Ne discutons plus à propos du Digital, disputons-nous !
Posted on 02.20.09 to Point de vue, Vie d'agence, vie d'un blog by Article CosigneCette semaine à l’agence, Eric Maillard et Laurent François ont animé une session de formation sur la « Digital Influence« . Rien de tel pour vérifier où chacun se situe sur l’échelle de la geekitude. A peine sortis de la formation, les conversations se sont échauffées entre sociaux médiatisés et êtres humains se revendiquant du monde du réel. Débat.
Une geek incrédule : « T’es pas sur Facebook ?»
Une non-geek agacée : « Non, j’vois pas l’intérêt.»
Une geek dubitative : « Attends, mais tu ne fais quand même pas partie de ces gens qui sont contre les media sociaux ? »
Une non geek exaspérée : «C’est pas parce que je n’y suis pas que je suis contre. C’est un peu léger comme raccourci, non ? »
Une geek irritée : « Mais t’es dans la com ! Comment peux-tu ne pas t’intéresser à tout ça? T’as peur de quoi ?»
Une non geek verte : « Mais j’ai peur de rien. Je vais sur internet, tu me prends pour qui ? En revanche, le temps que je ne n’utilise pas à aller sur les media-sociaux je l’utilise pour voir mes amis ou lire la presse. Je te rappelle au passage que TOUT ne se passe pas par le net!
Une geek cramoisie : «Ah oui, je vois : tu en es toujours au web 1.0 ! Mais tu pourrais faire preuve d’un peu plus de curiosité ! Comment peux-tu conseiller ou sensibiliser tes clients sur le sujet? Ca m’échappe. »
Une non-geek vert de gris : «Si tu veux on va boire un café pour en parler. A moins que tu préfères qu’on en parle sur Twitter ? »
…/…
Et voilà, même au sein d’une agence d’influence, le clivage entre « media socialisés » et « à l’ancienne socialisés» existe bel et bien. Pourtant avec un tout petit peu de recul, on s’aperçoit vite que ces deux mondes sont loin de s’opposer !
Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, je rappelle qu’on peut être actif sur Facebook sans devenir un animal digital dépourvu d’intimité numérique et incapable de contacts humains. D’un autre côté, ce n’est pas parce qu’on ne pratique pas les media-sociaux qu’on ne comprend pas les enjeux d’image pour ses clients, qu’on n’utilise pas internet ou qu’on manque d’outils pour s’informer, échanger voire même réseauter…
Allez, je lance un appel : ne nous disputons plus mais continuons un dialogue multi-canaux sur le sujet !
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Comments ( 11 )
Simon a ajouté ce commentaire fév 20 09 at 17:39Se rappeler que c’est un outil et apprendre aux réfractaires à avoir envie d’aller plus loin. Voilà un bel avenir pour le web. Créer du relationnel physique, travailler l’inter-pénétrabilité des différentes sphères sociales, qu’elles soient web ou « réelle ».
Oui parce que le web c’est une réalité non physique, mais une réalité tout de même. Avec des vrais gens derrière leurs ordis. Et ça certains l’oublient trop rapidement et les adeptes du net/geeks/… ne le rappellent pas assez je trouve.
Eric a ajouté ce commentaire fév 20 09 at 17:42Ca ouvre en tout cas à un autre débat : est-on forcément un geek pour manier au quotidien ces outils là pour ses clients ? J’ai dans l’agence tous les jours la démonstration que non.
Le « non-geek vert de gris », c’est Laurent non ?
Remy a ajouté ce commentaire fév 20 09 at 18:03Pourquoi ce postulat qui semble dire que si on est sur Facebook on est un Geek ?
Un inscrit sur Facebook n’est pas forcément un geek et un geek n’est pas forcément sur Facebook (meme si cela est moins vrai)…
Etre sur Facebook indique qu’on utilise un mode de communication, etre geek signifie qu’on utilise certains outils de communication et qui plus est qu’on les utilise avec une certaine passion ou du moins un certains état d’esprit (gout du renouveau, de la dernière technologie etc..)
[Enikao] a ajouté ce commentaire fév 20 09 at 18:05L’important est de comprendre ce qu’est la relation. Internet et les outils digitaux sont de nouvelles formes de relation et les médias sociaux créent de nouveaux comportements d’influence, tout en les rendant à la fois plus traçables (souvent, mais pas toujours) et plus complexes par la multiplication des relais et des interactions. Il s’agit d’une couche complémentaire dans les strates de l’influence, pas de substitution (la télé n’a jamais éliminé la radio, par exemple).
Considérer que l’on peut connaître sans pratiquer me paraît dangereux quand même. Ca revient à faire une analyse détaillée d’un roman (personnages, intrigues, style…) à partir de la fiche de lecture d’un camarade : on ne va pas bien loin en profondeur, sauf à faire un numéro de claquettes devant un néophyte. A ce sujet, Aristote était clair : au-delà de l’expérience, le savoir n’est rien. Je peux dire ce que je ressens en sautant à l’élastique, mais toute l’empathie du monde ne permettra pas de savoir ce que j’ai ressenti. Il en va de même pour la plupart des expériences de la vie.
Un exemple ? J’ai un ami incollable sur les recettes et idées de cuisine, il adore voir des chroniques, lire des rubriques spécialisées… Mais ne pratiquant jamais, il ne sera qu’un gastronome averti, jamais quelqu’un capable de cuisiner.
