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Makers gonna make

Cette semaine, la création et la vie numérique  sont à l’honneur avec Futur en Seine. Grand messe régionale de la création numérique, ce festival permet la rencontre du grand public avec les principaux acteurs des nouvelles technologies. Du 17 au 25 juin, cinq thématiques sur le Futur sont traitées à travers des ateliers, des conférences et des workshops: le Futur de la Vie, de la Musique et de l’Image, de la Création, des Communications et de la Ville.

LE sujet phare et transverse de ce festival du Futur? L’émergence des communautés de « makers » : autodidactes, de divers horizons, les « makers » bouleversent les modes de création, de fabrication et de distribution traditionnels. Dignes héritiers de la culture du « Do It Yourself » (DIY) et de l’open source, ces « créateurs » investissent des espaces dédiés à l’auto-création et au partage des connaissances afin de nourrir constamment l’innovation.

Né et déjà bien implanté aux Etats Unis, le DIY a émergé avec la culture punk pendant les années 70. Ce mouvement s’inscrit alors en porte-à-faux de la société de consommation et rejette les circuits capitalistes existants au profit de l’indépendance et de la liberté créative.

Aujourd’hui, ces espaces vont au delà de cette philosophie anticonsumériste et intègrent même parfois des logiques business. La philosophie des « makers » part du principe que quel que soit les outils produits, la somme des talents de chacun restera toujours le cœur de l’innovation.  Cette intelligence collective permet de rendre les solutions, les applications, les plateformes de plus en plus performantes : applications Android, design de vêtements, fabrication de bijoux, customisation de meubles… Les produits n’ont jamais été autant revisités et en perpétuelle évolution.

Une des figures de ce mouvement, Dale Dougherty, fondateur de Make Magazine et de Maker Faire, a expliqué lors d’une conférence TED que « l’objectif de ces plateformes est d’encourager la créativité individuelle car elle est porteuse de plus de conscience et responsabilité sociale ». (cf. ‘Makers : Faire Société’ sur Internet Actu).

Ces plateformes, souvent on-line, mais également IRL, réunissent donc une population variée : hackers chevronnés, bricoleurs du dimanche, férus de modélisme etc… tous animés par la volonté de mettre en commun leurs connaissances pour s’enrichir des expériences et savoirs-faires de chacun. Avec un rêve ultime : tout faire soi même ou, tout du moins, améliorer et personnaliser les objets, outils et contenus qui nous entourent. Envie d’apprendre à créer sa machine à laver ou ses vêtements grâce à des moyens d’auto production ? Un maker a peut-être une solution pour vous, il ne vous reste plus qu’à le trouver sur un forum, une foire de maker (Maker Faire) où au Fab Lab de Futur en Seine.

Ces plateformes de démocratisation de l’innovation  constituent indéniablement une valeur future pour les marques qui sauront en profiter. Au delà des pastiches de site permettant une pseudo « customisation utilisateurs » ou des concours de création  sur les réseaux sociaux, les marques de vêtements, de meubles, de bijoux peuvent être  les premières à s’appuyer sur ces communautés de talents afin de véritablement intégrer la co-création au sein de leur processus de fabrication.

C’est en partie ce qu’a commencé à faire Ikea en donnant une vitrine officielle à tous les  makers qui revisitent ses meubles sur http://www.ikeahackers.net. Il ne reste plus qu’à mettre les plus belles idées de ces « hackers du meuble » en rayon !


Crédit photo : Oskay on FlickR