L'auteur

Lui écrire

Articles similaires

Partagez !

Les maires, le web et l’info : de l’incertitude aux pratiques éditoriales

Les maires de France se connectent-ils au web ? Question incongrue s’il en est, n’empêche que nous nous la somme posée un certain temps. Et pour cause, pour une agence d’influence qui ne cache pas ses amours pour les sphères digitales, connaître le taux de connexion des élus locaux, leurs usages du web et la vision qu’ils portent sur les médias en ligne est évidemment essentiel.

Que faire ? Même si nous ne pouvions pas répondre précisément à cette question, des signaux faibles étaient perceptibles : la prise de parole en ligne d’élus locaux et la multiplication des sites officiels des communes, leur présence croissante sur les réseaux sociaux… Tous ces éléments, même s’ils étaient discrets, suggéraient que les maires et conseillers municipaux avaient pris conscience de l’importance des médias en ligne. Fort de ce constat et avec le soutien de la Caisse d’Epargne, nous avons lancé il y a plus d’un an Actionscommunes.fr, le portail d’information spécialisé en finance locale qui vient relayer un magazine du même nom.

Quand soudain ! Mi-novembre 2009, Orange et le Journal des Maires révèlent l’étude « Internet et ses usages vus par les maires et les citoyens » ; réalisée par l’institut de sondage BVA .

Tous les maires interrogés déclarent utiliser internet dans le cadre de leur fonction. C’est le cas, plusieurs fois par semaine, de tous les maires des villes de plus 10 000 habitants et de 83% des maires des villes de moins de 2 000 habitants. Les communes sont largement dotées d’un site internet (84% des maires interrogés), ce qui représente un résultat en forte augmentation ces dernières années.

Surprise ! Les maires sont « branchés ». Et en ce sens nous avons enfin des statistiques tangibles pour appuyer notre stratégie.

Et donc ? Passé ce constat, l’étude ne nous apprend malheureusement pas grand-chose sur les usages des maires sur Internet : si « 83% des maires utilisent internet dans le cadre de leur fonction« , reste à savoir ce qu’ils y font… Il serait dangereux de déduire que les maires s’informent plus que sur le web et inversement, camper sur l’idée que les élus n’ouvrent plus la PQR « papier » serait tout aussi stupide.

Nous voilà bien avancé… En un sens, les enseignements « médias » de cette étude sont assez pauvre, oui. Il y a cependant une conclusion logique à tirer de cette série de chiffres : les maires de France sont des gens normaux. Entendons par là que leur consommation du web est similaire à la moyenne de la population. Comme tous les citoyens, les élus sont donc touchés par les bouleversements médiatiques en cours.

Ca change quoi au final ? Face à ce constat, notre enjeu est d’accompagner cette cible spécifique dans le changement. C’est pourquoi il n’est pas question d’abandonner les médias papier dans un autodafé ultime, l’apostasie du print nous sied assez mal de toute façon. Non, notre objectif est d’assurer la disponibilité des contenus quelque soit le support (print et web) et surtout de suivre les mutations de l’écosystème informationnel amorcé par les médias on line :

  1. Assumer la logique de flux en assurant la portabilité des contenus.
  2. Devenir un filtre informationnel qualitatif en relayant à nos lecteurs, noyés dans l’hyperinformation, les news publiées sur d’autres plateformes.
  3. S’inscrire dans une logique de diffusion horizontale en poussant nos contenus dans la timeline informationnelle de notre cible, via les réseaux sociaux notamment.
  4. Engager la discussion avec les décideurs locaux, les aiguiller sur une thématique donnée et répondre à leurs éventuelles interrogations.

Un enseignement à tirer ? Très certainement ! L’analyse statistique quantitative est utile : elle précise les convictions et assoit les arguments mais ne saurait en aucun cas révéler une tendance de fond. A nous, veilleurs insatiables, de transformer « l’air du temps » en pratiques tangibles.