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Du cinéma à Instagram : l’image, moteur d’émotion et de discussion

Et si le cinéma nous donnait une petite leçon ?

Prenez deux des films du moment : Drive et The Artist. Deux longs métrages radicalement différents mais qui ont pourtant deux points communs. Ils ont tous les deux récolté une Palme sur la Croisette et surtout ils sont construits sur l’image plus que la parole. En résulte des œuvres visuellement époustouflantes : Drive accroche avec son univers onirique et ses lumières bleues-dorées du soir. Quant à The Artist, c’est une petite perle en noir et blanc, hommage au cinéma muet.

Ce choix si basique fonctionne au mieux pour offrir deux films ultra intéressants et nous pousse à un constat simple mais pas forcément évident de prime abord : pas besoin de parole pour entrer pleinement dans un film, comprendre les émotions, l’histoire et ses détails.

Un constat qui s’affirme aussi du côté des réseaux sociaux : l’image permet de véhiculer des messages instantanément compréhensibles et appropriables, et s’affirme comme un moteur à interactions, une source intarissable de ‘likes’ et de RT. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si des réseaux sociaux majeurs se sont construits autour du partage de contenus visuels : de Youtube à Tumblr sans oublier Flickr ou  Instagram. Inutile de rappeler leur succès, retenons juste que plus de 24h de vidéos sont envoyées sur Youtube chaque minute quand, dans le même temps, 6600 clichés sont publiés sur flickr. Comme l’analyse très bien Pocket Zeighest:

“L’image semble, en quelque sorte, prendre le pas sur l’écrit. Signe des temps : Tumblr vient tout juste de dépasser WordPress (plateforme de blog réputée très littéraire et sérieuse), porté par une nouvelle génération de « digital naives », qui recherchent avant tout immédiateté et simplicité et privilégient à ce titre le partage de photos.”

On en revient donc à l’essence des réseaux sociaux : partager des instants. Autant le faire de façon visuelle. Pourquoi ? Parce que depuis toujours, l’espèce humaine analyse son environnement de manière visuelle : 80% de notre activité cérébrale est dédiée au traitement des images. Donc sur les réseaux sociaux, l’image est évidemment le format idéal. Pour s’en convaincre, il suffit de voir la place que lui laisse l’AFP (pourtant largement imprégnée de la culture de l’écrit, de la dépêche)  sur sa page Facebook.


Crédit photo : Nasa