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Master of puppets, les nouveaux dealers de fans

1000 fans pour 69,90 euros, ça vous tente ? Une offre directe qui s’affiche sur la toile et jusque dans le métro, il va falloir s’y faire. Ces mêmes boîtes qui refourguaient hier leur came loin des yeux, loin du cœur, affichent désormais la couleur. « Acheter des fans.com », rien que le nom, vous en conviendrez… Alors oui, bien sûr, on a toujours su qu’on pouvait acheter des fans et que certaines marques le faisaient parfois pour pallier un nombre de fans jugé décevant. Mais ce phénomène était plus développé outre-Atlantique et on croyait alors que notre bonne vieille France ne cèderait pas à ces sirènes aussi facilement.

Mais il semble que ces dealers de like se soient mis en tête de nous séduire avec un argument de choix : la pureté du produit, on ne coupe pas les doses, origine française garantie ! (du coup, on en viendrait à se demander à quand les cours en temps réel du prix des fans selon les pays  ?…). Du fan bien franchouillard, certes (et encore les avis divergent quant à leur existence « physique »), mais du fan qui ne viendra pas interagir. Il n’a aucun attrait pour la marque, si ce n’est le fait qu’elle l’a acheté. Avouez que même pour 200 euros les 1000 fans, l’intérêt est limité. La capacité à nouer une relation, n’en parlons pas.

Mais alors pourquoi acheter du fan ? Il faut croire que certains sont prêts à gonfler de manière arbitraire le nombre de fans d’une page, pour faire plaisir à un board ou à des équipes en interne un peu insistantes sur les résultats de leur marque dans les médias sociaux. Le gérant d’Acheter-des-fans.com, qui fait office de parrain en la matière, explique lui même :

« […] quoique le sujet paraisse parfois controversé, nos clients semblent tout de même satisfaits du résultat. […] Encore une fois ces fans ne sont pas des fans productifs, mais en tout cas ils restent inscrits et améliorent tout de même votre référencement, en plus d’impressionner vos clients potentiels à la simple vue du compteur de fan ».

On comprend donc que le chemin est encore long pour faire comprendre et accepter à certains clients que la quantité mise en avant ne signifie pas l’interactivité. Qu’on ne doit pas se fier à un chiffre, aussi grand soit-il, pour juger de l’efficacité d’une stratégie sur les médias sociaux.

Bref, même s’il n’a rien d’illégal, ce commerce a un potentiel addictif sur les populations les plus faibles qui nous laisse un goût amer.