que j’étais plutôt séduit par sa démonstration. Jusqu’au jour pas si lointain où je suis tombé sur ces propos de Dick Costolo, CEO de Twitter, repris dans cet article de Slate.com :

«(…) Now, with Twitter, people want to know what everyone else thinks and we’re getting this inside-out, multi-perspective view of what’s going on right now as it happens from everybody else that’s watching the same thing we’re watching (…). »

Son point de vue est donc l’opposé du concept de filter bubble puisqu’il soutient que Twitter permet aux utilisateurs de se confronter à un large spectre de points de vue différents.

Il va même plus loin en affirmant que, par le passé, le citoyen ne disposait que d’une variété limitée de sources d’information. Quelques médias de masse qui véhiculaient une analyse X ou Y d’un évènement. Nous avons désormais A, B, C, D, etc.

Eli vs Dick. Je mise sur Dick.

Les débats Romney / Obama sont des exemples parfaits de ce qu’avance Dick Costolo, selon l’auteur de l’article. De nombreux américains les regardent avec un laptop, une tablette ou un smartphone à portée de main. En un instant, les comptes auxquels ils sont abonnés décryptent, plus ou moins objectivement les échanges des deux candidats. Les citoyens américains utilisant Twitter sont donc confrontés à autant de points de vue qu’ils ont d’abonnements.

Même exemple en France avec la campagne électorale en Mai dernier : Nos flux sociaux saturaient de messages partisans dans un sens ou dans un autre (parfois dans les deux en fonction du vent). Grandes soirées électorales, débats et meetings générant des milliers de tweets et scindant en deux la twittosphère.  Il en va de même pour nos fils d’actualité sur Google+ et Facebook.

Bien entendu, on pourrait avancer que le problème reste le même si nos contacts étaient tous issus du même moule de pensée. Je pense toutefois qu’entre nos collègues, nos cousins, nos amis, les comptes parodiques, les haters en tout genre, notre base d’abonnements n’est pas un monolithe idéologique.

D’autre part, force est de constater que nos amis et followings ont le don d’aller dénicher des sources d’information et des sujets très peu traités par les médias traditionnels. Des sujets dont nous n’aurions pas eu connaissance sans leur aide. Sur Twitter, la prime à l’originalité va à celui qui identifie un nouveau média et qui s’intéresse aux sujets que les masses ignorent délibérément ou non.

Si ce fameux prisme à travers lequel nous observons le monde se poli, je ne pense pas qu’il faille blâmer Internet. Pas en l’état actuel des choses du moins (et à mon humble avis bien entendu).