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ITW : François Rocaboy, co-fondateur de Pearltrees

Vendredi dernier, des membres de l’équipe Pearltrees sont venus nous faire une petite présentation de leur outil. L’occasion pour nous de poser plein de questions à François Rocaboy, l’un des co-fondateur de la start-up, et de mesurer ce qui se cache derrière l’ambition affirmée de l’équipe : donner du sens au web 2.

Qui êtes-vous François Rocaboy ?

Je m’appelle François Rocaboy,j’ai 32 ans, je suis en charge de la communication, du marketing et de la marque et de la communauté Pearltrees CMO (chief Marketing Officer) et l’un des co-fondateurs de Pearltrees.

Pearltrees, qu’est-ce que c’est au juste ?

Pearltrees est un réseau d’intérêt collaboratif. Chacun peut garder ce qu’il aime sur le web et ainsi se connecter aux gens qui partagent leurs intérêts. Cela permet de découvrir de nouveaux contenus, de rencontrer des gens en fonction de leurs intérêts.

Bravo, on parle de plus en plus de Pearltrees, jusqu’à Robert Scoble ou RWW US. Êtes-vous content du développement actuel de Pearltrees ? Est-il conforme à ce que vous imaginiez ?

Oui. Si la question est : s’attendait-on à ce que ça marche ? Oui. Le service est formidable vous ne trouvez pas ?

Mais soyons clair, Pearltrees est encore en alpha et de nombreuses fonctionnalités doivent encore venir. De plus, nous travaillons sans relâche à rendre l’interface utilisateur toujours plus intuitive. On a voulu être public dès la version alpha pour recevoir le plus critiques possibles. Et, ça a marché. Les critiques de nos utilisateurs sont très utiles, on intègre leurs remarques d’itération en itération, ce sont nos cycles de publication de nouvelle version, tous les mois environ.

Justement, Robert Scoble est très enthousiaste sur Pearltrees, et ça me fait un peu penser à Friendfeed, avez-vous peur de ce que j’appellerais « le syndrome friendfeed », d’être un service génial mais finalement trop complexe pour devenir mainstream ? Le principal frein à l’innovation n’est-il pas les internautes eux-mêmes ?

La question est celle de la facilité d’adoption. Pearltrees est très facile à utiliser quand on en a compris la logique. Les utilisateurs actuels de Pearltrees sont majoritairement ce qu’on pourrait appeler des non-geeks, il y a des communautés de photographes, de bibliothécaires qui ne sont pas forcément des internautes chevronnés.

Ensuite, au fur et à mesure que Pearltrees s’améliorele coût d’adoption se réduit et l’on peut aller vers le grand public. Mais aujourd’hui, Pearltrees est déjà très facile d’accès.

Aujourd’hui, on parle volontiers du web de flux, à travers les flux RSS, twitter ou facebook. Pearltrees n’est pas dans cette tendance et cherche à organiser le web existant en donnant une carte de celui-ci à un moment donné ? Comment voyez-vous le web de flux ? Comment pensez-vous Pearltrees dans ce contexte ?

C’est vrai qu’il y une tendance générale aux flux, chaque internaute voit passer une quantité incroyable de contenu web chaque jour. Le problème, c’est de savoir ce que l’on en fait, quand et comment peut-on traiter, analyser, partager ces informations. Et c’est notamment là que Pearltrees a un rôle à jouer. On peut faire une analogie entre le web et le corps humain. Le web de flux, c’est le système nerveux, c’est lui qui voit tout passer, et Pearltrees est le système d’analyse, la mémoire. Elle organise et permet de faire les liens entre les choses qu’on voit passer. Cette analogie avec la mémoire est intéressante, comme Pearltrees, la mémoire n’est pas figée, elle est évolue, elle est vivante. Et Pearltrees permet cette réorganisation facile des pages et des Pearltrees, à la différence de des autres systèmes de bookmarking qui procèdent par tags et rendent du coup difficile les réorganisations.

Pearltrees fait partie des services qui améliorent l’utilisation du web, comme twitter, mais dont le business model n’apparait pas évident. Avez-vous des éléments de réponse ?

Pearltrees est un média, donc le business model est celui d’un média. L’idée est donc de constituer une audience importante et ensuite de la monétiser. Pour cela plusieurs modèles existent, la publicité, les abonnements à certains services (freemium).

Si Pearltrees a pour objectif de réorganiser le web, peut-on imaginer un jour que l’on puisse construire un site en mode « pearltrees » où les pages seraient organisées sans lien html entre elles mais grâce à une navigation de type Pearltrees ?

A très long terme, pearltrees pourrait devenir un outil d’organisation de sa vie informatique… On pourrait par exemple gérer ses documents de son ordinateur en les uploadant sur pearltrees. Mais, il faudrait qu’il y ait une composante sociale, … Enfin, c’est vraiment très lointain. Il y a bien d’autres choses à faire avant cela… Pour l’instant, nous construisons un pearltrees « real time » et parfois on se surprend à rêver d’un pearltrees tactile.

Comme toutes les startups, il y la crainte d’être copié ou repris par un géant actuel du web ?

Il y a un frein majeur c’est la communauté. Petit à petit, le coût de la migration de la communauté devient trop important. Imaginez que vous ayez à reconstruire maintenant votre facebook, transférer vos photos, vos mails, retrouver tous vos amis… Et puis il faudrait que vous soyez suivi.

Enfin, l’équipe de Pearltrees semble impliquée dans ce qu’on appelle le web de données, pouvez-vous nous expliquer brièvement le rapport avec Pearltrees ? Pearltrees pourrait-il être une façon de relier des données brutes ?

Oui, toute l’équipe s’intéresse au sujet et Nicolas développe d’ailleurs ses points de vue dans son blog. Mais il y a des grosses différences entre Pearltrees et le web des données. Pearltrees est une solution humaine de l’organisation des données, alors qu’il existe une pensée qui consiste à croire que des robots pourraient automatiquement trier et organiser et présenter des données brutes aux internautes… Je pense que le web est social par nature et que seul des solutions humaines permettront de traiter efficacement les données.