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Le temps passe et passe et passe et pour beaucoup Apple a changé

Alors que tout le monde s’attendait à un nouvel iPhone, Steve Jobs a présenté une tout autre « révolution » le 6 juin dernier lors de la dernière Keynote Apple : la nouvelle version du système d’exploitation de l’iPhone, l’iOS 5 et un nouveau service de cloud computing, l’iCloud. Bon ok, côté révolution on repassera. Nombreux sont les déçus,  Apple nous avait habitué à mieux.

Le nouvel iCloud, par exemple, ne fait que s’inscrire dans la mouvance du cloud computing dans laquelle se sont déjà engouffrés des acteurs comme Amazon, Microsoft ou Google. Le service s’annonce pratique, certes, mais ne mérite certainement pas l’appellation de « prochaine grande idée » (dixit Steve Jobs). Côté iOS 5, la « mise à jour majeure » repose sur dix grandes idées qui empruntent beaucoup aux idées des communautés de développeurs et de jailbreakers qui créent depuis des années de nouvelles applications sur Androïd.

C’est d’ailleurs certainement l’un des grands enseignements de cette Keynote, alors qu’Apple a porté l’innovation cette dernière décennie aussi bien sur les terminaux (iPhone et iPad) que sur les services mobiles (via l’ouverture de l’App Store notamment), la firme s’appuie désormais sur des solutions existantes pour moderniser ses services. Le cercle d’influence est inversé. Ce n’est plus les autres entreprises ou les anonymes chevronnés en développement qui copient Copertino mais bien le staff Apple qui va chercher l’inspiration dans les communautés de développeurs ou à la concurrence. « Apple, simple suiveur » et c’est tout l’écosystème d’une idéologie marketing vieille de 10 ans qui s’écroule.

Et puisque qu’on est dans le registre de l’idéologie, remarquons au passage que le lancement d’iCloud plonge (enfin) Apple dans le World Wide Web. Même si Steve Job a toujours tenu à taxer au maximum les contenus en ligne accessible via les services Apple (applications et musique), avec iCloud, on en viendrait (presque) à croire qu’il se convertit à la philosophie du tout gratuit cher à Internet. Prenez Itunes Match par exemple, ce service vous permet d’écouter en streaming toutes les chansons que vous possédez déjà et ce, qu’elles aient été acquises légalement ou non. Curieux revirement de la part d’une firme qui s’est battue des années durant pour protéger ses contenus à grand coup de licences et de DRM. A croire que, là aussi, la communauté a réussi à faire fléchir la pomme croquée en délaissant Itunes pour des modèles d’écoute en streaming à la Deezer ou Spotify. Pas sûr que les maisons de disque apprécient, il n’empêche que Steve Job apparaît moins comme un gourou et règle maintenant ses pas dans ceux des internautes. Et c’est peut-être ça la vraie révolution de cette Keynote, plus démocratique que jamais.