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Target seems to be the hardest word



C’est aujourd’hui que je me commets pour la première fois dans la newsletter d’Ogilvy PR (et sur le blog aussi, puisque les éditos y sont maintenant relayés!).  C’est non sans pression que je vous écris donc ce billet.  Rassurez-vous, j’aime beaucoup la pression. En ce début d’année, j’aurais pu opter pour faire un énième bilan ou une énième prospection des tendances du futur.  Parce que vous les avez tous lus et que vous en ferez bientôt une indigestion, je me suis plutôt laissé dépasser par l’actualité.  Une actualité qui, sans être aussi tragique que le tremblement de terre haïtien de l’an dernier nous oblige néanmoins à réfléchir, tant comme citoyen que comme communicateur.



La fusillade du week-end dernier à Tucson en Arizona qui a fait 6 morts (dont une enfant de 9 ans et un juge fédéral) et 14 blessés a remis de l’avant le problème de la violence an Amérique.   Mais cette tragédie a également mis de l’avant un certain malaise dans les campagnes de communication en ce moment aux États-Unis.  Dans le monde de la communication politique, depuis 2008, tous s’entendent pour dire que les politiciens doivent être présents sur les médias sociaux.  La victoire d’Obama aura convaincu les plus sceptiques et lancé les politiciens dans la course au buzz.  Si le résultat n’est pas toujours très heureux, on sent bien qu’entre les campagnes du siècle dernier et celles d’aujourd’hui (et de demain) la volonté de communiquer de manière plus authentique est bien réelle.  Mais est-ce toujours à propos?  Est-ce que toutes les idées sont bonnes?  En communication, à fortiori en communication politique, on ne peut pas agir sans réfléchir en amont aux conséquences de nos campagnes, tant sur le fond que sur la forme.  Parce que le web laisse des traces – parfois indélébiles – et qu’une campagne anodine peut revenir rapidement sur le devant de l’actualité, il importe de mesurer ses propos et de tourner 7 fois son clavier avant de tweeter…  La tragédie de Tucson est malheureusement venue nous le rappeler.



Loin de moi l’idée de pointer du doigt d’éventuels responsables de cette tragédie, ce n’est pas mon propos. Il n’en demeure pas moins que lors de la récente campagne de mi-mandat, l’ex-gouverneure d’Alaska Sarah Palin a lancé une campagne intitulée « Take back the 20 ».  Vous avez surement vu cette publicité mise en ligne où 20 circonscriptions électorales ciblées par le Tea Party étaient affublées de ce qui ressemble grandement à une cible. Bien que le site de l’opération soit aujourd’hui fermé, la publicité est toujours disponible dans une note sur Facebook.







Aujourd’hui, son équipe clame qu’il s’agissait plutôt de marques d’arpenteurs (surveyors marks), les rapprochements sont néanmoins inévitables. Son équipe de communicants veut bien sûr la protéger mais quand l’ex candidate à la vice-présidence tweete, elle les contredit







L’humain oublie mais le web se souvient. Plus incroyable encore, on a pu suivre sur le blog Obama London (écrit par une américaine basée à Londres) l’évolution de la page Facebook de Palin dans la foulée de la fusillade.  Si son équipe a eu le réflexe d’effacer systématiquement tous les commentaires négaitfs, ils ont démontré un manque flagrant de jugement.  Quand un internaute écrit « It’s ok. Christina Taylor Green was probably going to end up a left wing bleeding heart liberal anyway. Hey, as ‘they’ say, what would you do if you had the chance to kill Hitler as a kid? Exactly. » , l’équipe ne bronche pas et le commentaire reste en ligne, alors que les autre commentaires négatifs continuent d’être effacés…



Les médias sociaux en politique sont une occasion incroyable de rapprocher les citoyens qui nous gouvernent ou tentent de la faire.  Les politiciens ont la chance de parler directement aux citoyens sans le filtre des médias traditionnels.  Il faut toutefois faire attention et savoir réfléchir en amont aux conséquences de nos campagnes de communication.  Deux enseignements à tirer de ce triste épisode:  la rhétorique violente en politique ne sert personne si ce n’est que des extrémismes dont personne n’a besoin.  Ensuite et c’est là où nous avons une responsabilité en tant que communicateurs et annonceurs:  il est facile de lancer une campagne sur les médias sociaux mais il est plus complexe d’en gérer les conséquences qu’elles soient directes ou indirectes. Même si vous vendez du savon ou des amandes enrobées de chocolat, avant de lancer votre prochaine course au buzz, essayez d’y penser.