Se désintéresser activement des médias sociaux c’est passer à côté d’un mouvement de fond important, qui aboutira ou pas là n’est pas la question. Il se passe des choses, ça bouillonne et bien mali qui saura dire ce qui sortira de la marmite, mais l’ignorer ou prendre cela pour quantité négligeable est peut-être une erreur. Si la tendance s’amplifie, il est toujours plus confortable d’avoir pris le train à temps (voire dès le début) qu’en retard, non ?
Quant à la définition de geek, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est loin d’être arrêtée définitivement :
http://blog.lefigaro.fr/hightech/tes-geek-toi/Toutefois il me semble toujours bon d’avoir les deux types de comportements côte-à-côte : ça oblige à aller voir ce qui se passe de neuf, mais aussi à garder un regard un peu distant… et parfois plus prudent.
Laurent François a ajouté ce commentaire fév 20 09 at 18:08@Rémy je pense que le postulat facebook=geek n’est pas soutenu dans le post de Céline. Tu as bien raison cependant de rementionner que les 2 ne sont pas liés.
@Eric ça dépend de la définition de geek. Et effectivement le lien que mentionne @[enikao] est excellent pour voir les enjeux. Pour être sincère, je n’arrive toujours pas à me positionner de façon tranchée
@Enikao on est d’accord. Mais comme dirait JJ Goldman (j’ose !) « il n’y a que les routes qui sont belles » et pas forcément l’endroit où on arrive.
Samantha A. a ajouté ce commentaire fév 20 09 at 22:19Il fut un temps où j’aimais bien me définir comme une girly geek (version rose: couleur qui manque dans ton post, mais pas sur les murs de mon nouveau salon, bref…).
C’est drôle, la référence d’Enikao par rapport à la cuisine. Parce que j’y pensais également, un peu différemment. Comme son ami, je suis une gastronome avertie (ok, très très gourmande). Fille d’un fondu de cuisine, mariée à un passionné de cuisine, je n’avais pas droit de cité dans le temple CUISINE).
Aujourd’hui divorcée (c’est statistique) et n’habitant plus chez mes parents (c’est une question de survie), j’ai le choix : les restos, retrouver un nouvel as du fourneau (sur Meetic?!
) ou m’y mettre.
Je choisis cette dernière solution, car encore plus satisfaisant que l’expérience, c’est le plaisir d’y arriver toute seule et de partager avec les autres…ça a un p’tit goût de médias sociaux – non ?
Ramón a ajouté ce commentaire fév 21 09 at 9:59Je suis tout à fait d’accord avec @Enikao: c’est l’experience qui fais la difference. La theorie est importante, mais si on separe theorie et pratique (avec ou sans implementation directe) nous nous separons de la realité pour tomber dans une piège qui devient exclusivement academique.
Nos realités sociaux et de comportement sont complexes et seulement avec une vision plus globale puis on arriver a bien comprendre nos cibles pour arriver a les intereser avec les produits que nous promouvons.
Eric a ajouté ce commentaire fév 21 09 at 11:47@[Enikao] En fait, il y a 2 débats ici, je suis d’accord avec toi sur l’un, pas sur l’autre.
Geek ne veut pas dire être sur Facebook, le mot passant dans le langage populaire, il a gagné des contours à géométrie variable, c’est vrai.
En revanche, je pense que l’on peut s’intéresser à ces outils, les utiliser, en comprendre le fonctionnement, sans en être l’un des acteurs. La bonne comparaison serait de penser qu’on ne peut pratiquer les relations médias qu’en étant soi-même journaliste. Ce n’est pas vrai.
[Enikao] a ajouté ce commentaire fév 22 09 at 20:23Peut-être n’ai-je pas été très clair, du coup mon message paraît trop ambitieux
Ce qui me met la puce à l’oreille quant à mon discours pas clair, c’est « on peut s’intéresser à ces outils, les utiliser ». Voilà ! Si on utilise (même sommairement) alors on sait un peu de quoi on parle. C’est le minimum minimorum, et c’est parfois suffisant.
En revanche, je continue à penser que pour avoir une meilleure perception, une compréhension approfondie, la question du niveau d’engagement se pose. Ce n’est pas la même chose de lire les blogs, de lire régulièrement des blogs en se dotant d’un agrégateur de flux, de lire des blogs et de les commenter, de lire des blogs et d’en tenir un soi-même.
Pour Facebook, Twitter et d’autres réseaux, y être et s’en servir n’est pas pareil, et la compréhension des enjeux n’est pas la même non plus. La moindre des choses est d’essayer un peu.
On peut comprendre les médias sans être journaliste, je suis d’accord, mais s’être essayé à l’exercice une fois donne une vision bien différente (je citerai bien au hasard, euh… je ne sais pas, l’opération 3001 avec l’Express pour ceux qui se sont immergés dans la rédaction ?)
C’est la fable de la poule et du cochon : dans l’omelette au lard, la poule est concernée, mais le cochon est impliqué. Et bien voilà mon ‘outing’ : j’aime bien faire le cochon.
Eric a ajouté ce commentaire fév 23 09 at 19:23@[Enikao] message bien reçu ! Tu aimes bien faire le cochon et je défends la poule, je ne sais pas où tout ça va nous mener
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[Enikao] a ajouté ce commentaire fév 23 09 at 19:43C’était ma contribution au Salon de l’Agriculture et à la poésie champêtre (bio, bien entendu)…