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Facebook commence à perdre des utilisateurs aux USA et au Canada

C’est ce que révèle Inside Facebook qui a observé une baisse d’environ 6 millions d’utilisateurs aux US et 1,5 million au Canada au cours des deux derniers mois.  Même si au niveau mondial la croissance du géant n’est que légèrement ébranlée, (le nombre de nouveaux inscrits dans les pays émergents reste en très forte augmentation), l’information fait mouche… On se demandait un peu si et quand ça arriverait. Et même si la perte peut sembler anodine, elle constitue sans doute un signal intéressant puisque l’érosion vient des pays les plus « mûrs », ceux qui ont vu naître et fait grandir le réseau social.

Facebook arrive donc dans une période de régulation voire stagnation dans les pays précurseurs. Certains y voient déjà les effets de la sacro-sainte courbe de l’innovation (ou courbe de Rogers) et  en déduisent que la durée de l’intérêt pour le site est d’environ 6 ans. Même si cette conclusion est certainement un peu hâtive, elle a le mérite de poser la question de l’intérêt qu’a chacun pour Facebook et de l’évolution de cet intérêt dans la vie de l’utilisateur. Evolution qui impacterait les usages et conduirait à l’abandon progressif de la plateforme. C’est la thèse défendue par Hubert Guillot pour qui la principale faiblesse de Facebook est de réduire les différents niveaux de liens sociaux à un seul type de relation : l’amitié. « Facebook a tendance à tout lisser, mettant sur le même plan le signe social et l’information structurée, le privé et le public, le personnel et le professionnel. » La complexité de la sphère sociale ne se retrouve pas sur Facebook où la séparation en liste d’amis n’est pas intuitive et facilement empoignable par les utilisateurs. A cause de ce mélange des relations, l’utilisateur restreint progressivement sa liberté d’action et d’expression au fur et à mesure qu’il élargit le cercle de ses “amis” à la famille, aux collègues, aux potentielles connaissances… Il adopte le ton du consensus – celui qui n’offusquera personne -, guette le taguage gênant et réfléchit à deux fois avant de cliquer sur le bouton « share ». Il s’est laissé gagner par une forme d’autocensure qui se traduit souvent par une perte d’intérêt pour le site. Certains ne publient quasiment plus rien sur leurs walls, d’autres ne se connectent même plus et les derniers suppriment purement et simplement leurs comptes.

Encore une fois, Facebook n’est pas dans le rouge, la croissance du nombre d’utilisateurs reste forte et les quelques millions perdus en Amérique du Nord pèsent peu de chose sur une balance qui affiche bientôt 700 millions au compteur. Il n’empêche que Mark Zuckerberg est désormais attendu au tournant pour voir s’il saura ou non donner à Facebook l’impulsion du renouvellement qui a manqué à tant d’autres réseaux sociaux.