L'auteur

Lui écrire

Articles similaires

Partagez !

L’information hyperlocale : un nouveau terrain de jeu pour le journalisme citoyen

En France, les premiers sites d’informations locaux émergent tranquillement dans le paysage médiatique en ligne et se constituent une audience notable. Certes leurs modèles économiques sont encore un peu fragiles mais les lecteurs sont fidèles et accordent leur confiance à ces web-médias locaux.

L’ouverture à l’actu locale du mastodonte Google News, l’inauguration de l’information blocale (permettre à des beatbloggers de publier de l’info de proximité) de The Guardian ou le succès grandissant des sites de la PQR française (plus de 8 millions de visites par mois pour l’ensemble des titres régionaux) sont autant de signaux forts qui traduisent l’engouement général pour ce nouveau terrain de jeu médiatique.

Et Outre-Atlantique ? Quid de la toile médiatique américaine connue pour avoir 2 à 3 ans d’avance sur celle du vieux continent ?

« Think Global, Act Hyperlocal »

Aux Etats-Unis, l’heure est au traitement de l’hyperlocal. Quoi de plus normal ? Le marché de l’info à l’échelle de l’Etat ou de la métropole est saturé depuis longtemps, l’avenir est à la vie de quartier, à la mise en perspective d’évènement d’ampleur vu de son pâté de building.
Et dans cette nouvelle arène, les modèles divergent et manipulent de savantes équations mêlant business models, journalisme citoyen et usage du web pour aboutir au média parfait.

Trois acteurs sur le terrain de l’info de proximité

Sur son Medialab, Cécile – étudiante en digital media journalism à Columbia – nous dresse le portrait de trois acteurs qui ont choisis d’investir le terrain de l’info de proximité :

  • Patch, tout d’abord, est l’un des services pionniers du secteur. Il offre une galaxie de médias hyperlocaux créés sur un modèle graphique commun mais disposant chacun de leur propre rédaction.
  • Le New York Times a, de son côté, lancé une expérience de blogging hyperlocal « encadré » par des journalistes à travers deux nouveaux blogs : For Green – Clinton Hill vous informe sur un coin de Brooklyn et Maplewood – Millburn – South Orange relatent les news du New Jersey. Mary Ann Gordano qui supervise ces blogs explique l’objectif de sa démarche : « le but ultime, c’est que la communauté soit couverte par les gens qui y habitent, supervisés par des journalistes et des stagiaires du NYT ».
  • Enfin, DNAinfo a fait le choix de l’agrégation de contenus existants sur différents blogs ciblés auxquels vient s’ajouter du contenu « exclusif » rédigé par la rédaction.


Le couple journaliste – citoyen au cœur de l’info hyperlocale

Au-delà du changement d’échelle évident qu’imposent ces nouveaux médias hyperlocaux, il est intéressant de noter la place laissée aux producteurs de contenus non-professionnels dans ces nouvelles structures.
Après tous les débats autour du journalisme citoyen, voilà que le traitement de l’info hyperlocale ne semble prendre toute sa mesure que si elle est traitée par le citoyen qui vit au cœur du quartier : lui seul peut apporter une quelconque caution aux faits qu’il traite puisqu’il les vit. Le journaliste assiste, ajoute une touche de professionnalisme, mais ne peut à lui seul traiter l’info sans remettre en cause les fondements de ces médias hyperlocaux.
Au final, l’hyperlocal réussit avec brio la synthèse des UGC (User Generated Content) et des contenus professionnels et prouve – s’il le fallait encore – que l’avenir du traitement de l’info en ligne ne peut se faire que grâce à une coopération étroite entre journalistes et citoyens-rédacteurs.


Quid de ces mutations pour nos pratiques RP ?

Il est certainement encore trop tôt pour se prononcer. Gageons juste que les influenceurs vont se diversifier encore plus mais seront certainement plus difficile à identifier. Surtout, l’hyperlocal au sens large est aussi une formidable opportunité. Ce traitement de l’info nous offre une nouvelle approche au coeur de la vie quotidienne des citoyens et permet de cibler plus pertinement les plans que nous élaborons.