L'auteur

Lui écrire

Articles similaires

Partagez !

Crise durable, communication ajustable

La communication sur le développement durable est-elle soluble dans la crise ? Une compagnie pétrolière nous éclaire. Lors de la présentation de ses résultats 2008 à Paris le 12 février dernier, le groupe Total a certes pris soin d’installer derrière ses dirigeants les visuels de sa campagne « l’Energie est notre avenir, économisons-la ». Cette dernière sera d’ailleurs notée le 1er mars prochain par le nouvel Observatoire indépendant de la publicité et suscite déjà le débat sur le site http://observatoiredelapublicite.fr/2009/02/01/total/.
Mais, face à la presse, seuls les résultats financiers et les perspectives de cours du pétrole sont disséqués, expliqués, extrapolés. Pas un mot sur la stratégie de développement durable. La diversification vers les énergies vertes, encore contributrices epsilonesques aux résultats financiers, serait-elle moins urgente à commenter ? 
Une discrétion d‘autant plus étonnante que le groupe Total est plutôt en avance sur la communication sur le développement durable. Dans une étude intitulée «la communication des groupes pétroliers sur leur diversification vers les énergies alternatives » et publiée en octobre 2008, le cabinet KPMG note ainsi que Total a coutume, comme cinq autres compagnies pétrolières majeures sur les 14 étudiées, de s’exprimer sur ce thème en dehors de ses rapports annuels. « L’analyse des présentations faites par les sociétés pétrolières aux analystes financiers de leurs résultats annuels 2007 confirme l’intérêt marqué par (…)Total, Chevron et ConocoPhilips sur le thème des énergies alternatives. (…) sans toutefois diffuser de données précises concernant la contribution financière aux résultats des projets qu’elles mènent dans ce domaine ». Début juin 2008, le groupe français organise même un séminaire de presse « énergie et environnement », « au cours duquel, toujours selon KPMG, plusieurs dirigeants, dont le directeur général, se sont succédés pour expliquer comment la société conciliait ses impératifs stratégiques et ses obligations environnementales ».
Encore émergente, la communication sur le développement durable résistera-t-elle à la crise de 2009 ? Les entreprises éprouveront-elles encore le besoin de s’exprimer sur cette thématique quand l’urgence est sociale ? Ou celles dont la posture pragmatique de communication sur les réalisations concrètes interrompront-elles le dialogue sur le développement durable si leurs investissements sont gelés ? A suivre…