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Quel est le point commun entre la Corée du Sud et la Grèce ? Il s’agit d’influence digitale.

La Grèce et la Corée du Sud représentent les 2 premiers pays où une contestation sociale contre l’establishment s’est organisée d’abord en ligne.

Extrait du Monde d’aujourd’hui :

« Dans le sillage des anarchistes, les lycéens se sont ensuite mobilisés le plus vite. L’adolescent tué avait leur âge. Un peu plus de vingt-quatre heures après le drame, rompus à Internet, aux chats et aux SMS, ils ont été les premiers en mesure d’organiser une manifestation. « On s’est appuyés sur le réseau « Hi 5″ (un équivalent de Facebook) où tous les élèves sont inscrits », explique Jason, 15 ans, petit brun aux yeux verts en sweat-shirt. Dans chaque lycée, un groupe de 15 élèves suivent la mobilisation. Il fait partie de l’un d’entre eux. Les syndicats enseignants ont assuré leur liaison avec les étudiants »

Point « affinitaire » de contestation (la mort de Alexis Grigoropoulos tué par un policier), mobilisation en ligne, et cristallisation via Hi5 autour d’une cause (qui est une direction) plutôt qu’autour d’une idéologie (qui est une base de départ). C’est ainsi que des lycéens apolitiques en t-shirts de geeks se retrouvent dans la rue avec des anarchistes anti-système dans la même Ecole Polytechnique, à deux pas de la place Exarchia, quartier contestataire historique.

Un parallèle est à faire avec la contestation coréenne du printemps dernier :

Fond de menace sanitaire, mécontentement de la population…La différence, c’est qu’en Corée, il y a… plus de 12 millions de blogueurs, sans compter Cyworld, ce mystérieux réseau social à la croisée de tous les modes d’expression (14 millions d’utilisateurs coréens connectés…) !La mobilisation s’est concentrée online, via la plateforme Agora. La discussion contre le Président a été extrêmement suivie, reprise sur de nombreux blogs personnels et sur une plateforme d’échange de vidéos qui est devenue en quelques jours numéro 1 : Afreeca qui a laissé ses utilisateurs livecast-er en direct des manifestations. 700 000 personnes ont manifesté.

Nous venons tout juste d’entrer dans une ère où de nouvelles solidarités atypiques se créent en ligne via des dispositifs d’influence digitale mis en ligne par de nouveaux types d’activistes. David Weinberger de Harvard parlait justement au Web08 de démocratie de la réputation, où le leadership était désormais partagé par plusieurs têtes, ou plus précisément par plusieurs « hubs » complémentaires. *

La question sera donc pour les enjeux de société à venir de savoir comment réguler – et pas seulement contrôler – institutionnellement ces nouveaux leviers d’influence.