Et si on parlait du coût des RP ?
Posted on 11.03.09 to Point de vue by charlesantoinecAvec les tensions économiques actuelles, la question du coût des prestations RP est abordée par les annonceurs de manière plus frontale et plus régulière.
Les montants globaux sont appréciés avec plus d’attention, la structure des coûts pose question, les temps estimés ou passés sont examinés à la loupe.
Et tout le monde s’en mêle, des directions de la communication, aux achats, en passant par le juridique.
Face à cette nouvelle attitude, certains acteurs s’affolent (parfois à raison) et changent de cap commercial. Rabais (tiens, des soldes ?), période d’essai gratuite (étrange vision de la valeur travail), rétribution aux résultats (les résultats de l’agence ou des relais d’opinion ?).
D’autres acteurs décident de maintenir leur politique commerciale mais en profitent pour apporter quelques éclairages, sans aucun doute bienvenus.
- Comment est calculé un montant d’honoraire ?
- A quoi correspond le prix à la journée ?
- Quel est le juste tarif ?
Au travers de sa prestation PR, une agence met à disposition de son client du temps de ses collaborateurs. Deux paramètres entrent donc dans l’équation : le temps passé et le tarif à la journée.
Pour estimer le coût d’un programme, l’agence doit disposer à la fois d’une bonne visibilité sur les actions à mener et sur le temps qu’il sera nécessaire pour accomplir ces missions.
Cette estimation repose à la fois sur l’expérience de l’agence sur des missions équivalentes (d’où l’intérêt à collaborer avec des agences pleinement légitimes sur les prestations requises) mais aussi sur la clarté avec laquelle le client va détailler la mission attendue (d’où l’intérêt d’un brief clair, d’une certaine transparence plutôt qu’un jeu de dupes sur un budget tenu secret).
- L’agence a-t-elle déjà mené un programme comparable ?
- De quels outils l’agence dispose-t-elle pour mesurer le temps passé ?
- Quelle visibilité l’agence donne-t-elle à son client sur le temps passé ?
La deuxième composante est le prix à la journée ou à l’heure pratiqué par l’agence.
Ce coût est généralement fixé en fonction de la séniorité du collaborateur. Un prix forfaitaire unique pratiqué par certaines agences impliquerait que l’ensemble des collaborateurs sont rémunérés au même niveau ( !!!) ou que l’agence de manière mécanique majore le temps de juniors.
Les prix à la journée reflètent en grande partie la rémunération des collaborateurs. Ils illustrent donc leur séniorité mais aussi leur engagement dans la société.
Un prix faible peut cacher de mauvaises surprises comme une qualification insuffisante, un manque d’expérience ou un turnover élevé.
- Quelle est la qualification des collaborateurs ?
- Quel est le niveau d’expertise sur un secteur donné ou sur une problématique équivalente ?
- Quel est le degré de loyauté des équipes vis-à-vis de leurs clients ?
Le juste prix dans tout ça ? Sur quelle variable négocier ?
Tout réside dans l’équation fragile du besoin exprimé par le client, de la qualification des experts qui vont y répondre et du temps qu’ils vont y accorder.
Bien cerner la valeur ajoutée d’une agence et de ses collaborateurs est donc essentiel.
La phase du casting est donc primordiale au niveau de l’agence et des collaborateurs.
Reste à apprécier la motivation de l’agence à devenir le partenaire de ses clients, à les accompagner dans leur développement, à mettre à profit au bon moment les expertises les plus probantes pour des campagnes impactantes, durables et mesurables.
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Comments ( 2 )
Phileas a ajouté ce commentaire nov 04 09 at 14:39les anglais ont pour habitude de prendre comme base d’honoraire une grille publié par le syndicat des agences RP (et donc peuvent se vanter d’être en dessous, au niveau ou se justifier d’être au dessus de cette moyenne). Ce qui est bon point de départ.
Par contre je rejoins le point sur le brief : combien de fois la question budget reste sans réponse (sous prétexte que si l’annonceur donne un chiffre on va forcement atteindre cette limite – ben oui c’est justement fait pour mais passons) ce qui fait qu’on se retrouve à faire des budgets parfois totalement déraisonnables vs les finances disponibles mais qui pourtant répondent aux objectifs fixés par le client.
Sans parler du « -10% sur le budget mais avec le même volume d’activité et de résultats »…
CharlesAntoine a ajouté ce commentaire nov 05 09 at 16:04Le jeu de la devinette sur le budget est en effet difficile à vivre côté agence.
L’excuse avancée « pour ne pas brimer votre créativité » manque souvent de crédibilité !
Budgets déconnectés de la réalité financière, manque de hiérarchisation des propositions, énergie mal dépensée…Mais tout cela illustre une mauvaise compréhension du calcul du coût des honoraires. A nous de travailler à plus de pédagogie et à ne pas brader nos expertises.
