L'auteur

Charles-Antoine est Directeur Conseil du pôle Brand Marketing.
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« La rédaction ne se déplace pas »

09h25 : Le début de la conférence de presse est programmé pour 09h30. Les journalistes ne sont pas encore tous arrivés. Il en manque la moitié. Une inquiétude commence à se lire sur le visage de l’attachée de presse qui s’empresse de retrouver un sourire rassurant (quelque peu forcé) au moment où elle croise le regard interrogateur de son client.

09h30 : Il en manque encore certains. 1/3 environ. Le coup d’envoi de la conférence de presse est lancé. Un reflexe : prendre son téléphone et appeler les retardataires « Ou êtes vous ?? »

C’est à ce moment que tout se joue. Les dés sont jetés. Tous les ingrédients sont réunis pour réussir le super jack pot : travail assidu sur le contenu de la conférence de presse, choix pertinent des speakers, travail de fond et de forme sur l’invitation presse, détermination des messages clés et des angles d’accroche, session de relances pour finir sur un rappel du lieu et de l’horaire aux journalistes confirmés la veille du jour « J »… Mais lorsqu’il est 09h34 et qu’il manque encore 1/3 des journalistes, peu importe le travail fourni en amont, la foule marquera une réussite et le manque de journaliste un loupé.

Voilà ce à quoi les attaché(e)s de presse sont confronté(e)s : L’appréhension de devoir faire face à ce « loupé ». Longtemps considéré comme un moyen de communication très efficace (voir inévitable), la conférence de presse perd peu à peu de son attrait. Aujourd’hui, assurer une vingtaine de personne à une conférence de presse, même pour des clients de renoms, est devenu un véritable challenge. Les journalistes sont sur sollicités et prennent souvent le pari de ne pas se déplacer faute de temps ou d’un réel intérêt pour le sujet.

Les journalistes reçoivent une vingtaine d’invitation par semaine, qui les convient à différents événements presse. Lancements produit, salons, fêtes d’anniversaire … sont autant de prétextes qui « légitimisent » la mise en place d’une conférence de presse. Ils doivent donc faire des choix. « La rédaction ne se déplace pas » est devenue une de leurs répliques favorites.
Surtout qu’ils sont moins nombreux. La crise de la presse ne les a pas épargné et a entrainé une fermeture des rédactions ajoutée à une baisse des effectifs. La pratique du Pick&Run « je passe … en coup de vent! » vit ses moments de gloire…
Mais l’autre vraie raison d’un « loupé » est le manque d’intérêt vis-à-vis du sujet proposé. Pour rappel, le format « conférence de presse » consiste à dévoiler une même information à tous les médias en même temps. Sauf que ce format occulte un facteur primordial : Les medias sont multiples et divergents et une télé, une radio, un quotidien, un hebdo ou un mensuel n’ont pas du tout le même temps de réaction par rapport à l’actualité…A titre d’exemple, une information chaude pour un hebdo ne sera pas nécessairement une information chaude pour un mensuel…

Alors que faire ? Bien évidement (ou malheureusement) il n’existe pas de solution miracle. Seulement une conviction : revoir les formats habituellement adoptés. Aujourd’hui, être adaptable, à l’écoute des besoins des journalistes et privilégier les contacts personnels priment sur les événements de « masse ». Une annonce de partenariat ? Pourquoi ne pas proposer une interview en exclu à un média clé? Une annonce produit dans le domaine de l’agroalimentaire ? Pourquoi ne pas préférer une tournée des rédactions ou un portage produit directement chez les journalistes ? Il n’y a pas une seule façon de promouvoir une marque ou un produit mais une multitude et il serait parfois plus pertinent de rompre avec les formats classiques et de laisser une chance à la créativité de s’exprimer…