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L’influence digitale : du buzz à l’enjeu de société

L. aime le cinéma, Buzzmygeek, James Bort, Autheuil, quel est le point commun entre tous ces différents blogueurs ? Ajoutez à cela un rédacteur en chef d’un média en ligne, Eric Mettout, qui blogue sur Nouvelle Formule, mélangez, et qu’obtient-on ? A priori, je cite Eric « je n’ai pas de réponse. Ou plutôt, j’ai autant de réponses qu’il y a de blogueurs « .

Oui mais pas que. Il y a aussi eu l’expérience de L’Express 3001, une Odyssée de l’info menée par notre agence, Ogilvy PR (avec le support d’Ogilvy One) en partenariat avec la rédaction en ligne de L’Express.
Que s’est-il donc passé lors de cette Odyssée ? Résumé par Narvic : « associer des blogueurs à la co-production de son site web ». Résultat visible pendant quelques jours en ligne, les articles des blogueurs se trouvaient dans le même fil d’informations que ceux des journalistes. Hérésie ? Non, si on suit l’impression d’Enikao : « Finalement, j’ai eu le sentiment que blogueurs et journalistes dans le même théâtre, mais qu’il existe des troupes et des one-person show ».

Et ensuite ? Ensuite nous sommes en train de rédiger avec blogueurs et journalistes un livre blanc, histoire de prendre un peu de recul sur l’opération, de recueillir les impressions des participants et de tenter de déterminer quelques grands axes de réflexions/ pistes de travail pour cette nouvelle information. Avec en ligne de mire les conséquences pour le lecteur, pour le citoyen.
Ce qu’on retient de cette opération inédite ? Qu’il y a une nouvelle réalité, s’agissant du traitement de l’information. Que les blogueurs ne sont pas que des relais d’informations produites par d’autres, entreprises ou journalistes, ou des narcissiques forcenés tenant leur journal pas si intime sur le net. Parfois véritables experts, ils sont des producteurs de contenus, souvent fiables et très fouillés. Point commun avec les journalistes, ils ne sont pas déconnectés de l’actualité : ils la filtrent en fonction de leurs domaines de compétences pour rebondir, réagir ou interagir.
Ainsi, les citoyens-blogueurs changent la donne, ont un parti pris sur le monde et l’exprime. Et même parfois joue le rôle de sources d’informations (uniques ou complémentaires) reprises dans les médias traditionnels. Un exemple illustrant le propos, via Bruno Walther, président d’Ogilvy One à propos du crash de l’avion dans l’Hudson River :

« Les médias traditionnels avaient pour eux la puissance de leurs chaînes logistiques qui leur permettaient d’être les premiers en situation de relayer l’information. Là avec Twitter, des individus comme Janis Krums, qui sont sur le lieu de l’événement, arrivent à diffuser l’information beaucoup plus rapidement qu’une agence de presse. »

Mais ce qu’on retient de cette Odyssée de l’Info, c’est qu’on ne peut comparer un journaliste et un blogueur. Chacun a ses contraintes, ses réflexes et son approche sur l’information. Il est certain qu’ils ne sont et ne seront sans doute pas interchangeables. C’est en tout cas souhaitable si l’on veut préserver une certaine pluralité d’opinions. A l’heure où les Etats Généraux de la presse posent la question des liens entre web et presse, tout le défi consiste à multiplier les échanges entre les deux « corporations » pour qu’elles se connaissent et comprennent leurs points de complémentarité.
Last but not least, bonne expérience pour notre pole influence digitale aussi : la capacité à mobiliser des citoyens de tout bord, à trouver une affinité conduisant à un projet commun, à sortir des simples logiques de « buzz », associant trop souvent l’influence digitale à des problématiques « consumer » de lancement de produits. En somme, de fédérer autour d’un enjeu de société complexe, et d’en extraire des enseignements transformables en action afin de répondre à une demande latente, celle du nouveau traitement de l’information.

Laurent François & Alexandre Milétitch